n°333 - avril 2026

  • 1956-1974 : privé ou public, hauts et bas de l’urbanisme parisien

    À l’orée du XXIe siècle, le débat sur les hauteurs à Paris fut relancé par une proposition de l’architecte Yves Lion qui en 2002, projetait de peupler de tours la ZAC Masséna du 13e arrondissement. Les controverses sur les hauteurs sous le ciel parisien n’étaient certes pas chose neuve. La capitale accueillit tardivement ses premières tours : par quelles dynamiques les vit-elle se multiplier si rapidement, de la fin des années 1950 au milieu de la décennie 1970 et, bientôt, bouleverser son paysage urbain ?

  • 84 logements, Trévoux, Ain - Du jardin intérieur au paysage

    Pionniers de l’architecture en bois en France depuis 1991, les membres fondateurs de Tectoniques, associant architectes et ingénieurs, ont passé le relais à une nouvelle génération qui livre ses premières opérations depuis le début des années 2020. C’est justement leur expertise dans le bois qui les a toujours incités à hybrider leurs projets avec d’autres matériaux lorsqu’ils les jugent plus pertinents : pierre, terre, acier ou béton. Cette opération de 84logements illustre cette mixité des mises en œuvre autour d’un plan qui magnifie l’exposition plein sud sur la vallée de la Saône.

  • Au moins-disant

    Maison familiale, Saint-Julien-le-Petit (87), Cigüe achitecture

  • Ceinture et bretelles

    Extension d’un groupe scolaire, Lugrin (74), Ateliers o-s architectes

  • Cités autistes

    Que nous apprennent les autistes lorsqu’ils dessinent la ville ? Leur vision divergente nous informe sur une autre présence du réel et de l’imaginaire. Diagnostic. 

  • Couvertures, de la fabrication à la mise en œuvre : Acier, aluminium, polycarbonate, béton, fibres-ciment

    Certains projets, comme la maison Latapie, ont montré la voie : il est possible de construire malin et pas cher avec des produits industriels. De cette potentialité, Ferrier Marchetti Studio en théorise une esthétique. L’Atelier Construire en produit des œuvres iconoclastes. L’agence Cigüe en élabore une architecture a minima. Qu’importe le matériau, c’est l’utilisation qui en est faite qui prévaut. C’est aussi vrai pour les couvertures…

  • Cyril Delhomme, le génie d’un lieu

    Au BAL, dans le 18e arrondissement de Paris, les expositions se suivent mais ne se ressemblent jamais. Car la richesse de sa programmation est encore accrue par l’incroyable variété des accrochages et des scénographies qui singularisent chaque exposition, actualisant l’espace pour enrichir la perception des œuvres et l’expérience du visiteur. La présence du scénographe Cyril Delhomme au sein de l’équipe du BAL depuis 2012 est la preuve de l’attention que cette institution porte à la photographie autant qu’à la manière dont elle est exposée.

  • De la Fête de la brochette au volley-ball : la halle qui sait tout faire

    Halle, Ancy-Dornot (57), Christophe Aubertin architecte – Studiolada

  • Des tours déformées et des villes bouleversées

    Pour aborder les liens entre financiarisation du marché immobilier et verticalisation des skyline urbaines, il convient d’abord de préciser ce que recouvre le terme de financiarisation, qui ne s’est imposé dans le débat sur la ville que relativement récemment, notamment à la suite de la crise des subprimes de 2007-2008.

  • Donner envie - 56 logements sociaux, Arpajon (91)

    On pourrait opposer deux manières d’envisager la contemporanéité de l’architecture du logement collectif. L’une consisterait à repartir d’une page blanche pour dessiner de nouvelles typologies débarrassées des conventions que les changements anthropologiques de la famille, du travail ou du genre rendraient obsolètes. L’autre s’étayerait davantage sur une culture du logement héritée des années 1960 et qui, tout en faisant sienne les acquis de la modernité, la mettait en crise, questionnant notamment sa capacité d’acceptabilité sociale : vivre la densité tout en conciliant ce désir d’individualité qui pousse une majorité des Français à vouloir vivre en pavillon. C’est à cette injonction apriori inconciliable que répond cette opération livrée l’année dernière à 30kilomètres au sud de Paris par les HarariEn se fondant sur leur longue expérience du logement collectif et sur une culture acquise en dehors des références rebattues, les architectes sontparvenus à résoudre magnifiquement cette contradiction, offrant le plaisir d’une expérience urbaine aussi rare que précieuse, qui leur a valul’automne dernier le Prix d’architectures10+1.

