Copyright : © Maisonneuve, Le Sonneur.

par Tarik Abd El Gaber, Emmanuel Caille, Guillemette Morel Journel, Soline Nivet, Maryse Quinton, Richard Scoffier

Ça dépend. Essai sur les contingences de l’architecture, Jeremy Till, Éditions de la Villette, 16 × 23 cm, 304 p., 33 euros.

Comment réfléchir sur les fondements de sa profession tout en s’amusant ? Avec un humour dont seuls les ressortissants de la perfide Albion ont le secret, l’architecte et enseignant (Bartlett School, University of Sheffield, Central Saint Martins) Jeremy Till nous livre une réflexion de nature ontologique sur l’architecture et sa pratique. Il constate en particulier que cette dernière ne saurait être une discipline autonome puisqu’elle est dépendante de multiples facteurs que l’architecte ne peut maîtriser, d’un changement de municipalité aux intempéries en passant par l’utilisation des balcons comme des garde-meubles par les habitants. Or cette « dépendance » aux « contingences », la plupart des architectes se refusent à la voir, et a fortiori à en faire leur affaire (l’édition originale de Ça dépend date de 2009, ce constat est certainement moins vrai aujourd’hui), ce qui débouche sur une véritable rupture épistémologique, par rapport à leur vision d’eux-mêmes comme un génie solitaire (et souvent contrarié). Pour en rendre compte, l’auteur mobilise une pléiade de philosophes qui remettent en cause feu la modernité triomphante, au premier rang desquels Zygmunt Bauman, John D. Caputo, Bruno Latour et Roberto Mangabeira Unger.

Pour le plus grand bonheur du lecteur, qui se surprend parfois à éclater de rire, les onze chapitres du livre sont rythmés des mésaventures cocasses de l’auteur, telle un rotring® qui bave, un étudiant ivre qui vomit à côté de la cuvette des toilettes qu’il a confondue avec un autel dans une maison minimaliste, les stratégies de gestion des notes de bas de page déployées par les chercheurs, l’éclairage de la salle 2 de la British Library, une décharge qui, bien que rebaptisée « station de transfert de déchets » et cachée de la rue derrière un mur, reste pestilentielle, un jury de projet où des étudiants biberonnés au « Bâtir, habiter, penser » de Heidegger (LE livre de philo pour apprentis architectes prescrit depuis des décennies…) peinent à intégrer la place du livreur de pizza dans leur « âtre de pierre », des visites avec ses étudiants du Centre Pompidou et du musée Guggenheim de Bilbao, les spectacles d’Elvis Costello comme antidote à Margareth Thatcher, les innombrables et inefficaces charrettes de ses années d’études, et bien d’autres anecdotes encore.

Mais le propos de Till, s’il est d’une brûlante actualité (peut-être même encore plus que lors de sa première édition) ne se complaît pas dans le catastrophisme : c’est aussi une invitation à garder espoir en l’architecture, même si, dans un épilogue écrit pour l’édition française, il tire la sonnette d’alarme, constatant que, si elle n’évolue pas, « l’architecture se rend complice de la dégradation du climat et s’associe à la violence du capitalisme et du colonialisme ». Retroussons donc nos manches.

Ça dépend est aussi un outil pour le lecteur qui voudrait aller plus loin, avec une ample bibliographie et un index qui témoignent de la diversité et de la richesse de l’érudition de l’auteur.

Pour parvenir à dire ce qui va sans dire mais qui va mieux en le disant, il fallait ce savant dosage d’érudition, de rigueur intellectuelle et d’autodérision. Bref, avec Till, on s’instruit en se distrayant, et ce n’est pas le moindre mérite de ce livre. GMJ

 

Post démolition, L’architecture face aux nouvelles ruines, Paul Landauer, Building Books, 15 × 23 cm, 208 p., 25 euros.

