n°328 - septembre 2025

  • Accessibilité entre deux eaux - Rénovation du musée national de la Marine par h2o architectes et Snøhetta, Paris 16e

    Au Palais de Chaillot, la rénovation du musée national de la Marine déploie une architecture sobre et inclusive, au service d’un projet muséal renouvelé. Une ambition portée par h2o architectes et Snøhetta, mais dont certains compromis scénographiques interrogent sur la pertinence d’un tel cadre réglementaire.

  • Accessibilité sanitaire chez Delabie : un engagement sur le design inclusif

    Vingt ans après la loi Handicap, près d’un million d’établissements recevant du public (ERP) ne sont toujours pas conformes. Pourtant, l’accessibilité ne se résume plus à une simple obligation réglementaire. Chez Delabie, elle devient un véritable engagement en faveur de l’inclusion, du confort et de la dignité pour tous.

  • Architecte et promoteur, parcours choisis

    Certains architectes décident de sauter dans le grand bain de la promotion immobilière. Leur rôle élargi leur permet de garder la maîtrise des opérations jusqu’à la commercialisation. En devenant maître d’ouvrage, ils ne se contentent plus de répondre à une commande : ils initient le projet, en définissent les enjeux, choisissent le terrain, établissent le programme et décident des arbitrages économiques. Les parcours que nous présentons dans ce dossier montrent des architectes libres de faire ce qu’ils aiment, embarquant leur sensibilité architecturale dans l’équation financière. Le plus souvent, leurs univers font œuvre de marketing : la pierre massive pour Eliet & Lehmann, les espaces partagés pour Plan Común, les espaces privatifs supplémentaires pour PateyArchitectes…

  • Architecte et promoteur : ai-je le droit de faire les deux ?

    La faute aux mésaventures de Fernand Pouillon, sans doute : beaucoup de maîtres d’œuvre croient qu’il leur est interdit de faire de la promotion immobilière.d’a a demandé au conseil de l’Ordre des architectes d’Île-de-France de rappeler les règles.

  • Architecture inclusive : vers un nouveau paradigme ?

    Concevoir des espaces inclusifs ne peut plus se réduire à une conformité réglementaire tardive ou à des ajustements standardisés.

  • Atlas sensible pour un accueil inclusif - Espaces d’accueil du concours pour l’Institut Robert-Debré du Cerveau de l’enfant

    Jean-Benoît Vétillard propose un recueil graphique pour repenser les espaces d’attente et d’hospitalisation de l’hôpital Robert-Debré, à hauteur d’enfant et à l’échelle des perceptions neuroatypiques.

  • Briques de seconde main

    Aurélien Veyrat, designer-sculpteur, crée des œuvres à partir de briques de seconde main récoltées localement. Il les nettoie, classe et assemble instinctivement pour former blocs, colonnes, des meubles ou encore des revêtements muraux.

  • Continuité/rupture : Dialogue compétitif pour engager la transformation de la porte de la Villette

    Comme les cases d’un jeu de l’oie, des ambiances très contrastées se juxtaposent sans transition autour de la porte de la Villette : l’ancienne route de Flandre, une entrée historique dans Paris ; le canal Saint-Denis, une voie navigable transformée en lieu de promenade ; la Cité des sciences aménagée entre les piles en béton des anciens abattoirs ; le parc paradisiaque de Bernard Tschumi… Enfin la haute et massive tour Eurasia dominant le rond-point surréaliste glissé sous le périphérique, un environnement où se concentre une population déshéritée, composée de sans-abri, de demandeurs d’asile, de réfugiés, de prostitués et de drogués… Comment créer du lien entre ces lieux antinomiques ? Comment intégrer ces occupants rejetés ? Comment faire quartier ? Telles sont les questions auxquelles ont tenté de répondre les trois équipes retenues pour ce dialogue compétitif.

  • De la cour royale au campus muséal : réaménagement du château de Caen

    Réunissant les fragments existants de ce site historique millénaire autour d’un sol commun, et immisçant un pavillon d’accueil à la croisée des points de vue les plus emblématiques, les architectes parviennent à restituer l’imaginaire perdu de ce château médiéval, plus vaste enceinte castrale d’Europe.

  • Do it yourself

    Dans l’économie du logement, la relation entre architecte et promoteur privé est-elle contre nature ? Si l’objectif du premier doit être de concevoir un habitat pérenne, où il est agréable de vivre et qui embellit le lieu dans lequel il s’insère plutôt qu’il ne l’altère, celui du promoteur est bien différent : son objectif est d’abord de générer une plus-value financière et sa responsabilité s’arrête à la garantie décennale.

