Copyright : © Xavier Boymond

Le projet conduit par l’agence TER a permis de retisser le lien longtemps rompu entre la place de la Comédie, l’esplanade et la citadelle, redonnant à cet ensemble urbain sa cohérence originelle. L’intervention ne se limite pas à une simple requalification : elle recompose un vaste continuum d’espaces publics reliant le cœur historique de Montpellier aux promenades végétalisées, tout en rétablissant la lisibilité d’un axe majeur de la ville. Dans cette dynamique, l’éclairage conçu par l’agence ON joue un rôle déterminant. Plus sobre, plus narratif et résolument économe – la consommation énergétique chute de 66 % –, il accompagne la métamorphose du site en révélant son identité patrimoniale sans l’écraser.

 

Maîtrise d’ouvrage : Montpellier Méditerranée Métropole

Maîtrise d’ouvrage déléguée : SA3M

Maîtrise d’œuvre : agence TER paysagistes, mandataire

Conception lumière : agence ON

Matériel d’éclairage : Ateliers FK, Chrysalis, Comatelec, LEC, Luce & Light, Selux, Technilum, WE-EF

Systèmes de pilotage : Lacroix City, Lumières Utiles

Installateurs : Groupement Citeos / Bouygues-ES / Réel Méditerranée

 

Située au sud-est de l’Écusson, au centre de la cité médiévale, la place de la Comédie occupe un ancien espace de fortifications menant à la citadelle de Montpellier, où est aujourd’hui implanté le lycée Joffre, et à l’esplanade Charles-de-Gaulle. En 1985, ce secteur stratégique est transformé en l’une des plus grandes places piétonnes d’Europe. L’Atelier A/S Marguerit imagine alors un vaste tapis ovoïde – reprenant la forme du terre-plein piéton de la place avant la tunnelisation des voies automobiles – surnommé « la place de l’Œuf », de 240 mètres sur 50, structuré par le bassin-fontaine des Trois Grâces (une œuvre en marbre d’Étienne Dantoine dont l’original se trouve dans l’entrée de l’Opéra), et un mur d’eau en marbre bleu de Bahia (déplacé depuis dans le quartier Antigone de Bofill). Pierre-Arnaud de Chassy-Poulay signe la mise en lumière initiale, qui accompagne l’essor d’un espace devenu l’un des symboles de la ville, et qui sera suivie par l’intervention de Yann Kersalé quelques années plus tard, avec les mâts bleus.

Quarante ans après, l’agence TER repense l’ensemble dans un souci d’apaisement et de continuité végétale. La valorisation du jardin et des allées de platanes de l’esplanade Charles-de-Gaulle redonne de l’ampleur à ce patrimoine végétal, tandis que l’introduction de nouveaux espaces paysagers permet de retisser des séquences de fraîcheur au cœur de la ville. Sur les 8 hectares réaménagés, la minéralité omniprésente laisse place à des plantations renouvelées, dont plusieurs ormes qui redessinent les lignes d’ombre. Les anciennes zones bitumées sont remplacées par des fontaines et des séquences d’eau, recréant un dialogue naturel entre sol, végétation et usages quotidiens. L’espace devient une vaste respiration urbaine, conciliant fraîcheur, déambulation et mobilités douces. (...)

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