Certains projets, comme la maison Latapie, ont montré la voie : il est possible de construire malin et pas cher avec des produits industriels. De cette potentialité, Ferrier Marchetti Studio en théorise une esthétique. L’Atelier Construire en produit des œuvres iconoclastes. L’agence Cigüe en élabore une architecture a minima. Qu’importe le matériau, c’est l’utilisation qui en est faite qui prévaut. C’est aussi vrai pour les couvertures…
Tôles imitant les tuiles, éléments de béton simulant les ardoises… : les procédés de fabrication de l’acier et du béton favorisent l’innovation et les stratégies commerciales offensives. Mais, par-delà la performance et le design, c’est aussi l’empreinte carbone qui guide la mutation des produits.
Les maîtres d’œuvre habitués aux programmes résidentiels ne sont guère concernés : les toitures métalliques sont majoritaires dans de nombreuses typologies bâties. Une étude de 2019 montre, par exemple, que « 40 % des bâtiments tertiaires ont une toiture en acier, alors que 33 % d’entre eux présentent une toiture en béton », souligne Michel Royer-Muller, responsable technique de ConstruirAcier. « L’acier est en situation de quasi-monopole pour les bâtiments industriels et agricoles », rappelle pour sa part Valérie Prudor, secrétaire générale du syndicat L’Enveloppe métallique du bâtiment. Comme les tuiliers (avec les tuiles de terre cuite simulant les ardoises) et les producteurs d’éléments en béton (avec les tuiles de béton simulant les tuiles de terre cuite), les fabricants de produits en acier se positionnent sur des marchés traditionnellement réservés aux autres matériaux. L’industriel Joris Ide, appartenant au groupe Kingspan, propose ainsi des profils en forme de tuiles et des tôles façonnées comme du zinc à joint debout et à tasseaux.
Étant donné l’éventail très large de références, il n’est pas toujours aisé de se repérer dans les réglementations. Valérie Prudor distingue cinq types de couvertures en acier – on appelle « profils » les éléments assemblés sur chantier et on nomme « panneaux » les sandwichs avec isolant, préfabriqués en usine. « À chaque fois, ce n’est pas le même usage ni le même marquage », précise-t-elle. Dans la première catégorie, on trouve les profils non structuraux, en simple ou double peau, à mettre en œuvre selon le DTU 40.35. Les systèmes non structuraux, totalement supportés, comme les tuiles à joint debout, constituent la deuxième famille, sous DTA. On trouve ensuite les profils structuraux, servant au maintien local des lisses et des pannes, dont la pose doit se conformer à la norme NF EN 1090-4 et à son complément du BNCM. La plupart des panneaux sandwichs non structuraux avec une âme en polyuréthane ou en polyisocyanurate sont quant à eux visés par les recommandations professionnelles RAGE, alors que ceux présentant une âme en laine minérale sont couverts par les DTA ou les ATec. Dernière catégorie : les panneaux sandwichs structuraux innovants sont évalués par des ATEx. (...)