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Livres
Frédéric EDELMANN logo
16 octobre 2014

Made by Chinese

Cette aventure éditoriale est née d’une commande du galeriste Enrico Navarra et de Sébastien Moreu. Sur le fond, nous avons repris quelques principes qui nous guident dans notre travail de critique. Le premier de ces principes est de ne pas écrire une ligne qui ne soit fondée sur une connaissance réelle, in situ, des édifices ou des ensembles urbains que nous incluons dans notre sélection. Ainsi, sauf exception, l’équipe que nous avons formée a pu voir la totalité des projets réunis dans ces pages même si quelques-uns, très rares, n’ont pas reçu la visite de tous les membres de notre petit groupe. Un groupe que je voudrais saluer ici.

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Livres
Jean-Pierre COUSIN logo
11 septembre 2014

Lina Bo Bardi 100 - Brazil’s Alternative Path To Modernism

Lina Bo Bardi aurait eu 100 ans le 5 décembre 2014. Au musée d’Architecture de l’université technique de Munich, une exposition présente jusqu’au 22 février 2015 son parcours, depuis ses collaborations dans les revues de Gio Ponti dans l’Italie des années 1930-1940 jusqu’à son engagement, interrompu par sa mort en 1992, dans les enjeux culturels et sociaux de son pays d’adoption, le Brésil.

Cet épais « catalogue » s’impose comme l’ouvrage de référence pour saisir l’ensemble de l’œuvre, sur le plan historique et personnel, dans les cadres successifs de l’Italie puis du Brésil, et de leurs dictatures respectives. Il ne s’agit pas d’un classique « coffee table book » en quadrichromie flamboyante sur papier couché. Dix essais très documentés et illustrés abordent les relations complexes de Lina Bo Bardi aux cultures vernaculaires, au problème de leur conservation non momifiée, au théâtre et à l’architecture « pauvres ». Ses positions à l’égard de la politique sociale et économique du Brésil de son temps sont déterminantes pour son travail.

Quatorze projets d’architecture et d’urbanisme configurent l’essentiel de son œuvre : ce qui est très peu au regard des normes actuelles de production internationales. Également designer, scénographe, artiste, critique et directrice de musée, connue pour un franc-parler parfois fracassant, travaillant avec des équipes très réduites, Lina Bo Bardi a effectivement mis la main à tout ce qui porte son nom. Quitte à être taxée d’amateurisme pour cette diversité, ou pour l’éloquente simplicité de ses dessins – « naïfs », a-t-on dit. Le MASP, le musée d’Art de Sao Paulo qu’elle livra en 1968, a été de son côté l’objet de nombreux procès d’intention et dénaturé ; pour son édification personnelle, le lecteur se rapportera aux essais qui lui sont consacrés ici.

Pour le livre et l’exposition, un important état des lieux a été réalisé en 2014 par le photographe Markus Lanz, d’un point de vue contemporain, avec une sensibilité absorbant les mauvais coups du sort.



Lina Bo Bardi 100 - Brazil’s Alternative Path To Modernism, sous la direction d’Andres Lepik et Vera Simone Bader, Hatje Cantz, 368 pages, 49.80 euros.



À lire dans d'a 232 : 2014. La sélection des livres de la rédaction

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Emmanuel CAILLE logo
11 septembre 2014

Portfolios Modernes Art Déco

Il suffit aujourd’hui d’envoyer quelques fichiers numériques à un imprimeur en Estonie pour recevoir huit jours plus tard son « book » en quadrichromie. Mais du début du XXe siècle aux années cinquante, un autre type de document mobilisait l’attention des architectes et des artistes : le portfolio, soit une pochette – ou carton – contenant des feuilles non reliées présentant les œuvres dont on souhaite faire la promotion.

De Paul Poiret à Pierre Chareau, en passant par Le Corbusier et les protagonistes du Bauhaus, tous l’ont utilisé. Les éditions Norma, sous la direction de Francis M. Lamond et Stéphane-Jacques Addade, on réunit près de 1 500 illustrations pour réaliser un superbe livre de 600 pages relatant les grandes heures du portfolio.



