n°331 - décembre 2025 / janvier 2026

  • Peterbos 9, à Bruxelles, la transposition d’un engagement Lacaton & Vassal + 51N4E  

    Depuis la maison Latapie (1993) jusqu’à Peterbos 9 (2024), en passant par l’étude PLUS, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal n’ont jamais rien sacrifié à leur vocation. Depuis leurs débuts, ils défendent la réhabilitation d’architectures du XXe siècle promises à la démolition. Grâce à leurs fameux jardins d’hiver, ils font surtout la démonstration qu’il est possible, à moindre coût et sans déloger les occupants, d’améliorer considérablement les conditions de vie de tous les habitants, sans exception. Un engagement qui ne cesse d’essaimer, et au-delà des frontières françaises.

  • Repenser la Concorde Concours pour la restauration et le réaménagement de la place de la Concorde

    Ce concours a été lancé pour retrouver, sous le rond-point actuel, la cinquième – et la plus grande – place royale parisienne. Cinq équipes de maîtrise d’œuvre ont ainsi été appelées au chevet de cet espace patrimonial de premier plan. Elles ont cherché à transformer cet enfer pour touristes, prisonniers des voies au trafic intense et de la chaleur suffocante des nouveaux étés, pour retrouver l’ambiance de ce grand salon rococo à ciel ouvert conçu par Jacques-Ange Gabriel au milieu de du XVIIIe siècle…

  • Réseau Entreprendre : Faire entreprise, faire œuvre

    Face à la fragilité économique des jeunes agences, le Réseau Entreprendre propose un mentorat entrepreneurial inédit. Utile pour structurer une pratique, il interroge également la compatibilité entre modèle de croissance et culture architecturale.

  • Salima Naji, in situ pour réparer le bien commun

    Cela fait presque vingt-cinq ans que Salima Naji œuvre dans le Haut Atlas et le Sud marocain pour réhabiliter des techniques de pierre et de pisé. Ce qui anime l’architecte-anthropologue n’est pas tant la beauté de ces matériaux multimillénaires que d’en réinvestir le potentiel climatique au bénéfice des habitants d’aujourd’hui. Et pour cela, elle connaît un seul moyen :réparer les liens entre communautés et territoires sur place, à travers des démarches collectives.

  • Simon Boudvin, Superkyoto, une ville sans qualité

    Les bâtiments habillés de carrelage, en partie ou en totalité, sont une des caractéristiques de l’architecture contemporaine du Japon, et deKyōto en l’occurrence. Mais on leur prête peu attention, leur neutralité apparente, voire leur banalité, s’intégrant parfaitement à l’univers polyphonique dela ville. Séparément, elles passent inaperçues, mais réunies dans cette collection étonnante grâce au regard perspicace de Simon Boudvin (voir l’article de Soline Nivet dans le dossier du no 330 ded’a, novembre 2025), elles s’affirment comme un genre architectural à part entière.

  • Sophie Ricard, l’architecture-action au service de la démocratie locale

    Dérouler le parcours de l’architecte Sophie Ricard revient à suivre, à l’heure de l’affaiblissement de la loi du 3 janvier 1977 sur l’intérêt public de l’architecture1, un cheminement vers l’affirmation du rôle politique de l’architecte dans la transformation de la commande publique. Car ce que la directrice de la structure Notre Atelier Commun vise à travers le projet, entendu à travers la programmation ouverte et la permanence architecturale, n’est pas simplement la réhabilitation de lieux et de territoires : il s’agit de renouveler la commande publique et « réactiver la démocratie locale par le projet ».

  • Terrains politiques : L’engagement des architectes, agent de transformation

    « Engagement : acte ou attitude de l’intellectuel qui, prenant conscience de son appartenance à la société et au monde de son temps, renonce à une position de simple spectateur et met sa pensée ou son art au service d’une cause. » (Le Petit Robert)

    L’époque est au trouble, impossible d’y échapper. « Instabilité », « désastre », « polycrise »… Les mots ne suffisent plus pour décrire le basculement d’un monde où, tous les jours, se font ressentir dans les moindres recoins de la planète les conséquences du chaos climatique et géopolitique globalisé, du délitement généralisé de la culture et de la justice sociale, du déni démocratique confortablement installé au sein même d’États républicains. Au fur et à mesure que le monde s’enfonce, le système de valeurs sur lequel repose l’architecture, le métier comme la discipline, connaît une remise en question sans précédent, avec une accélération ces dix dernières années qui n’aura pas échappé à l’observateur attentif. Comment transformer l’appareil productif sur lequel repose le monde de la construction ? Comment « transformer le récit de ce qui se passe » ? Face au défi, le déni n’est plus une position tenable : les architectes sont de plus en plus nombreux à renoncer à leur position de « simple spectateur ».

  • Vaisseau-terre

    Cercles, sphères, calottes et tores. Le rond, matrice universelle ? Enquête très spatiale au-dessus du ciel américain avec Disney et la Nasa.

  • « Face à l’extraction généralisée, nous devons agir collectivement » Entretien avec Léa Hobson

    L’architecte-scénographe franco-britannique Léa Hobson est aussi militante écologiste et membre du mouvement les Soulèvements de la Terre. Elle signait en octobre un ouvrage documenté paru aux éditions Zones, Désarmer le béton, Ré-habiter la terre, dans lequel elle explore les conditions et les conséquences de l’industrie du béton. Malgré un constat alarmant, l’autrice invite à repenser l’acte de bâtir en mettant en lumière des pratiques réparatrices. Entretien.

  • « The Funambulist accompagne les luttes partout dans le monde » Entretien avec Léopold Lambert

    En septembre 2025 paraissait le 61e numéro du Funambulist, un numéro anniversaire célébrant les dix ans d’un magazine fondé en 2015. Partant du postulat que l’architecture est « la politique qui organise les corps dans l’espace », la revue, disponible en anglais, en français et en espagnol, s’inscrit dans une perspective internationaliste, avec pour ambition de servir les luttes partout dans le monde. Elle compte aujourd’hui près de 4 500 abonnés (dont 3 750 pour la version anglaise). Nous avons rencontré Léopold Lambert, son fondateur et rédacteur en chef, auteur également d’une série d’ouvrages explorant l’architecture comme arme politique1.

  • « L’engagement signe un extractivisme culturel au détriment du militantisme » Entretien avec Johan Faerber

    Dans un essai incisif paru en 2024 aux éditions Autrement, Militer, Verbe sale de l’époque, Johan Faerber, critique littéraire, essayiste et cofondateur de la revue culturelle Collatéral,souligne à travers l’analyse de différents événements – dont les soulèvements écologistes à Sainte-Soline en 2023 – comment l’engagement s’est dépolitisé à mesure que l’action militante a été criminalisée.