Il y a encore quelques années, la lecture d’un livre sur les ruines aurait relevé d’un plaisir d’historien, d’une curiosité en marge des recherches théoriques sur lesquelles bâtir le futur. Aujourd’hui, et cet ouvrage de Paul Landauer le démontre avec force, la notion de ruine est au cœur des réflexions architecturales. Non que l’on envisage désormais le monde comme le forum de Rome ou le Berlin de 1945, mais que le mot, décorrélé de son halo de nostalgie, est devenu un outil pour penser le monde en train de se faire et donc celui de demain. Pléthore d’ouvrages sortent aujourd’hui sur l’urgente nécessité de freiner drastiquement une économie du bâtiment fondée sur la consommation effrénée de matériaux et à l’empreinte carbone dévastatrice ; face à ces enjeux, Post-démolition, L’architecture face aux nouvelles ruines tranche par sa rigueur théorique et sa profondeur historique. Éclairé par un judicieux choix d’exemples contemporains, le propos évite la déploration et laisse entrevoir qu’un autre monde est possible. L’énoncé du sommaire annonce clairement comment l’auteur assoit son analyse : « Démolition (1851-1972) », « Expiation (1968-1990) », « Sidération (1966-2004) », « Dilapidation (2006-) », « Perpétuation (1969-) », « Remédiation (1756-) », « Inhumation (6800-6400 av. J.-C.) ». Au pessimisme du constat terrible de la situation actuelle, à l’urgence oppressante qui nous enjoint de réagir, Paul Landauer oppose de nouvelles voies qui exigent un renouvellement en profondeur de la théorie et de la pratique. Ainsi la maintenance ne doit pas seulement être réévaluée, elle doit dès l’origine s’immiscer dans les processus de conception. À la cosa mentale, qui célèbre la préséance de l’acte artistique sur l’exécution de l’œuvre, « pourrait bien se substituer un nouveau privilège, celui du “geste de transmission” – cosa perpetuare – lequel précéderait à son tour l’acte de bâtir », écrit-il. Malgré un intitulé lugubre, son dernier chapitre, « Inhumation », est peut-être le plus passionnant et paradoxalement celui qui renoue avec une relative espérance. Un optimisme cependant conditionné à notre capacité à revoir la temporalité des projets architecturaux et à reconsidérer notre relation aux héritages du passé. Il nous invite ainsi à repenser notre rapport au patrimoine bâti, quelle que soit sa valeur historique, à cesser d’opposer destruction et conservation, d’échapper à ce qu’il appelle « le dilemme artificiel entre l’amnésie revendiquée par les militants du réemploi et l’hypermnésie des protecteurs du patrimoine ». À l’abstraction du geste de démolition, il préfère celui de soustraction car, explique-t-il, l’architecture ne peut s’envisager que comme « un art qui ne ferait qu’ajouter quelque chose au monde, elle doit être un art capable d’assumer en même temps la célébration vitale d’un renouveau et l’oraison funèbre de ce que l’on fait disparaître ». EC

 

Maisonneuve, Le Sonneur, 21 × 28 cm, 379 p., 49 euros.

Le Sonneur est architecte, plasticien, street artiste, dessinateur et bien d’autres choses encore… Maisonneuve est un objet poétique singulier qui ne rentre dans aucune catégorie : un court poème qu’illustrent 370 pages de dessins au trait et à-plat de noir. Des maisons, des immeubles très stylisés se tordent, s’étirent, se diffractent et se « globulisent » en un univers onirique aux limites parfois du cauchemar. Tel un Sisyphe, un petit personnage évolue dans ces paysages dont l’incongruité plastique nous plonge dans un univers poétique aux éclats surréalistes. Le Sonneur expose d’autres dessins à la Galerie Louis Gendre, 7, rue Charles-Fournier à Chamalières (63), jusqu’au 10 janvier. EC

Le peuple des frileux, Olivier Jandot et Renan Viguié, Grasset, Terres & Sciences, 14 × 20 cm, 256 p., 22 euros.

Dans Les délices du feu, son précédent livre, l’historien Olivier Jandot nous avait offert un de ces ouvrages qui nous font prendre conscience que ce que nous considérons comme faisant partie intégrante de notre nature humaine depuis toujours – ici notre rapport au froid – est aussi en partie une construction culturelle. Progressivement depuis XIXe siècle, ce qui, relativement à notre environnement thermique, nous paraissait la norme en termes de confort ou même de dangerosité, a ainsi complètement changé. Avoir chaud ou froid, des sensations qui, croit-on, traversent les siècles avec la même perception. Dans Le peuple des frileux, écrit avec son confrère Renan Viguié, Jandot revient sur l’histoire du chauffage et notre peur parfois irrationnelle à l’égard du froid. À l’heure des défis climatiques, ce livre qui s’adresse au grand public se lit lui aussi avec délices. Un ouvrage à lire et diffuser absolument. EC

 

Lieux, histoire

 

Saint-Pierre-des-Corps, Cité des temps industriels, Jean-Baptiste Minnaert, Charlotte Mus et Hugo Massire, Norma, 24 × 30 cm, 224 p., 45 euros.

Ceux pour lesquels Saint-Pierre-des-Corps n’est que le nom d’une gare de correspondance sur la ligne de Paris-Austerlitz vers le Sud-Ouest découvriront dans cette belle monographie l’histoire détaillée d’un territoire maraîcher entre le Cher et la Loire, urbanisé ensuite avec le chemin de fer, puis entièrement bombardé avant d’être reconstruit après-guerre. Le magnifique corpus archivistique est complété des photographies de Luc Boegly qui rendent hommage aux architectures domestiques et sociales des maires et architectes engagés dans sa reconstruction puis dans sa transformation postindustrielle. SN

Rues parisiennes, Comparaisons photographiques, Daniel Quesney et Philippe Simon, Architecture Alternatives, 25 × 22 cm, 223 p., 29,90 euros.

