L’économie de l’architecture ne se résume certainement pas à des bilans : elle traduit les tensions entre fragilité et structuration, création et gestion. À travers le classement des 400 premières agences françaises et le regard porté sur le Réseau Entreprendre, ce dossier dresse un instantané de la pratique architecturale en 2025 – entre exigences de viabilité, transformations du marché et impératifs de transition écologique.
D’architectures publie pour la quinzième année consécutive le classement par chiffre d’affaires des agences d’architecture en France. Cette édition 2025 a été réalisée en interne, à partir du précédent classement enrichi des données recueillies cette année.
Le seuil d’entrée fixé à 1 million d’euros de chiffre d’affaires hors taxes permet de constituer un corpus d’environ quatre cents agences, représentatif des structures les plus établies économiquement au sein de la profession. Ce choix méthodologique, nécessaire pour produire un classement lisible, laisse toutefois de côté l’immense majorité de l’activité architecturale. Selon le répertoire SIRENE, 49 599 établissements relèvent du code 71.11Z « Activités d’architecture » et l’Observatoire de la profession d’architecte recensait, en 2024, 29 521 architectes inscrits à l’Ordre. Le classement ne reflète en rien la qualité de l’architecture produite ni la diversité des pratiques et des modèles économiques qui caractérisent la discipline.
Une précision méthodologique s’impose : le classement, reposant sur les réponses volontaires des agences dépassant le seuil de 1 million d’euros, sur-représente les structures parisiennes et franciliennes. Les agences basées à Paris constituent 33 % du corpus, alors qu’elles ne représentent que 17,6 % des agences françaises, selon Archigraphie 2024. De même, les agences franciliennes regroupent 42 % des structures classées, contre 29,5 % dans la réalité nationale. Cette distorsion tient aux zones de forte concentration économique, au profil des agences dépassant plus facilement le seuil d’entrée et à une participation plus élevée des structures déjà visibles. Elle n’influe pas sur la rigueur des données collectées, mais elle doit être gardée à l’esprit au moment d’interpréter les tendances globales.
Pour cette édition, le classement regroupe les chiffres d’affaires de 377 agences. Les variations en nombre s’expliquent par quelques retraits volontaires, les sorties liées à un chiffre d’affaires 2024 inférieur au seuil requis et l’absence de réponse de certaines agences. Comme chaque année, la rédaction respecte les choix de celles qui ne souhaitent pas apparaître et applique rigoureusement les critères établis pour composer ce panorama économique. (...)