Comment s’inscrire activement dans un nouveau quartier métropolitain chargé d’insuffler de l’animation dans une vaste zone grevée d’emprises universitaires pratiquement impénétrables ? Comment conjurer définitivement la difficile sortie de terre d’une ville immergée dans la campagne ? Deux des multiples questions auxquelles ont dû répondre les équipes en lice pour l’aménagement du lot MD11 sur le campus de Saclay…
Retour sur le plateau de Saclay, le laboratoire de l’architecture à la française… Plus exactement dans le quartier du Moulon : entre l’avenue des Sciences – le grand axe est/ouest desservant notamment l’École normale supérieure de Renzo Piano, le Lumen de Beaudouin et MGM ou le pôle Biologie-Pharmacie-Chimie de Bernard Tschumi – et la lisière des champs qui semblent s’étendre à l’infini. Là, derrière la future gare de la ligne 18 et lové dans la courbe du viaduc du métro, doit s’étendre un quartier mélangeant intimement activités et logements, pour insuffler un peu de vie sociale dans cette zone grevée de grandes enclaves monofonctionnelles, qu’elles soient universitaires, tertiaires, sportives ou résidentielles.
SUPERPOSITION
Dans la boucle formée par le viaduc du métro qui culmine à 9 mètres de hauteur, un « Loop » pouvant abriter toutes sortes d’échanges éphémères, les architectes-urbanistes de l’atelier germe & JAM ont cherché à établir un quartier résolument mixte et métropolitain. Ils ont donc défini un ensemble de lots composés de socles d’activités, correspondant à la hauteur du viaduc, sur lesquels viennent se plugger des blocs de logements ouverts sans entraves sur le grand paysage…
Ainsi le lot MD11 – l’objet de ce concours – situé derrière la nouvelle gare, doit-il comporter, en sous-sol, un parking de 150 places ; au rez-de-chaussée et à l’entresol, quatre terrains d’urban soccer et quatre courts de padel accompagnés de murs d’escalade et d’une salle de fitness ; et enfin, en superstructure, des plots de logements en accession…
Glisser le programme sportif dans ce socle était presque aussi difficile que de faire entrer quatre éléphants dans une deux-chevaux. Aussi seuls Marc Barani (lauréat) et COSA y sont parvenus. Les deux autres équipes ont botté en touche, préférant poser le problème autrement en séparant : côté rue Sophie-Germain (l’entrée dans le quartier depuis la départementale), des logements juchés sur deux étages d’activités ; côté parcelle mitoyenne, une halle accueillant les sports collectifs. (...)