« Engagement : acte ou attitude de l’intellectuel qui, prenant conscience de son appartenance à la société et au monde de son temps, renonce à une position de simple spectateur et met sa pensée ou son art au service d’une cause. » (Le Petit Robert)
L’époque est au trouble, impossible d’y échapper. « Instabilité », « désastre », « polycrise »… Les mots ne suffisent plus pour décrire le basculement d’un monde où, tous les jours, se font ressentir dans les moindres recoins de la planète les conséquences du chaos climatique et géopolitique globalisé, du délitement généralisé de la culture et de la justice sociale, du déni démocratique confortablement installé au sein même d’États républicains. Au fur et à mesure que le monde s’enfonce, le système de valeurs sur lequel repose l’architecture, le métier comme la discipline, connaît une remise en question sans précédent, avec une accélération ces dix dernières années qui n’aura pas échappé à l’observateur attentif. Comment transformer l’appareil productif sur lequel repose le monde de la construction ? Comment « transformer le récit de ce qui se passe » ? Face au défi, le déni n’est plus une position tenable : les architectes sont de plus en plus nombreux à renoncer à leur position de « simple spectateur ».