Penchons-nous sur ce petit concours exemplaire visant à reconstruire une salle polyvalente. Un nouvel équipement pouvant participer activement à la requalification de l’ensemble de Cendre, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Clermont-Ferrand. Le Cendre, une commune du Massif central sans qualité particulière qui se glisse sur la grande plaine agricole de la Limagne, bordée à l’ouest par la chaîne des Puys, cette ligne de volcans éteints qui ferme l’horizon. L’ancien village pressé autour de son église datant du XIXe siècle a depuis longtemps basculé dans la zone d’attraction de Clermont-Ferrand, la très proche capitale régionale. Ce centre ancien d’une certaine densité s’est ainsi inexorablement entouré d’une vaste couronne d’habitat individuel qui semble l’étouffer.C’est dans ce contexte que les édiles, soucieux de revitaliser leur commune endormie, ont décidé de lancer une consultation d’architectes pour reconstruire leur salle polyvalente en lui adjoignant un parc et des espaces associatifs afin de l’imaginer comme le cœur d’un grand espace de convivialité. La salle actuelle, toujours en activité – conçue à la va-vite dans les années 1970 comme une solution provisoire pour accueillir sports, concerts, salons et autres activités communales… –, a depuis longtemps dépassé sa date de péremption et menace à tout moment de s’effondrer sur ses occupants. Le verdict est sans appel, sa structure composée de grandes arches en lamellés-collés et sa couverture hémicylindrique en bac acier ne peuvent pas être réhabilitées et doivent être déposées.Complétée au nord par une petite crèche préfabriquée qui vient d’être restaurée et qui longe la route des Martres, l’axe majeur nord-sud qui structure l’agglomération, la salle s’entoure aujourd’hui de la vaste surface asphaltée de son parc de stationnement. Mais son emplacement à la jonction du village et de la zone pavillonnaire est réellement stratégique. Ce terrain en cuvette et en contrebas de plusieurs mètres des voies le bordant au sud et qui suit à l’ouest le cours de l’Auzon – un affluent impétueux de l’Ardèche au débit torrentiel – possède de nombreuses potentialités.Le choix des équipes en lice et en parfaite cohérence avec la situation. Ces jeunes agences installées en région – Boris Bouchet (lauréat) à Clermont-Ferrand, Link à Bordeaux et Stéphane Fernandez à Aix-en-Provence – ont toutes adopté une démarche paysagère. Mais leurs propositions architecturales, toutes écoresponsables, savent cependant se singulariser. La première opte pour une construction unitaire et massive qui affirme un certain caractère institutionnel, la seconde au contraire dissocie les deux programmes pour provoquer des interactions, tandis que la dernière différencie clairement la grande salle des locaux associatifs, qui prennent la forme d’une bande active au service d’un parc considéré comme un espace architectural englobant. (...) $##$
exergueLes édiles, (...)
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