n°331 - décembre 2025 / janvier 2026

  • 2025 - La sélection de la rédaction

    par Tarik Abd El Gaber, Emmanuel Caille, Guillemette Morel Journel, Soline Nivet, Maryse Quinton, Richard Scoffier

  • 70 % de docteurs dans les écoles d’architecture ?

    Pourquoi faudrait-il que 70 % des enseignants des écoles nationales supérieures d’architecture soient des docteurs dans leur discipline ?

  • Baguette Studio réinvente la production

    À l’occasion de la dernière Paris Design Week, en septembre dernier, le duo de Baguette Studio a dévoilé à la Galerie Joseph son tout premier projet, intitulé LABO 1.0. Les designers ont transformé l’espace d’exposition en véritable atelier et fabriqué en direct des luminaires en cire végétale selon la technique industrielle du rotomoulage, détournant ainsi le process de fabrication et la matière première – en l’occurrence, de la cire plutôt que du plastique. Le projet LABO 1.0 invite à repenser nos modes de consommation à travers un écosystème plus vertueux, transparent et accessible à tous. Ici, l’objet se fabrique sous nos yeux, selon des procédés industriels habituellement invisibles, sans produire de déchets, et est recyclable à l’infini.

  • Beutre : toutes et tous à l’œuvre ! Christophe Hutin Architecture

    Pendant sept ans, Christophe Hutin et ses équipes se sont installés à Beutre, un quartier de Mérignac, près de Bordeaux, pour y tisser un projet protéiforme engageant un relevé architectural, paysager, anthropologique, historique et photographique, des rencontres interpersonnelles et une résidence artistique en site occupé. Cette réhabilitation au budget serré embrasse les espaces communs et 93 projets singuliers issus des négociations avec les habitants. Une conception ouverte où l’enquête et le processus se révèlent tout aussi cruciaux que le résultat et œuvrent à rendre l’architecture à toutes et à tous.

  • Classement 2025 des 400 agences d’architecture par chiffre d’affaires

    L’économie de l’architecture ne se résume certainement pas à des bilans : elle traduit les tensions entre fragilité et structuration, création et gestion. À travers le classement des 400 premières agences françaises et le regard porté sur le Réseau Entreprendre, ce dossier dresse un instantané de la pratique architecturale en 2025 – entre exigences de viabilité, transformations du marché et impératifs de transition écologique.

  • Commune Une éthique de la collaboration

    Qu’elle désigne la plus petite échelle démocratique partout en France ou la campagne d’insurrection parisienne, la commune est à la fois un espace et un fait collectif. Pour les membres de l’agence du même nom, fondée à Lyon en 2019, elle concrétise un désir d’agir ensemble, dans une culture d’atelier où se partagent les questions et où circulent les hypothèses. Intervenir dans des lieux hérités, avec des ressources limitées, impose de faire collectivement. Pour Commune, ce mode d’agir est nécessaire à l’avènement de la qualité, dans les moyens de l’architecture comme dans ses fins.

  • Éclairage du patrimoine : révéler sans dénaturer

    Dans les villes, la nuit n’est plus seulement une parenthèse dans la vie citadine, et des concepts innovants d’éclairage public révèlent des architectures patrimoniales et contemporaines. Un peu partout en France, l’éclairage du patrimoine se réinvente, troquant le démonstratif des illuminations d’antan pour des conceptions tout en nuances, la dépense pour la sobriété, la simple visibilité pour une mise en scène sensible du cadre urbain.

  • Faire architecture en zone occupée : les pierres massives d’AAU Anastas

    Est-il seulement possible de faire architecture en zone occupée ? Les frères Elias et Yousef Anastas, fils d’architectes, ont grandi sur des chantiers de construction à Bethléem, en Cisjordanie, avant de conduire leurs études à l’ENSA Paris-Val de Seine pour l’un et à l’École nationale des ponts et chaussées pour l’autre. Depuis la création de leur agence AAU Anastas en 2011, ils concentrent en partie leur pratique sur l’unique ressource indépendante du territoire cisjordanien : la pierre calcaire.