Portfolios Modernes Art Déco, sous la direction de Francis M. Lamond et Stéphane-Jacques Addade, Éditions Norma, 608 pages, 150 euros.



À lire dans d'a 232 : 2014. La sélection des livres de la rédaction

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Emmanuel CAILLE logo
11 septembre 2014

Jardins de guerre, les cimetières britanniques sur le front ouest

Voilà un livre qui par son sujet risque de passer inaperçu malgré le regain d’intérêt que cette année commémorative offre au premier conflit mondial. Ce serait dommage, car l’ouvrage de Frank Rambert, d’une ambition peu commune, est un des meilleurs livres parus cette année : ne se réduisant pas, loin de là, à un livre d’architecture, il mêle récit historique et géographique, biographie, essai architectural et journal personnel, trahissant une volonté littéraire que ne dément pas une érudition qui a plus à faire avec la philosophie et la littérature qu’avec l’histoire ou l’architecture. Il faut d’abord faire un sort à l’idée que le sujet – les cimetières britanniques sur le front ouest – pourrait être anecdotique ou rébarbatif. Frank Rambert convainc rapidement de sa pertinence en montrant combien les enjeux qu’il soulève sont universels. Il faut espérer que son ouvrage passionnant sortira de l’oubli une entreprise architecturale et paysagère exceptionnelle : dès avant la fin du conflit, les Britanniques décident d’enterrer et de commémorer leurs morts sur le lieu même des combats. Ce sont 967 cimetières qui seront ainsi édifiés sur l’ancienne ligne de front par l’Imperial War Grave Commission sous l’égide de Fabian Ware. Quatre des plus grands architectes anglais issus du mouvement Arts & Crafts concevront ces sites : Herbert Baker, Reginald Blomfield, Charles Holden et Edwin Lutyens, le plus célèbre, auquel la grande paysagiste Gertrude Jekyll apporta sa contribution. De ces lieux que l’on ne fréquente qu’en lisière de nos cimetières communaux, on ne retient bien souvent que la qualité du gazon. La seule comparaison avec les sinistres et emphatiques sites français suffit à mettre en valeur la richesse avec laquelle ces carrés de terre britannique se sont inscrits dans le paysage. Loin de toute représentation figurative de la guerre, de la douleur ou de la mort, leur qualité d’abstraction et de distanciation leur permet d’échapper à la morbidité de nos ossuaires. L’intensité du rapport qu’ils établissent avec les paysages auxquels ils se confrontent, le dessin et la mise en œuvre de chaque édicule, muret, pierre ou sol, les matériaux choisis en font de parfaites leçons d’architecture. Est-il besoin d’ajouter que ces lieux magnifiques, parfaitement entretenus, sont proches de nous, accessibles et libres d’accès ?



Jardins de guerre, les cimetières britanniques sur le front ouest, Frank Rambert, MétisPresses, 272 pages, 38 euros.



À lire dans d'a 232 : 2014. La sélection des livres de la rédaction

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Jilliane Pollak logo
11 septembre 2014

New York 1945-1965

Ce trio de spécialistes (Annie Cohen-Solal sur les Arts plastiques, Paul Goldberger sur l'architecture et le design, et Robert Gottlieb sur les arts du spectacle) explique comment, de 1945 à 1965, New York est devenue la capitale culturelle du monde, en analysant tour à tour les différents courants artistiques de l'après-guerre. Abondamment illustrée par des documents d'époque, cette histoire de la ville revient aussi sur la constitution du paysage new-yorkais, avec la construction de bâtiments emblématiques, tels que le siège des Nations Unis ou le musée Guggenheim.



New York 1945-1965, Annie Cohen-Solal, Paul Goldberger, Robert Gottlieb, Éditions Hazan, 400 pages, 35 euros.

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