Le photographe Daniel Quesney a reconduit très rigoureusement les points de vue de près de 200 photographies de rues parisiennes au début du XXe siècle initialement éditées en cartes postales. L’ouvrage est construit sur la juxtaposition de ces scènes urbaines à plus de cent ans d’intervalle. Faut-il que tout change pour que rien ne change ? Arrondissement par arrondissement, les textes thématiques de l’architecte et historien Philippe Simon attirent l’attention sur les détails d’architecture, de voiries, de commerces, de plantations pour livrer un beau portrait sensible de la capitale, de ses transformations et de ses permanences. Un très beau livre. SN

La Zone, Une histoire alternative de Paris, Justinien Tribillon, B42, 14 × 22 cm, 184 p., 22 euros.

Ville mythique, Paris « jouit d’une aura planétaire » : une vision romantisée dont la périphérie est systématiquement exclue. Justinien Tribillon s’attache à décrypter ce hiatus à travers son « histoire alternative de Paris ». L’écrivain et chercheur en urbanisme y explore la construction en opposition réciproque entre la capitale et la banlieue, protéiforme. Entre les deux, « La Zone » forme un espace intermédiaire – de 250 mètres de large et d’une trentaine kilomètres de long – où se jouent nombre d’inégalités, d’injustices et de domination. Richement illustré, cet essai offre une déambulation le long du périphérique à travers cinq chapitres et autant de « ceintures » qui ont façonné cette opposition : la ceinture noire des marges et de la précarité et pauvreté, la ceinture verte du greenwashing et de la gentrification. Ou encore la ceinture d’asphalte bâtie entre 1956 et 1973. Pour Justinien Tribillon, ce périphérique parisien forme une frontière physique, symbolique mais aussi sociale, dont Paris sort inexorablement gagnant. Un constat implacable laissant peu de place à l’espoir d’un renversement. MQ

 

Grands ensembles en héritage, L’opération Million de Candilis, Josic et Woods (1954-2024), Korinna Zinovia Weber, Éditions de la Villette, 15 × 21 cm, 288 p., 25 euros.

Âmes sensibles s’abstenir ! La confrontation de quelques vues d’immeubles dits « Million » lors de leur livraison dans la seconde moitié des années 1950, puis de leurs rénovations successives, et bien souvent leur destruction, a de quoi désespérer Billancourt. Ce programme national de logements bon marché (le nom se réfère au coût de construction en anciens francs d’un T3 en 1954) a essaimé dans toute la France, et en particulier dans les futures ZUP. Au sein de ce « patrimoine dégradé », l’auteure étudie les 28 opérations menées en région parisienne et autour de Marseille par un jeune trio international d’architectes passés, directement ou indirectement, dans l’atelier de Le Corbusier, et très actifs au sein du Team X : le Grec Georges Candilis, le Serbe Alexis Josic et l’Américain Shadrach Woods. Soit 28 constructions de tailles diverses, dont seule la moitié a échappé à la démolition ! L’approche adoptée dans le livre est à la fois rétrospective – l’histoire des opérations, de leur création aux vicissitudes qu’elles ont connues –, présente – relevés et état des lieux – et prospective – comment intervenir sur ce bâti pour améliorer le confort sans ruiner l’authenticité architecturale initiale ? Comme exemple, l’amateur ne pourra aller voir que la seule opération qui survit (partiellement) dans un état visuel proche de l’original : la cité de l’Étoile à Bobigny. Cette débâcle architecturale, urbaine, sociale, économique – et surtout, au fond, politique – peut se résumer en quelques acronymes illusoires : HBM, Lopofa, Codra, Zup ; et, avec le temps, Zus, Anru, DPE… et ITE. GMJ

 

Photographie

Le Corbusier vu par Lazslo Horvath, Éditions Déclinaisons, bilingue français-anglais, 228 photographies, 22 × 24 cm, 312 p., 59 euros.

Oui, il y a déjà beaucoup de livres de photographies consacrés à l’œuvre construite de Le Corbusier. Oui, celles de Lazslo Horvath s’attachent aux œuvres les plus connues. Et pourtant… il ne faudrait pas bouder son plaisir tant ses très belles images font ressortir le génie de l’architecte. Beaucoup de points de vue sont cependant inattendus, comme pour démonter encore que rien chez Le Corbusier n’est abandonné à la trivialité du hasard, que la beauté est partout. De courts petits textes de présentation et des citations judicieusement choisies du maître accompagnent les photographies et font de cet ouvrage un objet de volupté pour les béotiens comme pour les corbusophiles. EC

 

 

Essais, récits

Collection « Cailloux »

01 : Faire, c’est dire, Alain Vargas, Éditions 205, 12 × 16 cm, 32 p., 5 euros.

02 : Architecture vivante, architecture des vivants, Léa Mosconi, Éditions 205, 12 × 16 cm, 32 p., 5 euros.

03 : La terre qui reste, Frédéric Bonnet, Éditions 205, 12 × 16 cm, 32 p., 5 euros.

La collection « Cailloux » des Éditions 205 s’ouvre avec trois premiers tomes qui dessinent une même ligne critique autour des responsabilités contemporaines de l’architecture. Dans Faire, c’est dire, Alain Vargas interroge le poids matériel des artefacts bâtis et la nécessité d’une pratique plus sobre. Architecture vivante, architecture des vivants, de Léa Mosconi, déplace la réflexion vers la coexistence entre humains et non-humains et la place du vivant dans le projet. Avec La terre qui reste, Frédéric Bonnet rappelle que construire implique désormais de composer avec une ressource finie : le sol, son épaisseur et ses usages.