  • Fantaisie industrielle Laboratoire d’essais métallographiques et mécaniques, Le Mérévillois (91)

    Entre l’agence Depeyre Morand et cette forge industrielle située au sud de Paris s’est nouée une histoire au long cours. Au gré des besoins, les architectes réparent, agrandissent, restructurent un site en constante évolution. Dernière intervention, le laboratoire d’essais métallographiques et mécaniques (sélectionné au Prix d’architectures 10+1 2025) leur a offert l’opportunité d’un bâtiment en béton qui conjugue rigueur et fantaisie inattendue, dont l’agence est coutumière.

  • Généalogies de l’engagement

    Quelle est la source des engagements actuels des architectes ? Autrement dit, les mobilisations de la profession ont-elles une histoire qui permettrait de mieux en comprendre la portée ? Ces questions méritent d’être posées car, si certains héritages ont été vivement débattus, il n’en demeure pas moins que, dans le monde de l’architecture, Mai 68 a marqué un changement de paradigme dont le legs le plus tangible concerne certainement l’engagement des architectes dans la société. De ce moment précis, l’histoire retient quatre personnalités issues du monde de l’architecture – Roland Casto, Jean-Pierre Le Dantec, Christian de Portzamparc et Bruno Queysanne1 –, militants en 1968 et engagés dans la refondation qui s’ensuivit.

  • La lumière comme lien entre l’architecture contemporaine et patrimoniale

    En 2021, l’Évian Resort a initié des travaux d’envergure confié à l’architecte Philippe Prost et son cabinet AAPP afin de retrouver le rayonnement et la splendeur du casino d’origine. Victor Vieillard, concepteur lumière chez Studio By Night, revient sur les enjeux de la mise en lumière de la nouvelle façade.

  • La machine et le vivant : un milieu bien tempéré Jardin des Sciences : serres tropicales, laboratoires et locaux de travail du Jardin botanique, Besançon

    Les serres tropicales du Jardin des sciences, aujourd’hui renommées « le Biome », nouvel équipement scientifique de l’université de Franche-Comté à Besançon, relèvent avec brillance le défi d’adapter aux enjeux contemporains les processus de conception et de construction d’un programme dont les origines remontent au XVIe siècle. Ce projet fait partie des lauréats du Prix d’architectures 10+1 2025.

  • La possibilité d’une halle Transformation d’une salle de sport en halle polyvalente, Carantec (29)

    Sur le front de mer de Carantec se dessine la nouvelle vie d’un équipement ordinaire. Jean-François Madec prolonge l’histoire de cette salle de sport, héritage de l’architecture néobretonne aujourd’hui transformé en tiers-lieu intergénérationnel. Plutôt qu’un bâtiment fermé et cloisonné, il y a vu la promesse d’une place protégée du vent et de la pluie. Un lieu « à tout faire », parfaitement adapté aux besoins de la commune.

  • La sélection de Archipel Librairie

    Archipel Librairie se propose d’explorer nos manières d’habiter la Terre et présente toute l’année les meilleures publications en architecture, urbanisme, paysage. Archipel Librairie confronte ainsi les pratiques, d’agence et de chantier, aux grands enjeux contemporains, qu’ils soient territoriaux, écologiques ou encore numériques. Retrouvez, suivez toutes nos chroniques sur les réseaux !

  • La sélection de la librairie Mollat

    Implantée sur 2 700 m2 au cœur de Bordeaux, la librairie Mollat consacre depuis de nombreuses années un espace aux livres d’architecture. La section « Architecture » de notre site mollat.com permet de relayer en ligne nos coups de cœur, dossiers et vidéos. Nous vous proposons ici une sélection d’ouvrages, beaux livres et essais parus en cette fin d’année, à offrir ou à s’offrir !

