n°329 - octobre 2025

  • Architectes, quel destin pour vos archives ? Entretien avec David Peyceré, directeur du CAAC

    Comment structurer le rangement de ses archives ou vider une agence ? Certains architectes sont confrontés à ces questions, s’interrogent sur les lieux d’accueil possibles et sur les conditions de valorisation des fonds. En dehors du Centre Pompidou, du Centre canadien d’architecture ou du FRAC d’Orléans, c’est le Centre d’archives d’architecture contemporaine de la Cité de l’architecture et du patrimoine qui accueille la très grande partie de ces documents. Nous avons interrogé son directeur, David Peyceré, sur les enjeux de cette mission.

  • Batia Suter - Fantômes d’images

    En s’appropriant les images imprimées dans la presse ou les livres, certains artistes ont fait de la photographie « trouvée » la matière première de leurs œuvres. Sans usurpation, car toujours l’emprunt est visible et surtout revendiqué. Cet art de la citation et du réemploi, pour utiliser un terme plutôt associé à l’architecture, concerne ceux que l’on appelle aujourd’hui les « artistes iconographes ». Une famille disparate dont fait partie Batia Suter, son œuvre relevant autant de l’iconographie (comme pratique) que de la photographie (comme source).

  • En vase clos : Concours pour l'extension de l'hôtel de ville de Firminy

    Comment imaginer une extension importante à l’intérieur d’un îlot déjà saturé de constructions ? C’est à cette question qu’ont été confrontées les équipes sélectionnées pour l’extension de l’hôtel de ville de Firminy, comprenant de nouveaux locaux pour les services municipaux mais une aussi une médiathèque et des archives, des équipements réclamant une grande ouverture sur la ville.

  • Faire parpaing Critique constructive d’un matériau aussi plébiscité que discrédité

    Face à la crise du bâtiment et au réchauffement climatique, l’agence SAME explore les vertus oubliées du parpaing, entre régulation thermique passive, esthétique brute et hypothèse d’une façade alternative, accessible, poreuse et reproductible.

  • Fresh Touch - Entretien avec Éric de Broche des Combes, créateur de l’agence Luxigon

    Quel est l’impact de l’IA sur les images d’architecture ? S’il est difficile de répondre à une question dont les termes auxquels elle s’attache évoluent à une vitesse inédite, nous avons essayé d’apporter quelques éléments de réponse avec Éric de Broche des Combes, créateur de Luxigon, l’agence cool et rock qui a taillé en 3D les projets pionniers de Rex ou de MVRDV au début des années 2000.

  • Là où l’IA fait mal

    Les architectes formés avant les années 2000 ont vécu une transformation totale de la conception du projet. Le croquis a fait place aux instructions machine. Évolution darwinienne ou main-basse de la maîtrise d’ouvrage sur la profession ?

  • La sélection de produits - Octobre 2025

    Du parpaing d’argile à la brique calibrée, des panneaux préfabriqués sablés aux vitrages sous vide, les projets réunis dans ce dossier témoignent d’une même réalité : l’architecture ne se joue pas seulement dans l’invention spectaculaire, mais dans la capacité à requalifier des matériaux communs et à ajuster des procédés industriels. Les façades deviennent alors des terrains d’expérimentation où se confrontent réglementation, budgets contraints et ambitions architecturales. Entre la relecture critique du parpaing par SAME, les « ravioles » préfabriquées de Vazistas, la réhabilitation calibrée de la tour Ariane et les innovations produits qui étendent la palette des possibles, se dessine une voie faite de compromis assumés et de rigueur constructive. Ici, la technique n’est ni arrière-plan ni artifice : elle est motrice du projet, révélant comment l’existant, l’ordinaire et le standard peuvent encore être sources de formes et de performances nouvelles.

  • La voix de l’architecture - François Chaslin (1948-2025)

    Avec la mort de François Chaslin dans la rade de Brest sur la plage de Lanildut le 7 août dernier, c’est la dernière des quatre figures françaises du monde de la critique et de l’histoire de l’architecture de ce demi-siècle qui vient de disparaître en seulement deux années. Précisément deux ans jour pour jour après la mort accidentelle de son ami d’adolescence l’architecte et historien Jean-Louis Cohen. L’architecte et urbaniste Philippe Panerai était décédé trois mois plus tôt et l’architecte et théoricien Jacques Lucan le sera deux mois plus tard.

  • Le cadeau d’un tiers-lieu caché Maison Flow, Vannes

    La Maison Flow – projet de transformation en tiers-lieu, mené par Office Zola architectes – a révélé le potentiel caché d’un ensemble patrimonial délaissé et enclavé en lui offrant une nouvelle vie. Un équipement centré sur le bien-être, le travail et la convivialité, conçu pour accueillir aussi bien les habitués que les visiteurs de passage, dans une atmosphère chaleureuse et ouverte. À travers cette réappropriation, c’est un morceau de mémoire industrielle et urbaine de Vannes qui retrouve sa place dans la ville.