Ensemble, ces trois essais courts posent les bases d’une réflexion attentive sur l’impact de la construction, l’intégration du vivant et la gestion des ressources. Leur concision laisse certains enjeux ouverts, mais en renforce la lisibilité. Ce sont les trois premiers volumes d’une collection amenée à se poursuivre. TAEG

 

Le Fantôme de l’architecte, Benjamin Leclercq, Parenthèses, 16 × 24 cm, 192 p., 24 euros.

Les dix (més)aventures architecturales narrées par l’auteur se passent sur presque tous les continents (l’Océanie fait défaut), durant un arc temporel qui couvre près d’un siècle, puisqu’il va de 1929 (Wright dans le désert d’Arizona) à 2015 (Kéré au Burkina). Sur un ton alerte, ces « docufictions » très sourcées témoignent des échecs de projets d’architectes, soit qu’ils n’aient pu être réalisés, soit qu’ils aient été détruits de manière parfois spectaculaire. Ainsi en est-il du fameux dynamitage, en 1972, de l’ensemble de logement social que l’Américain Minoru Yamasaki avait construit moins de vingt ans plus tôt à Saint-Louis, et qui, selon la légende, aurait signé l’arrêt de mort de l’architecture moderne. À croire que l’architecte était maudit, puisque, un certain 11 septembre, l’effondrement de ses célèbres gratte-ciel new-yorkais fera encore plus la une des journaux de par le monde.

La Critique à l’œuvre. Fragments d’un discours architectural, sous la direction de Denis Bilodeau et Louis Martin, Éditions de la Villette, 15 × 21 cm, 320 p., 25 euros ; La Critique architecturale, un espace disputé. Critiques, architectes et opinion publique, France 1953-1977, Hélène Jannière, Presses universitaires de Rennes, 17 × 24 cm, 366 p., 32 euros.

Nous sommes face à un paradoxe : alors que, dans les dîners en ville, les architectes déplorent que « y a pus d’critique » (air connu), les publications sur la critique architecturale font florès (et la revue d’a n’a pas renoncé à son exercice). On se souvient du numéro des Cahiers de la recherche architecturale, La critique en temps et lieux en 2009 dirigé par Hélène Jeannière (et Kenneth Frampton), un petit livre de cette dernière en 2019, Critique et architecture. Un état des lieux contemporain, enfin un ouvrage collectif sous la direction de Rainier Hoddé et Agnès Deboulet, La critique architecturale, questions, frontières, desseins (2008) – tous deux parus aux Éditions de la Villette.

Rien que cette année, au moins deux ouvrages français sont consacrés à la critique en tant qu’objet d’investigation – il est vrai, selon des approches très différentes. Le volume collectif, issu en partie d’un colloque, réunit les contributions de treize auteurs, en majorité canadiens. Par-delà la qualité des articles, consacrés à des monographies d’auteurs, ce recueil a le mérite d’être très soigné dans son iconographie comme dans sa mise en pages et son impression. Centré sur la France des années 1950-1970, le livre d’Hélène Jannière, spécialiste incontestée du sujet, scrute avec diligence, parallèlement à ses acteurs, la fabrique et la réception de la critique d’architecture. Ce qu’il gagne en érudition (notamment grâce à un copieux appareil de notes et de précieuses annexes) par rapport aux Fragments, il le perd en agrément de lecture. Comme chacun sait, la critique est aisée, mais l’art est difficile. GMJ

 

Bidonvilles en France, Aucun habitat n’est indigne, Pascale Joffroy, Hermann, 17 × 24 cm, 150 p., 16 euros.

Pascale Joffroy signe un livre d’information qui est aussi un livre de combat. Un combat qui, à rebours de bien des idées reçues et des politiques publiques, voit dans les bidonvilles un habitat pour ceux qui n’en ont pas, fût-il sommaire et précaire, pour répondre à la pauvreté de nombreuses populations : roms, migrants sans papiers ou en attente de décision administrative, chômeurs…

L’association d’architectes et constructeurs « Système b comme bidonville », qu’elle a cofondée il y a dix ans, œuvre pour une reconnaissance de ce mode d’habiter et, plus concrètement, pour l’amélioration concrète des bidonvilles existants. Cela va de l’installation de toilettes collectives à la mise en sécurité électrique, de l’amélioration thermique d’une « baraque » (tel est le nom donné par les habitants roms) à la création d’un escalier en planches de récupération ou à l’installation d’un point d’eau. Le tout dans une économie et un pragmatisme extrêmes, du fait de la pauvreté des habitants et de la durée de vie hasardeuse entre l’installation et l’évacuation du camp – systématique – et le plus souvent inférieure à deux mois.

Une leçon sur ce que loger et habiter veulent dire, un message adressé aux architectes pour qu’ils envisagent des manières de bâtir s’affranchissant des normes et du marché. EC

Pixel paysage, Marc Desportes, MétisPresses, 15 × 19 cm, 224 p., 20 euros.

