Comment devient-on architecte ? Paul Chemetov.
16 x 24 cm, 128 p., Parenthèses, 22 euros.
Est-ce un hasard du calendrier ? Voici, chez la même maison d’édition marseillaise qui a eu la bonne fortune de donner à lire en français de nombreux propos de praticiens (parmi lesquels Gregotti, Souto de Moura, Rossi, Aalto ou Moneo), trois textes d’architectes praticiens dans leur nonantaine, richement illustrés par leurs propres dessins : trois hommes très connus qui ont écrit – un peu ou beaucoup. Les deux premiers de ce trio sont de langue lusophone et prix Pritzker, tandis que le dernier a marqué, par ses prises de position, le paysage intellectuel et professionnel de l’Hexagone.
Le livre de Chemetov, polygraphe auteur de près de vingt titres, relève du genre des mémoires et tisse, en douze petits chapitres, histoire personnelle et réflexions sur la ville. Le recueil de 35 textes souvent répétitifs de Mendes da Rocha, dont une bonne part prend la forme d’entretiens et certains remplissent moins d’une page, a le mérite de révéler sa posture politique, son engagement dans l’enseignement et sa conception de la ville brésilienne. Quant au volume de Siza, scandé par ses magnifiques dessins à main levée, il réunit 65 textes denses et poétiques, écrits sur près de soixante années. Par-delà leur intérêt documentaire, ils donnent un réel plaisir de lecture – sans doute dû à la traduction et la présentation du fidèle passeur français de l’architecte lisboète, Dominique Machabert (également traducteur en 2012, chez le même éditeur, du volume Imaginer l’évidence). Jamais livre n’aura si mal porté son titre !