Au BAL, dans le 18e arrondissement de Paris, les expositions se suivent mais ne se ressemblent jamais. Car la richesse de sa programmation est encore accrue par l’incroyable variété des accrochages et des scénographies qui singularisent chaque exposition, actualisant l’espace pour enrichir la perception des œuvres et l’expérience du visiteur. La présence du scénographe Cyril Delhomme au sein de l’équipe du BAL depuis 2012 est la preuve de l’attention que cette institution porte à la photographie autant qu’à la manière dont elle est exposée.
La diversité des modes d’apparition de la photographie, sa « ductilité fondamentale1 » et, par conséquent, les mille façons dont elle a pu être montrée et exposée, ont été l’objet de vives polémiques dès la fin du XIXe siècle, avec pour enjeu central la question de sa légitimité artistique. LE BAL, en confiant à Cyril Delhomme la mise en espace/mise en scène de ses expositions, fait la démonstration que ce débat est aujourd’hui dépassé : tout est possible, à condition que les œuvres soient interprétées avec justesse et que la scénographie intervienne comme un enrichissement ou un prolongement de leur sens intrinsèque. Pour Olivier Lugon, historien de la photographie, « le sens d’un cliché n’est pas seulement dans ce qu’il contient, mais aussi dans ce qui l’entoure et en façonne la réception : cela vaut tout autant pour la gestion du mur et de l’espace2 ». (...)