n°333 - avril 2026

  • L’existant comme matériau - Transformation de la caserne Chavildan, Paris 16e

    La reconversion de cette ancienne caserne militaire révèle combien il est aujourd’hui essentiel de travailler en site occupé et dans la durée. En s’appuyant sur une occupation temporaire pendant la phase d’étude et en faisant de la parole un véritable outil de projet, l’agence Brunnquell & André parvient à concrétiser des ambitions souvent formulées, mais rarement poussées aussi loin dans les contextes de transformation : pratiquer le réemploi sans le normaliser, mutualiser les espaces et gérer les communs, inventer une programmation à partir des qualités propres du lieu, et explorer des manières d’habiter hors des cadres du logement standard.

  • L’obsession du plan, par Cierto Estudio

    Lors de leur venue à la Maison de l’architecture d’Île de-France, organisée par le Fonds de dotation Quartus en partenariat avec d’architectures le 11février dernier, l’agence CiertoEstudiobasée à Barcelone et Paris, a proposé une conférence sur un sujet qui pourraitêtre banal s’il n’était devenu si rare lorsque l’on parle du logement collectif : le plan.Cette soirée, qu’elles ont opportunément baptisée « Domesticité ouverte », initiait un cycle intitulé « Habiter la ville et ses transitions ». Après Barrault-Pressacco le 1eravril, il verra se succéder Bourbouze &Graindorge en mai puis Simon Teyssou, Jean & Aline Harari et Lacaton &Vassal à l’automne.

  • Méli-mélo associatif

    Antonio Virga architecte

  • Milan vertical, la fièvre de la hauteur, 1935-1970

    La culture architecturale italienne a souvent montré une certaine réticence, voire une aversion marquée, à l’égard du gratte-ciel. À Milan, capitale économique et financière du pays et principal foyer d’expérimentations architecturales dès le début du XXe siècle, une loi d’époque fasciste défendait tout nouvel édifice de dépasser en hauteur la flèche du Duomo, surmontée par la célèbre statue dorée de la Madonnina (108,5 mètres). Toutefois, les conditions de longue durée d’une histoire italienne (et presque exclusivement milanaise) du gratte-ciel voient le jour pendant le régime. Mais, comme nous le verrons, il s’agit moins d’une question architecturale et « stylistique » que d’une dynamique foncière et typologique.

  • Paris-Milan : le marché contre la ville

    Financiarisation et verticalisation de deux métropoles européennes

    La monumentale tour Triangle de Herzog & de Meuron est presque achevée à Paris, après une dizaine d’années de chantier. Elle sera livrée en 2026, à peu près en même temps que le CityWave de Bjarke Ingels Group (BIG) à Milan, dont les deux sommets asymétriques s’élèvent dans la skyline de la ville comme de robustes triangles scalènes. Ces deux projets ne sont que des exemples parmi d’autres de la « course à la hauteur » que la ville contemporaine poursuit partout dans le monde. À l’ère des crises multidimensionnelles – économiques, politiques, sociales et sanitaires –, cette dynamique apparaît de plus en plus autoréférentielle. Le décalage est particulièrement frappant dans les villes européennes, au regard de la faiblesse croissante de l’économie du continent et de sa stagnation démographique. Cette contradiction fait de l’Europe un terrain d’observation privilégié pour analyser les relations tortueuses qui lient aujourd’hui logique financière et logique urbaine, dont la multiplication des tours à l’échelle mondiale constitue sans doute l’expression la plus visible. C’est dans cette perspective que nous avons choisi Paris et Milan – la capitale française et le moteur économique de l’Italie – comme terrains d’étude pour interroger les liens entre financiarisation du marché immobilier et verticalisation des skylines urbaines.

  • Sapiens : Rationalisme critique

    Sapiens : des architectes formés à l’école d’architecture de Paris Belleville où ils ont suivi notamment l’enseignement de Pierre-Louis Faloci et de Philippe Prost. Comme leur nom l’indique, ils revendiquent le caractère profondément intellectuel de leur discipline pour, dès leurs premières œuvres, le mettre à l’épreuve du Périgord noir, un territoire surprotégé qui réclame à qui veut y exercer une parfaite connaissance du patrimoine architectural régional.

  • Wilfried Becret, à la croisée de la science et des savoir-faire

    Le designer Wilfried Becret développe une pratique plurielle, qui s’appuie sur l’idée de « faire avec » les ressources disponibles, les savoir-faire existants et les contraintes de notre époque. À la croisée de la science et de l’artisanat, il explore des modes de production plus frugaux, résilients et durables, comme en témoignent entre autres ses deux projets Terre de Verre et Nucléation.

  • Zinc à tasseaux

    Version sandwich / Version XCarb

  • « Form follows finance », de quoi les tours sont-elles le nom ?  

    Longtemps bannies, les tours ont fait un retour très remarqué ces dernières années à Paris. Cependant, la fenêtre ouverte par le changement de PLU en 2010 – que les édiles ont ensuite refermée en 2023 – n’aura permis qu’à trois vrais gratte-ciels de sortir de terre : le tribunal de Paris, les tours Duo et la tour Triangle. Quel intérêt de construire ces colosses énergivores dans un paysage francilien marqué par une surproduction de surfaces tertiaires ? Le marché de l’immobilier, profondément transformé par les méthodes de financiarisation, aurait-il produit des effets pervers ?