Comment structurer le rangement de ses archives ou vider une agence ? Certains architectes sont confrontés à ces questions, s’interrogent sur les lieux d’accueil possibles et sur les conditions de valorisation des fonds. En dehors du Centre Pompidou, du Centre canadien d’architecture ou du FRAC d’Orléans, c’est le Centre d’archives d’architecture contemporaine de la Cité de l’architecture et du patrimoine qui accueille la très grande partie de ces documents. Nous avons interrogé son directeur, David Peyceré, sur les enjeux de cette mission.

 

D’a : Fondé en 1986 et rattaché à la Cité de l’architecture et du patrimoine, le Centre d’archives d’architecture contemporaine (CAAC) que vous dirigez est le plus important de France. Pouvez-vous nous rappeler sa mission ?

David Peyceré : Le Centre d’archives d’architecture contemporaine est l’unique centre d’archives français entièrement consacré à cette typologie de documents. Il collecte les archives des architectes, urbanistes, ingénieurs ou décorateurs français actifs à partir de la fin du XIXe siècle. La sauvegarde, le traitement, la communication au public et la valorisation complètent cette mission. Les fonds réunis lui sont pour la plupart, juridiquement, affectés par l’État (ministère de la Culture) ; certains sont des dépôts de l’Académie d’architecture ou du Conservatoire national des arts et métiers.

 

D’a : Combien de fonds conservez-vous ?

Environ 420 fonds représentatifs de nombreuses périodes et tendances de l’architecture française, de la fin du XIXe au début du XXIe siècle : à titre d’exemples, les archives de pionniers du béton armé (François Hennebique, Auguste Perret), d’architectes Art déco (Louis Bonnier, Henri Sauvage, Jean-Charles Moreux) ou représentants du mouvement moderne (André Lurçat, Georges-Henri Pingusson), de grands acteurs de l’équipement de la France d’après-guerre (Georges Candilis, Émile Aillaud, Bernard Zehrfuss, Jean Dubuisson, Guillaume Gillet, Louis Arretche), de représentants des mutations de l’architecture à la fin du XXe siècle (Adrien Fainsilber, Bernard Huet, Renée Gailhoustet), de figures singulières (Roger Le Flanchec, André Bruyère). La collecte récente est orientée vers les principales tendances de l’architecture des dernières décennies, des années 1980 aux premières décennies du XXIe siècle : renouveau de l’architecture domestique, rapprochement avec les arts plastiques, problématiques environnementales, etc. Parmi les derniers fonds collectés, on peut citer ceux de Jean-Pierre Buffi, Roland Schweitzer, Christian Hauvette, François Seigneur, Rémy Butler, Édith et Olivier Girard, Paul Chemetov ou Franck Hammoutène.  (...)

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