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À Strasbourg, de 2022 à 2025, l’agence Richter architectes et associés a livré la réhabilitation de deux pavillons dans l’enceinte de l’hôpital : l’ancienne clinique ORL, devenue espace de travail pour des entreprises d’ingénierie médicale, et le pavillon Blum, ancien laboratoire et amphithéâtre, qui accueille désormais des restaurants et un tiers-lieu. Les hospices civils de Strasbourg ont ainsi fait le choix de conserver et de restaurer des pavillons dont les architectures sont tout à la fois liées au patrimoine hospitalier et appréciées des habitants du quartier. Si les nouvelles activités qu’ils accueillent ne sont pas médicales, elles restent néanmoins fortement liées au soin. Chercheurs, entrepreneurs, soignants et patients peuvent en bénéficier.

Maîtres d’ouvrage : Medtech Strasbourg / SERS

Maîtres d’œuvre : Richter architectes et associés

Surfaces SDP : existantes : 766 m2 ; créées : 96 m2 ; total : 862 m2

Coût : 3,1 millions d’euros HT

Calendrier : livraison, octobre 2025

 

Le soin est une longue histoire pour les hospices civils de Strasbourg, établis au sud du centre-ville depuis le XIIe siècle. Ces dernières décennies, le site a été largement transformé par la construction du nouvel hôpital civil dessiné par Claude Vasconi et livré en 2008. Cet hôpital monobloc de 90 000 m2 sur huit niveaux permet d’accueillir les activités médicales qui ne trouvaient plus leur place dans des vieux pavillons devenus obsolètes. Parmi ceux-ci, plusieurs ont été démolis et remplacés par des activités universitaires. Les pavillons ORL et Blum ont en revanche été conservés. Le pavillon ORL, édifié en 1928, est l’œuvre des architectes allemands Paul et Karl Bonatz. Les architectes de l’agence Richter ont souhaité valoriser ce qui fait la force de cet édifice : l’équilibre entre plein et vide, c’est-à-dire entre jardins et constructions, rythme qui se prolonge parmi tous les bâtiments de l’hôpital et qui répond aux besoins de soin tels qu’ils étaient présentés au début du XXe siècle : faire bénéficier aux malades des espaces de nature. L’ajout de petites constructions au fil du temps, dans les creux du bâti, avait toutefois fait perdre de sa lisibilité à l’édifice. La réhabilitation a donc été opérée par retraits.

Pour savoir quoi retirer et quoi reconstruire, l’agence Richter s’est livrée à un important travail d’archives. Les modifications rendues nécessaires par le nouveau programme ont trouvé à se loger dans les écarts constatés entre les plans initiaux du bâtiment et l’existant. Une partie des bureaux ont ainsi été installés dans le toit. La charpente, construite après coup et différente des esquisses laissées par les frères Bonatz, a été entièrement déposée et remplacée par une nouvelle structure permettant l’occupation des combles. Les architectes ont aussi rendu à l’édifice son apparence d’antan. À l’extérieur, en grattant les enduits pour retrouver la couleur originale de la façade, en réouvrant les fenêtres obstruées et en reconstituant la trame de départ. À l’intérieur, en relevant et en reconstituant fidèlement les détails, comme les ébrasements arrondis des portes et fenêtres, malgré la reprise complète de l’isolation et des distributions. L’ajout d’un parquet en chêne restitue finalement le caractère cossu de cet édifice hospitalier. (...)

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