  • Eliet & Lehmann : la pierre, fer de lance de la promotion immobilière

    Depuis janvier 2025, E&L promotion et CDC Habitat livrent progressivement Les Échoppes-Bastide, un ensemble de 121 logements en pierre massive, érigé dans la ZAC Garonne-Eiffel sur la rive droite de Bordeaux. Initié en 2015, le projet a mis dix ans à voir le jour. L’un de ses promoteurs est aussi son maître d’œuvre, puisque E&L promotion est une émanation d’Eliet & Lehmann architectes.

  • Félix Mulle : « Il est très difficile de savoir ce qu’on veut. Cela s’accompagne »

    Félix Mulle est un personnage singulier dans l’univers de l’architecture francilienne. Avec l’Atelier de l’Ourcq, le quadragénaire s’affirme comme un touche-à-tout, spécialiste des projets ruraux et périurbains. Rencontre avec un architecte, parfois maître d’ouvrage, dont l’exercice se rapproche de l’AMO.

  • L'usage est subjectif : entretien avec Umberto Napolitano (LAN Architecture)

    Alors que la rue de Popincourt est étrangement vide ce jeudi 1er mai, je m’engouffre dans l’entrée d’un garage du siècle dernier réhabilité en bureaux par les architectes de LAN. Je prends l’ascenseur jusqu’au quatrième et j’entre dans l’extension en bois aujourd’hui déserte qui s’étend sur deux niveaux pour accueillir les locaux de l’agence. Ce projet manifeste semble avoir été pensé dans les moindres détails pour définir une succession de lieux à fois très caractérisés et totalement indéfinis, permettant à chaque collaborateur de l’entreprise de travailler comme il l’entend…
    Après une courte discussion avec Bianca – la jeune architecte milanaise qui s’occupe entre autres de la communication –, je reconnais à contre-jour la silhouette aristocratique d’Umberto Napolitano qui se découpe au centre du patio du cinquième étage. Il ne nous reste plus qu’à décider de l’emplacement le plus adéquat pour commencer notre entretien…

  • Logique de la sensation. Théâtre du Beauvaisis – scène nationale, Beauvais

    Pour construire la nouvelle scène régionale de Beauvais, inaugurée en janvier dernier, François Chochon et David Joulin se sont appuyés à la fois sur leurs acquis – le conservatoire d’Aubervilliers, l’UFR de biologie de l’université Paris 7… – qui témoignent d’un travail constant sur l’opacité, la pesanteur et la masse, à rebours de toutes les modes, et sur une analyse très fine des différentes strates composant l’histoire feuilletée de la ville.

  • MOA, MOE : une frontière à abattre

    Plusieurs raisons poussent les architectes à faire de la maîtrise d’ouvrage : générer leur propre carnet de commandes et mieux se rémunérer, en premier lieu. Pour certains, il s’agit aussi de reprendre le contrôle sur la fabrique du logement.

  • Norman Foster : "Tout m'inspire"

    L’exposition du Centre Pompidou consacrée à Norman Foster en 2023 s’ouvrait par une galerie obscure et remplie d’images qui « brillaient comme dans un coffret à bijoux ». Plusieurs dizaines de photographies prises par l’architecte tout au long de sa carrière étaient exposées bord à bord sur de longues tables-vitrines rétroéclairées, sans légende, sans hiérarchie et sans classement. Ainsi posées en préambule de l’exposition, ces images se donnaient à voir comme autant d’indices et de références destinés à éclairer son œuvre architecturale.

  • Perret, Walter, Pouillon : les architectes qui voulaient tout faire

    Amandine Diener, maîtresse de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture de Bretagne, l’affirme : « L’architecte François Spoerry a fait de nombreuses opérations immobilières en qualité de promoteur, avant de se lancer dans Port-Grimaud. » D’autres avant lui, au XXe siècle, ont empilé plusieurs métiers du bâtiment. Fernand Pouillon, bien sûr, mais aussi Jean Walter, l’architecte de l’hôpital Beaujon…

  • Rétrorama

    Représenter le monde en mouvement dans une image fixe était l’exploit des panoramas et des dioramas, spectacles immersifs plébiscités jusqu’au XXe siècle. L’architecte Alexandra Arènes en explore aujourd’hui le principe inversé avec des cartographies fluides qui questionnent les contours de la Terre. Retour sur une expérience collective oubliée, mais pas obsolète.

  • S’affranchir du concept de handicap : entretien avec Fany et Ankel Cérèse, fondateurs de l’Atelier AA

    Fondé par Fany et Ankel Cerese, l’Atelier AA – Architecture Humaine développe une architecture attentive aux situations de fragilité, notamment dans les secteurs médico-social et institutionnel. Leur pratique s’accompagne d’une réflexion critique sur les outils et concepts mobilisés par la profession. Dans leur ouvrage collectif S’affranchir du concept de handicap – Critique constructive d’une notion obsolète1 (In Press, 2022), les deux architectes appellent à dépasser une approche strictement normative et compensatoire du handicap pour lui substituer une véritable logique inclusive. Entretien croisé.