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L’exposition sur l’hôpital du futur de l’agence néerlandaise OMA présentée à la Biennale de Venise de 2021 annonçait la transformation de celui-ci en simple entrepôt de données. Mais depuis cinq ans les projections prennent une tout autre allure. Il est moins question de mutation technologique que de responsabilité écologique.

 Les prévisions sont désormais fondées sur les nouvelles connaissances scientifiques qui prouvent tout à la fois les effets négatifs du dérèglement climatique sur la santé et l’importance du secteur de la construction dans ce dérèglement. D’une part, « les effets du changement climatique pour une population mondiale de 9 milliards de personnes menacent de renverser un demi-siècle de progrès en termes de développement et de santé publique1 ». D’autre part, selon la version 2023 du rapport du Shift Project, Décarboner la santé pour soigner durablement, le secteur de la santé représente environ 8 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, soit près de 49 millions de tonnes de CO2. La moitié de celles-ci provient des achats de médicaments et de dispositifs médicaux, et 38 % proviennent du fonctionnement des établissements hospitaliers. Enfin, les concepts de one health (une seule santé) et de santé planétaire nous imposent aujourd’hui de penser ensemble la santé des humains et la santé des écosystèmes. 

Renverser la tendance

Il faut donc renverser la tendance contre-productive de constructions hospitalières qui limitent à terme la santé de ceux-là mêmes qu’elles entendent soigner. L’hôpital se voit alors doté d’un nouveau rôle : durable et décarboné, il doit préserver la santé de ses usagers, mais aussi contribuer à l’amélioration des conditions de vie des habitants de son quartier. Pour y parvenir, plusieurs pistes sont d’ores et déjà explorées par le projet du Nouvel Hôpital universitaire Saint-Ouen Grand Paris Nord par le Renzo Piano Building Workshop (RPBW), associé à Brunet Saunier & Associés architectes. Le futur hôpital propose notamment un usage intelligent des toitures et qui multiplie les dispositifs passifs pour améliorer le confort thermique de l’édifice.

La végétalisation des toitures présente de nombreux bénéfices, tant pour le climat que pour la gestion du bâtiment et la distraction des usagers qui y auront accès. L’atelier RPBW indique que l’hôpital comportera 15 000 m2 d’espaces végétalisés, répartis entre les patios et la toiture terrasse. La toiture végétalisée une meilleure gestion des eaux pluviales et contribuant à la réduction du phénomène d’îlot de chaleur en milieu urbain. Si ces surfaces de toiture sont en général employées pour les équipements techniques, une partie de ceux-ci ont été déplacés au dernier étage du bâtiment. La portion de la toiture ainsi libérée peut accueillir jusqu’à 1 mètre d’épaisseur de terre, dans laquelle il sera possible de planter une végétation haute et basse, favorisant l’installation d’une biodiversité en plus de faire de l’ombre aux promeneurs en plein ciel. Ces toitures deviennent de fait un vaste espace de déambulation, offrant plus de 1 kilomètre de cheminement. Elles articulent alors bénéfices pour le climat et pour la santé, en invitant ici à l’activité physique douce et en plein air des usagers.

 

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