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La réforme engagée par le ministère de la Culture à l’automne 2025 rebat les cartes de l’enseignement de l’architecture. En intégrant les Écoles nationales supérieures d’architecture (ENSA) à une nouvelle direction générale élargie, elle ambitionne un pilotage renforcé – sans gommer les spécificités disciplinaires. Une ligne de crête dont l’équilibre reste encore à éprouver.

Créée le 1er septembre 2025, la Direction générale de la démocratie culturelle, des enseignements et de la recherche (DGDCER) s’inscrit dans un contexte de « fortes attentes pour renforcer le pilotage unifié de l’enseignement supérieur Culture ». Le périmètre est conséquent : « 98 établissements sous tutelle et plus de 36 000 étudiants », rappelle Sébastien Chevalier, chef du service des enseignements et de la recherche. La formation des architectes est désormais intégrée à un ensemble plus large, structuré autour de priorités communes : excellence académique, insertion professionnelle, ouverture internationale, amélioration des conditions de vie étudiante et structuration de la recherche.
Ce changement d’échelle marque une inflexion dans la manière de penser les ENSA : moins comme un réseau singulier adossé aux politiques de l’architecture, davantage comme un segment d’un ensemble culturel unifié. Le ministère s’en défend pourtant.
« Chaque domaine […] possède ses propres spécificités professionnelles et pédagogiques », souligne Sébastien Chevalier. La DGDCER n’a pas vocation à uniformiser les formations : elle « n’a jamais eu pour objectif d’“unifier” les établissements », mais de « construire une stratégie ministérielle cohérente à la hauteur des enjeux de chacun ». Reste que cette cohérence stratégique suppose une mise en équivalence de secteurs dont les cultures professionnelles, les temporalités et les débouchés diffèrent fortement. La promesse d’un pilotage transversal n’évacue pas entièrement le risque d’un glissement progressif des priorités, notamment pour des écoles dont la formation est historiquement liée aux politiques publiques du cadre bâti. Sur ce point, le ministère insiste sur la continuité : les réflexions « seront poursuivies dans le même cadre de collaboration initial avec le service en charge de l’architecture ». Une affirmation qui, pour l’heure, tient davantage de l’engagement que du bilan. (...)

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