  • La sélection de VOLUME

    Focalisé sur l’architecture, l’urbanisme et le paysage, VOLUME s’affirme comme un lieu incontournable pour les amateurs, les étudiants et les professionnels de ces disciplines. Au-delà d’une sélection rigoureuse de monographies d’architectes, d’essais, de catalogues d’exposition et de publications rares, la librairie élargit son champ d’exploration à d’autres formes de création et de réflexion critique, notamment la photographie, les sciences sociales et le graphisme.

  • Lumières graphiques pour une architecture iconique

    Situé au cœur du nouvel écoquartier de l’Arsenal à Rueil-Malmaison, Mon Nuage s’impose comme l’une des signatures architecturales majeures du programme High Garden, conçu par l’agence Hamonic + Masson & Associés, lauréate en 2019 du concours international « Inventons la Métropole du Grand Paris 2 ». Bâtiment sur pilotis au profil presque irréel, l’ouvrage intrigue autant qu’il séduit : suspendu au-dessus du sol, habillé de 3 240 tubes en acier et d’une peau en composite d’aluminium, il semble flotter dans l’air, à la manière d’une forme organique dont les contours varient en fonction de la lumière. L’identité nocturne singulière, faite de scintillements et de couleurs de pierres précieuses, a été imaginée par l’agence Concepto.

  • L’architecture, une pratique politique

    À l’heure où les architectes sont enjoints à « habiter le trouble » d’un monde qui court au désastre, quel pouvoir leur reste-t-il ? Leur faut-il entrer en résistance et mettre leur pratique et leur discipline au service d’une cause ? Elles et ils sont de plus en plus nombreux à le faire. Avant d’aller à leur rencontre, il nous faudra d’abord nous demander ce que l’on entend par « l’engagement des architectes ». Dans la mesure où se mettre au service de la qualité architecturale exige une détermination inébranlable, cet engagementne relève-t-il pas de la tautologie ? Ce mérite ne signe pourtant pas seul l’acte d’engagement. En tant que promesse, l’engagement est accompli quand, se concrétisant, il dépasse le seul périmètre du projet et de son appareil productif. Il se définit alors par sa double portée politique. D’abord par sa capacité à transformer le réel pour l’extraire du principe de « destruction créatrice » propre au monde du bâtiment. Ensuite parce que l’engagement au service d’une architecture réparatrice ne peut être solitaire : il appelle à une mobilisation collective au service du bien commun et de l’intérêt public au sens de la loi du 3 janvier 1977, qui, à l’orée de ses cinquante ans, mérite d’être ravivée. Et nous verrons qu’en tant que discipline du sensible, l’architecture fait atterrir autant d’expressions esthétiques qu’elle incarne de causes différentes.

  • Montpellier : la lumière redessine la scène de la Comédie

    Le projet conduit par l’agence TER a permis de retisser le lien longtemps rompu entre la place de la Comédie, l’esplanade et la citadelle, redonnant à cet ensemble urbain sa cohérence originelle. L’intervention ne se limite pas à une simple requalification : elle recompose un vaste continuum d’espaces publics reliant le cœur historique de Montpellier aux promenades végétalisées, tout en rétablissant la lisibilité d’un axe majeur de la ville. Dans cette dynamique, l’éclairage conçu par l’agence ON joue un rôle déterminant. Plus sobre, plus narratif et résolument économe – la consommation énergétique chute de 66 % –, il accompagne la métamorphose du site en révélant son identité patrimoniale sans l’écraser.

  • Paroles politiques

    Que ce soit au comptoir, dans les écoles, les Maisons de l’architecture, les CAUE, les instances ordinales ou dans la presse architecturale, rarement la dimension politique de l’architecture n’aura été aussi présente dans les débats. Certes, la pratique de l’architecture est a priori indissociablement liée au principe de l’intérêt public, ne serait-ce que légalement, mais on sait que ce n’est malheureusement pas toujours le cas – il faut d’ailleurs reconnaître que quelques chefs-d’œuvre sont totalement dépourvus de cette vertu. Mais si, comme nous avons l’ingénuité de le croire, l’architecture peut quelque chose pour rendre le monde meilleur, elle peut difficilement le faire sans engager un dialogue avec ceux qui vont la vivre.