Il y a déjà vingt ans, Marc Desportes se faisait connaître avec Paysages en mouvement (Gallimard, 2005) un livre passionnant qui montrait le lien déterminant entre le progrès technique des moyens de transport et la naissance de l’idée de paysage – et donc de ses représentations et de la manière dont on allait le transformer, du XVIIIe siècle à nos jours. Prolongeant cette intuition selon laquelle la technique modèle notre rapport phénoménologique à l’environnement, Marc Desportes s’interroge sur la manière dont la révolution numérique transforme notre relation au paysage et porte ou non en elle-même la possibilité de générer un nouveau type de paysage. « Si l’on revient à l’idée que nous ne faisons jamais l’expérience de l’espace mais d’une relation à l’espace, il faut reconnaître que celle-ci est profondément modifiée », écrit-il. Il aborde cet enjeu anthropologique majeur dans le cadre concret de quatre types d’expériences : marcher en se laissant guider par son GPS, rouler dans une voiture sans chauffeur, s’immerger via un casque dans une réalité virtuelle et analyser le monde par la cartographie numérique. Chacune engendre un triple désengagement : un désengagement pratique (on délègue une tâche à une machine) qui engendre un désengagement cognitif (on pense moins) et, bien sûr, un désengagement corporel. Cette distanciation face aux choses sensibles, ajoute l’auteur, nous empêche de nous situer réellement. L’abêtissement guette autant ceux qui rejettent ou se conforme à cette révolution, prévient Desportes, il nous faut résister en rompant avec « la condition de servitude à laquelle nous consentons parfois en résistant et en recherchant les complémentarités entre nous-mêmes et les machines ». EC

 

L’architecture en temps de crise, Susanne Stacher, Birkhaüser, 23 × 27 cm, 200 p., 42 euros.

Cet ouvrage nous plonge, ce qui n’est pas fréquent, dans l’histoire de la conception architecturale. Une histoire qui selon Susanne Stacher n’est pas linéaire, mais dépend d’un temps qui parfois s’étire jusqu’à stagner pour à d’autres moments mieux s’accélérer et s’emballer. Les ralentissements correspondent aux périodes où les fondements théoriques sur lesquels repose la production architecturale ne correspondent plus à l’image que la société voudrait avoir d’elle-même… Ainsi à la Renaissance, l’impossibilité pour les constructeurs gothiques et leurs grandes structures mystiques de retrouver l’Antiquité classique et païenne dans laquelle se projetaient les élites. Ou au contraire, à l’aube du XXe siècle, l’incapacité du système des Beaux-arts, à bout de souffle, d’aborder la question du logement de masse. Tandis que les accélérations renvoient aux moments où des solutions, toujours en rupture, sont trouvées et systématiquement appliquées. À ce mouvement de balancier s’en superpose un autre qui correspond aux deux possibilités de sorties de crise. L’auteure distingue ainsi la réactivation d’un passé idéalisé ou au contraire le basculement dans l’inconnu… Une réflexion nécessaire qui permettra aux lecteurs de mieux évaluer la profondeur de la situation actuelle, où la volonté de vivre dans un monde humain en harmonie avec la nature se heurte à une discipline qui s’est pratiquement toujours fondée sur l’exploitation illimitée de celle-ci… RS

Materia, 40 bâtiments en pierre, terre et fibres végétales, Zoé Tric, Louise Lemoine, Dominique Gauzin-Müller et Yann Le Bihan, Éditions du Pavillon de l’Arsenal, 25 × 30 cm, 248 p., 35 euros.

L’ouvrage materia prolonge l’exposition « Materia architectures » – itinérante dès 2025 – en reprenant sa structure en trois volets (pierre, terre, fibres végétales) et documente les 40 projets finalistes du Materia Award. L’exposition, coproduite par le Pavillon de l’Arsenal, amàco, Les Grands Ateliers et les Compagnons du Devoir et du Tour de France, mêle fragments de murs ou sols à échelle 1, maquettes et prototypes pour rendre tangible la matérialité. En ce sens, le livre matérialise le passage de l’exposition à un objet de référence pérenne. Signé par trois voix complémentaires – Zoé Tric (architecte-chercheuse, amàco), Dominique Gauzin-Müller (architecte-chercheuse, association Frugalité heureuse & créative) et Yann Le Bihan (compagnon tailleur de pierre, Compagnons du Devoir) –, l’ouvrage combine sensibilité territoriale, exigence constructive et conscience écologique. Cette pluralité de perspectives – académique, technique, artisanale – lui donne une crédibilité solide. Materia souligne ainsi l’importance d’ancrer la construction dans un territoire, de valoriser les filières locales et de redonner du sens aux métiers du bâtiment, tout en intégrant les enjeux d’empreinte carbone et de sobriété matérielle des nouvelles réglementations. Pour autant, l’approche reste avant tout valorisante : la sélection des projets donne à voir des réussites, mais l’attention portée aux dilemmes, aux coûts, aux compromis ou aux limites effectives des matériaux (durabilité à long terme, entretien, complexités techniques ou normatives) reste assez secondaire. En cela, l’exposition et l’ouvrage qui la prolonge assument leur rôle de manifeste et d’outil pédagogique. Dès lors, le catalogue remplit pleinement sa fonction : inspirer, instruire, convaincre – à destination des architectes, artisans, maîtres d’ouvrage, étudiants – que pierre, terre ou fibres peuvent constituer les fondements d’une architecture durable, sensible et enracinée. TAEG