  • ENSA : former les architectes à l’heure du grand regroupement

    La réforme engagée par le ministère de la Culture à l’automne 2025 rebat les cartes de l’enseignement de l’architecture. En intégrant les Écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA) à une nouvelle direction générale élargie, elle ambitionne un pilotage renforcé – sans gommer les spécificités disciplinaires. Une ligne de crête dont l’équilibre reste encore à éprouver.

  • Horizons superposés - 43 logements en accession, Ivry-sur-Seine (94)

    Dans la ZAC Ivry-Confluences, Raphaël Gabrion réalise son rêve d’architecte : 43logements entièrement traversants face à la Seine. Un projet qu’il mûrissait depuis quinze ansavant de l’approfondir davantage lors des études menées durant la pandémie. L’opération reflète les questionnements d’alors, ouvrant la voie à des typologies moins conventionnelles et à d’autres manières d’habiter.

  • Industriel, mais sensuel

    Ferrier Marchetti Studio

  • La tour Triangle, majeure ou mineure ?

    On dit que l’on juge une série sur son « finale ». L’achèvement de la tour Triangle cet été devrait marquer l’épilogue de la longue et mouvementée histoire des tours parisiennes. Le sociologue Jean-Louis Violeau est allé observer cette fin de chantier ; l’occasion pour lui de chroniquer la dernière saison de cette série, sur laquelle chacun à son avis.

  • La tour, « cheval de Troie » de la financiarisation du marché immobilier milanais

    Depuis deux décennies, la financiarisation du marché immobilier à Milan est inséparable de la verticalisation de son paysage urbain. Elle est ainsi une des dernières métropoles européennes à se doter d’un downtownà l’américaine, ce dont elle rêvait pourtant depuis le milieu du XXe siècle. Le piano regolatore (plan d’urbanisme) de 1953 avait alors identifié le quartier de Porta Nuova, à la limite du centre historique, comme l’emplacement d’un nouveau centro direzionale (centre administratif), resté largement inachevé. C’est finalement au début des années 2000 que cette idée a pris forme, en se dédoublant sur deux sites. À Porta Nuova s’est ajouté l’ancienne fiera campionaria (foire commerciale), à la périphérie ouest de la ville, aujourd’hui nommée CityLife. Ces deux opérations représentent une nouveauté substantielle dans l’histoire urbaine de Milan : elles marquent l’emprise de la financiarisation et la concentration des tours entre elles.

  • Le chanvre à grande échelle - 81 logements en accession, Nantes

    Dans la ZAC située sur lancienne caserne Mellinet à lest du centre-ville de Nantes, les agences Palast et Ramdam livrentla résidence Matera, une opération de logements portée par une ambition constructive innovanteen matière de décarbonation. 

    Déployé pour la première foisen Franceen éléments de façade à cette échelle, le béton de chanvre enveloppe le bâtiment dun rideau épais qui participe des qualités dinertie et de la régulation de lhygrométrie de lensemble.

  • Les architectes sont dans le pré : Concours pour le Centre d’interprétation Michel de Montaigne à Saint-Michel-de-Montaigne (Dordogne)

    Comment parvenir à s’immiscer sans être intrusif dans un hameau parfaitement préservé et comment établir des correspondances entre son paysage et l’œuvre philosophique monumentale de son plus illustre natif ? Un double impératif auquel quatre équipes de maîtrise d’œuvre ont tenté de répondre en imaginant des dispositifs architecturaux en étroite symbiose avec leur contexte et capables d’en révéler les liens subtils qui l’unissent à l’auteur desEssais.

  • Les doigts dans le PLU

    En matière d’architecture, nulles autres constructions que les tours n’illustrent mieux le célèbre proverbe : « Quand le sage montre la Lune, l’idiot regarde le doigt. » Dans les débats, parler des tours, c’est presque toujours ne pas parler d’architecture. À Paris, elles sont d’abord perçues comme un doigt dressé avec arrogance dans le paysage d’une cité idéalisée dans son illusoire immuabilité. Il est vrai que leur édification a toujours échappé à la volonté de ses habitants. Rien d’étonnant à ce que les citadins ainsi exclus des processus de décisions qui mènent à leur construction les rejettent.