  • Le goût des ravioles (de béton) Groupe scolaire Aimé-Césaire à Villenave-d’Ornon (33) par l’agence Vazistas

    À Villenave-d’Ornon, le groupe scolaire Aimé-Césaire signé par l’agence Vazistas transforme la préfabrication béton en manifeste géométrique : façades « ravioles » et menuiseries en losanges allient efficacité constructive et identité architecturale.

  • Les fantômes du réel*

    Peut-on comparer la révolution que nous promet la génération d’images par intelligence artificielle à celle que l’invention de la photographie a provoquée dans le monde de la peinture ? L’IA va-t-elle supplanter et corrompre l’art « grâce à l’alliance naturelle qu’elle trouvera dans la sottise de la multitude » comme le déplorait Baudelaire en 1859 ? Si les enjeux de l’IA sont vertigineux - comme il est désormais convenu de qualifier ce sujet – nous avons voulu dans ce numéro d’octobre les circonscrire à la question de la représentation architecturale.

  • L’avenir est-il dans la sciure ?

    Ressource naturelle, le bois a toujours occupé une place clé dans l’industrie manufacturière. Néanmoins, face aux enjeux environnementaux, il devient urgent de repenser les manières dont il est obtenu et transformé, notamment dans le secteur du design. Pour y répondre, une alternative innovante est proposée avec ce composite conçu à partir de sciure récupérée dans des scieries, transformée en mobilier grâce à la technologie d’impression 3D.

  • Micro-architecture savante Transformation d’un cinéma associatif à Roanne, Loire

    Avec un budget limité mais une implication forte sur le chantier, Antoine Barjon, fondateur de REMAKE Architectes en 2019, parvient à remodeler en profondeur le visage et le fonctionnement d’un petit cinéma associatif, l’Espace Renoir, et à remettre en musique une situation urbaine composite dans le centre-ville de Roanne.

  • Olivier Campagne, au-delà du réel

    ci dessus : Image réalisée dans le cadre de l'exposition "Structure de la contingence" du bureau GNWA, à la Galerie d'Architecture en 2024 à Paris, sur la base de la structure de leur projet de Centre sportif à Plaffeien (Suisse).

     

    Il y a quelques années, lors d’un trek urbex dans le grand Berlin, à la question banale que je posais à l’un des participants – de quel·les architectes françai·ses suivait-il le travail ? –, la réponse claire, directe, fusa : Olivier Campagne. Quelque peu surpris que celui que beaucoup ne considèrent alors que comme un illustrateur pour concours d’architecture arrive en tête du palmarès d’un jeune architecte allemand, je me rappelais bien sûr le rôle que celui-ci avait joué dans l’émergence et l’identification du mouvement du Nouveau Réalisme1 français en Allemagne. Il avait été celui qui avait contribué à cristalliser l’esthétique clinique d’une architecture néorationaliste et postbrutaliste, célébrée alors comme une renaissance de la scène française. L’apparition dès 2022 du compte Instagram de l’avatar d’Olivier Campagne dans le tout nouveau monde de l’IA générative – le maintenant fameux Oliver Country – continuerait de forger l’image d’un créateur précurseur que la modestie et la rareté du personnage ne feraient que confirmer.

  • Par soustraction École Pierre-et-Colette-Soulages, Montpellier

    Dans une attitude à l’égard du patrimoine aussi exigeante que décomplexée, les architectes de NAS ont transformé un ensemble bâti à l’histoire tumultueuse en groupe scolaire. D’abord en détournant la commande initiale, puis en évaluant chaque intervention au prisme de l’usage, oscillant entre respect de l’histoire et radicalité lorsqu’elle est jugée nécessaire. Ce projet vient de recevoir le Prix d’architectures 10+1 2025.

  • Paysage emprunté L’école de musique, de danse et de théâtre, Sallanches, Haute-Savoie

    L’école de musique, de danse et de théâtre de Sallanches, située dans la vallée de l’Arve en Haute-Savoie, a obtenu de Grand Prix de la critique 2025 décerné par notre revue. Réalisée par l’agence LiNk, associée à DLD architectes, elle fut unanimement saluée par les jurés qui l’ont visitée pour son intelligence de situation, ses qualités typologiques et spatiales ainsi que pour le raffinement de son écriture architecturale, servi par une exécution remarquable.

  • Réservoir A : Learning from Charleroi

    Réservoir A : le nom rappelle le titre d’un film de Tarantino mais désigne aussi un collectif d’architectes qui semble avoir trouvé dans la ville où il s’est constitué les principes même de sa démarche.

  • Tour Ariane : réinventer sans effacer

    Rénovée par La Nouvelle AOM, la tour Ariane conjugue rigueur technique et respect du dessin original pour répondre aux nouveaux standards énergétiques et d’usages sans renier son identité.