 

Vers la légèreté, Petite histoire énergétique des sociétés humaines, suivi d’un dialogue avec Philippe Bihouix, Raphaël Ménard, Wildproject, 15 × 23 cm, 208 p., 22 euros.

À la tête de l’agence AREP, Raphaël Ménard et Philippe Bihouix sont aux premières loges pour éprouver toutes les difficultés de construire avec moins (de matière, d’énergie) dans un monde où la performance à court terme est érigée en dogme. Dans ce petit essai joliment illustré et agréable à lire, Raphaël Ménard s’est lancé dans une histoire des sociétés humaines au prisme de leurs infrastructures énergétiques. Si l’ouvrage n’a pas l’ambition scientifique d’ouvrages comme celui de Paul Landauer (lire plus haut), Sans transition (Jean-Baptiste Fressoz, voir notre chronique dans la rubrique « Livres », d’a no 322) ou Les délices du feu (Olivier Jandot, voir plus haut), il a le grand mérite lui aussi de montrer que ce dont nous héritons – ici le système énergétique ayant permis la modernité – est bien différent du beau récit linéaire que nous nous en faisons. Son expérience au sein de l’AREP l’a aussi guéri de l’illusion d’une illusoire transition ou du solutionnisme. Il milite désormais pour une décélération du couple énergie-matière, en travaillant notamment sur la notion de légèreté (d’où le titre…), dans la continuité de l’exposition « Énergies légères » dont il avait été le commissaire il y a deux au Pavillon de l’Arsenal. Le dialogue avec Philippe Bihouix – auteur de L’Âge des low tech (Seuil, 2014) et de Ressources, Un défi pour l’humanité (bande dessinée, avec l’illustrateur Vincent Perriot, Casterman, 2024) – conclut sans naïveté ce récit, esquissant quelque espoir dans la vertigineuse complexité du défi qui nous est posé. EC

 

Architectures lesbiennes, Milena Charbit, Shed, 15 × 21 cm, 380 p., 22 euros.

C’est sous la forme d’une enquête que Milena Charbit investigue une question liminaire : « Les sexualités et les cultures lesbiennes transforment-elles notre manière d’imaginer et de produire l’espace ? » Architecte et chercheuse, l’autrice se garde d’y apporter une réponse univoque, mettant en lumière une architecture affranchie du système patriarcal. Cet essai explore plus de 150 lieux qui, au fil de l’histoire, ont été investis par les communautés lesbiennes comme refuges ou espaces d’affirmation, à l’image d’un nouveau modèle domestique inventé en 1923 par Eleanor Raymond dans un immeuble réhabilité de Boston regroupant plusieurs femmes indépendantes travaillant et vivant ensemble. Ou du quartier lesbien de Womontown, fondé à Kansas City en 1991 et devenu cas d’école par son ampleur. Mais aussi des contre-espaces publics pour déjouer l’inhospitalité de la ville, comme l’utopique Lesbian Xanadu. Milena Charbit admet qu’un biais cognitif, lié à sa propre histoire, nourrit cette « autre histoire de l’architecture » : moins convenue, moins académique, façonnée par les récits vécus et les trajectoires des communautés lesbiennes. MQ

Jean Nouvel : Mes convictions, Jean Nouvel, Flammarion, 15 × 22 cm, 400 p., 24 euros.

« Sans artiste l’architecture disparait », prévient Jean Nouvel qui nous regarde dans les yeux sur le bandeau de ce livre paru au printemps, alors même qu’il était convoqué au tribunal comme témoin assisté des nombreuses malversations et abus de biens sociaux au sein de son agence AJN. Présenté par l’éditeur comme « la révélation d’une pratique littéraire continue, demeurée largement secrète et désormais rendue publique », l’ouvrage déçoit. Compilation hétéroclite et indigeste de textes écrits par l’architecte depuis la fin des années 1970 à l’occasion de catalogues d’exposition, de conférences, d’interviews ou de notices de concours, il n’a fait l’objet d’aucun travail éditorial. Le lecteur doit faire des allers et retours avec la liste des sources en fin d’ouvrage pour essayer de comprendre à quels contextes, commandes, situations interlocuteurs ces textes renvoient, réagissent ou s’adressent. Présentés autrement et accompagnés d’un appareil critique et de précisions sociohistoriques, ces écrits auraient paru moins prétentieux et pourraient même constituer un corpus intéressant pour appréhender la carrière et la place de Jean Nouvel sur la scène architecturale hexagonale et internationale. Livrés comme s’ils composaient des objets littéraires en soi, ils ne font hélas pas le poids, car Jean Nouvel n’est pas un écrivain. SN

 

Bande dessinée

Le Cas David Zimmerman, Lucas Harari et Arthur Harari, Sarbacane, 19 × 27 cm, 128 p., 23 euros.

