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Que nous apprennent les autistes lorsqu’ils dessinent la ville ? Leur vision divergente nous informe sur une autre présence du réel et de l’imaginaire. Diagnostic. 

Identifié depuis les années 1940, l’autisme est un trouble du développement qui se manifeste, selon Le Robert, « par une altération de la communication et des interactions sociales, par des intérêts restreints et des comportements répétitifs ». Dix pour cent des sujets ont le « syndrome du savant », popularisé par Raymond Babbit, personnage joué par Dustin Hoffman dans Rain Man de Barry Levinson (1988). C’est la psychologue allemande Beate Hermelin, pionnière des recherches sur le trouble, qui découvre que ces « savants » ont une mémoire catégorielle et analytique plutôt que photographique. Leur esprit procède à des sélections de caractéristiques du réel pour construire leurs propres images. Les capacités de calcul, l’appétence pour les moyens de transport et leurs horaires, la maîtrise de plusieurs langues ou l’oreille absolue forment un corpus d’expressions, souvent simultanées, auxquelles s’ajoute pour certains un irrépressible intérêt à dessiner des villes sans fin. C’est le cas du Français Gilles Tréhin et du Britannique Stephen Wiltshire. Sous leur crayon où l’urbain étend sa trame, ils projettent l’image fracturée de leur condition, posant un regard différent sur la ville que les artistes et les urbanistes étudient depuis la révolution industrielle. (...)

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