Léger comme la pierre

Rédigé par Olivier NAMIAS
Publié le 11/07/2012

Article paru dans le d'A n°210

Montée sur un nid-d'abeilles, la pierre s'installe sans effort en sous-face de cette barrière de péage dessinée par l'agence Beguin & Macchini. Le procédé existe depuis quelques années, mais il fait l'objet aujourd'hui d'un avis technique. La nouveauté est également que ce petit miracle a vocation à s'appliquer à d'autres matériaux que la pierre, voire à d'autres formes que le plan.
Architecture et autoroute ne sont pas forcément incompatibles : avant la privatisation du réseau autoroutier français, la société ASF nourrissait des ambitions architecturales réelles. Avec diverses aires de stationnement, la barrière de péage de Béziers fait partie de ces projets qui entendaient emmener l'équipement autoroutier au-delà de sa dimension fonctionnelle. Octroi moderne, elle symbolise une porte de la ville pour l'automobiliste ; c'est pourquoi l'agence Beguin & Macchini entendait lui donner une architecture « moderno-régionaliste ». Les architectes souhaitaient que l'édicule soit en pierre dans ses parties verticales aussi bien qu'horizontales, c'est-à-dire sur la sous-face de l'auvent, parfaitement visible par l'automobiliste.


Sur ossature métallique

La structure de la barrière de péage est entièrement métallique. Il s'agissait de franchir légèrement de grandes portées, les points porteurs verticaux venant perturber le fonctionnement des guichets. Ces derniers sont en effet équipés de toute une série de réseaux, assurant notamment le transfert d'argent.

Dès le début du projet, les architectes pensaient employer un matériau composite constitué d'un panneau de nids-d'abeilles en aluminium et d'un revêtement pierre de 6 mm. Utilisant pour base un produit de l'industrie aéronautique, ce procédé apparu sur le marché il y a une dizaine d'années n'entraîne qu'une faible surcharge. Son poids au mètre carré est de 12 kilos, contre 90 kilos pour la pierre agrafée. Il permet de produire des éléments de grandes dimensions. Les panneaux horizontaux de la barrière de péage sont des plateaux de 120 x 240 cm de long. Cependant, à l'époque du chantier, l'avis technique, qui ne concernait d'ailleurs que la pose verticale du produit sur structure béton, était en cours d'obtention*. Une demande d'Atex (n° 1693) a été nécessaire pour effectuer la pose sur une charpente en métal.


Pierre et plus

Les panneaux ont été préfabriqués en atelier au Portugal, pays de provenance de la pierre calcaire moca-crème qui habille les supports en nids-d'abeilles. Ils ont été assemblés par modules de quatre à six unités sur des cadres en acier galvanisé, puis fixés à la structure primaire via des rails aluminium. Des platines spécialement conçues assurent le réglage de planéité de la sous-face. La fabrication en usine signifie souvent un gain de temps sur le chantier et un soin du détail. Ainsi, les faces latérales des panneaux exposés à la vue ont été fermées par une bande de pierre d'une dizaine de centimètres de large, assemblée à la plaque par une coupe à onglet, tandis que les joints étaient réalisés en résine élastomère.

Si, dans le cas d'un péage, ce souci du détail peut paraître excessif, il prend tout son sens dans les projets de façade ou d'intérieur, pour la réalisation de pilastres, par exemple, où il offre l'illusion d'une pierre monolithique. Ce n'est qu'un des aspects attractifs de ce procédé, qui peut également s'appliquer à des formes cintrées. Il peut même être mis au service de matériaux autres que la pierre : le verre émaillé, le Corian, par exemple, tout type de bardage où la grande dimension se place dans des situations plus ou moins acrobatiques.


* Il a été validé en février 2011. Avis technique 2/10-1412.


Maître d'ouvrage : ASF.

Maîtres d'œuvre : Beguin & Macchini architectes.

Bet : structure, Intégrale 4.

Programme : gare de péage et bâtiment d'exploitation sur A75-A9 Béziers.

Matériau : Stone Performance Process.

Coûts : auvent, 2,9 millions d'euros HT ; bâtiment, 2,3 millions d'euros HT.

Livraison : octobre 2010.


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