Mehdi Zannad rappelait dans le n° 318 de d’a combien les trois frères Harari – Lucas, Arthur et Tom — partagent une même culture du dessin forgée au sein de l’agence familiale de leurs parents, Jean et Aline, architectes primés du Prix d’a 2025 et régulièrement présents dans nos pages. Cette pratique quotidienne du croquis, de la perspective et de la mise en scène a façonné chez eux une manière singulière de faire dialoguer architecture, cinéma et bande dessinée. Le Cas David Zimmerman s’inscrit avec justesse dans cette filiation. Lucas Harari y dessine un photographe obsédé par la reconstitution de vieux cadrages urbains pour mesurer la transformation des paysages. Coécrit avec son frère Arthur, scénariste d’Anatomie d’une chute (de Justine Triet, Palme d’or du Festival de Cannes 2023), l’album adopte une mise en scène quasi topographique où rues, façades, venelles et rez-de-chaussée deviennent des indices, des traces de disparitions et de persistances, le tout pris dans un trait tendu et une mise en page millimétrée. Paris est explorée au fil du récit, suivant le regard du photographe, chaque case révélant à la fois ce que l’image fixe et tout ce qu’elle laisse échapper. Dans cet album, Lucas et Arthur Harari poursuivent le travail familial sur l’architecture comme matière narrative, où chaque plan, chaque perspective engage une enquête sur la façon dont les espaces structurent nos perceptions et nos histoires. TAEG

 

Suivi de chantier, Lucie Pachot et François Huszar, Chroniques du Territoire, 23 × 16 cm, 128 p., 22 euros.

Dans la bande dessinée Suivi de chantier, Lucie Pachot et François Huszar documentent la construction d’un équipement à Bréal-sous-Montfort en suivant, semaine après semaine, l’avancée d’un bâtiment conçu en filière bois local. Historienne de l’art formée à l’EHESS et cofondatrice de Chroniques du Territoire, Lucie Pachot poursuit ici son travail sur les récits situés et les cultures constructives, organisant observations, entretiens et séquences du chantier en un récit structuré accessible. François Huszar, architecte, développe un dessin au trait soutenu, attentif aux gestes comme aux matériaux. Son graphisme saisit la réalité du chantier sans l’idéaliser : manutentions, ajustements, vérifications, discussions autour d’une cote ou d’un assemblage. Chaque scène restitue la part concrète de la construction, ses contraintes comme son organisation collective. Pachot articule ces séquences pour faire apparaître temporalités, décisions et coordination quotidienne entre maîtrise d’œuvre et entreprises. L’album propose ainsi une observation précise du bâtiment en train de se faire, attentive aux pratiques professionnelles et aux conditions réelles de leur mise en œuvre. TAEG

 

Flatland, Danicollaterale, Delcourt, 19 × 27 cm, 256 p., 26,99 euros.

Avec Flatland, Danicollaterale propose une relecture graphique du roman d’Edwin A. Abbott de 1884 dans lequel, dans un monde strictement bidimensionnel où les personnages sont des figures géométriques, nul ne peut percevoir autre chose qu’une ligne car, étant tous situés dans le même plan, un carré nous décrit son quotidien. Le dessinateur-interprète déploie ici un langage visuel d’une grande rigueur : grille serrée, géométrie minimale, palette réduite. Cette mise en scène volontairement contrainte éclaire les enjeux du récit – perception limitée, normes spatiales, hiérarchies fondées sur la forme – et montre comment l’incapacité à imaginer une dimension supplémentaire produit incompréhension et violence. La fable mathématique de Abbott devient une réflexion sur les cadres qui structurent nos manières de voir et de concevoir. Un an après Je suis charrette, chronique inspirée du quotidien en agence, Danicollaterale déplace son regard vers un registre plus conceptuel : comment penser l’espace autrement que par les habitudes disciplinaires et quelles ouvertures apparaissent lorsqu’on accepte de regarder au-delà du plan ? TAEG

Enfants

Grands architectes, les bios graphiques, Arnaud Jamet, Larousse, 18 × 24 cm, 192 p., 19,99 euros.

D’Imhotep à Zaha Hadid en passant par Brunelleschi, Hassan Fathy ou Glenn Murcutt, ce petit Larousse des architectes réussit l’impossible : par le dessin commenté, initier enfants et béotiens à 4 000 ans d’architecture à travers 120 portraits. Un zest de biographie pour inscrire chacun dans un récit, les œuvres majeures expliquées de courts commentaires éclairants, quelques verbatim et même des plans. De 7 à 77 ans. EC

Rééditions

La Mécanisation au pouvoir, Sigfried Giedion, Les Presses du réel, 17 × 24 cm, 720 p., 34 euros.

Quarante ans que l’on attendait une réédition de ce jalon important de l’histoire dite « matérielle » et « anonyme », rédigé par Sigfried Giedion (1888-1968), un pilier des Ciam et du Mouvement moderne, après la (bonne) traduction parue en 1980 aux Éditions du Centre de création industrielle/Centre Georges-Pompidou, reprise dans un format de poche en 1983. Cette réédition ne rend toujours pas grâce à la mise en pages de l’édition originale en anglais de 1948 – et l’on sait que Giedion était très attentif à la dimension pédagogique de cette dernière. Les illustrations retenues (358 sur les 501 initiales), réunies dans un format très réduit à l’intérieur d’un seul cahier, ne sont plus organisées par doubles pages, où leur face-à-face en regard du texte est en lui-même porteur de sens. On perd aussi, par exemple, le vis-à-vis savamment coordonné par Giedion, qui rapproche sur une même double page un schéma d’Étienne-Jules Marey, une série photographique d’Eadweard Muybridge et le Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp. Cette nouvelle édition bénéficie en revanche de deux précieux éclairages : une préface d’Emmanuel Alloa et une postface d’Emanuele Quinz, qui contextualisent l’ouvrage de Giedion respectivement dans l’environnement philosophique et médiatique de l’auteur, et au sein de l’histoire du design.

Mais de quoi parle le livre ? D’architecture, fort peu. Mais de tout ce qui en est l’entour ou le cœur, de la mécanisation de production de la viande à la standardisation des tâches ménagères. Dans un article éclairant paru en 1980 dans Le Monde, le regretté Frédéric Edelmann relève ce constat de Giedion : « Jamais l’humanité n’a eu en main autant d’instruments lui permettant d’abolir l’esclavage et pourtant les promesses d’une vie meilleure n’ont jamais été tenues. L’image que les générations futures se feront de cette période sera peut-être celle d’une barbarie mécanisée, le plus horrible de toutes les barbaries. » Et qu’aurait-il dit de la barbarie artificiellement intelligente ? GMJ

Aimez l’architecture, Gio Ponti, Éditions Conférence, 14 × 18 cm, 408 p., 28 euros.

Ce petit pavé élégant est le fac-similé d’une sorte de boîte à malices réunie à la fin de sa vie par le prolifique architecte milanais (1891-1979). De nombreux chapitres brefs – collection d’haïkus, jeux de questions/réponses, définitions diverses de ce qu’est l’architecture, en particulier l’architecture moderne, apologues – en rendent la lecture attrayante. Ici, point de grandes théories définitives, mais plutôt une myriade de maximes conçues pour stimuler la réflexion des lecteurs – avec succès. L’ouvrage est complété par un impressionnant appareil critique, qui peut paraître contradictoire avec la légèreté du propos de Ponti. GMJ

 

Le Corbusier le Grand, Jean-Louis Cohen, Tim Benton, Phaidon, 22 × 29 cm, 848 p., 49,95 euros.

La réédition de cette somme – publiée une première fois il y a vingt ans – de plus de 3,2 kg était très attendue. Conçue par Jean-Louis Cohen et Tim Benton, les deux grands spécialistes de l’architecte, c’est une plongée dans l’intimité professionnelle de Charles-Edouard Jeanneret pour mieux comprendre Le Corbusier, ce personnage public qu’il s’était créé pour révolutionner l’architecture. Une iconographie riche de plus d’un millier de fac-similés, croquis, photographies personnelles et contemporaines permet de s’immerger dans les plus de 300 projets qu’il a étudié pendant sa vie : passionnant. EC

 

 

Pour poursuivre la lecture de d’a

Pour poursuivre la lecture du dossier du n325 de d’a de mai 2025

4 Degrés Celsius entre toi et moi, Catalogue de l’exposition de la troisième Biennale d’architecture et de paysage d’Île-de-France 2025, Sana Frini et Philippe Rahm, Actar, français-anglais, 17 × 24 cm, 312 p., 35 euros.

4 Degrés Celsius entre toi et moi- Pour une littérature climatique, Jean-Max Colard, Sana Frini, Philippe Rahm, Dominic Thomas (dir.), Édition Points, 11 × 18 cm, 224 p., 7,90 euros.

Publié par d’a en octobre 2025 :

Album des Jeunes Architectes et Paysagistes (AJAP) 2023, Cyrille Véran (dir.), SEA, 23 × 30 cm, 191 p., 25 euros.

En lien avec le no 330 de d’a de novembre 2025 :

Paris ville Free, Soline Nivet, 369 éditions, 14 × 24 cm, 176 p., 20 euros.

Enquêtes Urbaines, le projet à l’épreuve des résistances, Collectif, Éditions à la criée, 172 p., 18 euros.

Quand les architectes mènent l’enquête ? Soline Nivet, Éditions 205, 11 × 16 cm, 173 p., 12 euros.

The House of Dr Koolhaas, Françoise Fromonot, Park Books, 11 × 18 cm, 224 p., 20 euros.

Dieu & Compagnie, François Dallegret et al., Éditions de la Villette, 17 × 24 cm, 456 p., 39 euros.