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Lancée en fanfare au mois de mars 2025 à la Cité de l’architecture et du patrimoine quand les équipes « internationales » en compétition ont été sélectionnées, cette consultation voulue par le président de la République s’est achevée en décembre dernier avec l’annonce des lauréats et une exposition très pertinente de l’ensemble des projets.

Cette consultation, initiée par le Président et guidée par Jean-Baptiste Marie, le directeur général du GIP EPAU (groupement d’intérêt public à vocation interministérielle Europe des Projets architecturaux et urbains), s’est portée sur dix sites en crise répartis sur l’ensemble du territoire français. Des lieux renvoyant le plus souvent, mais non exclusivement, aux grands programmes de logements construits dans l’après-guerre et présentant des pathologies très diverses.

Loin d’un simple concours traditionnel où les architectes rendent un projet en suivant un cahier des charges très précis, les trois équipes de conception pluridisciplinaires retenues sur chaque site, parfois mandatées par des paysagistes, ont dû s’engager corps et âme pendant plus de neuf mois dans une procédure beaucoup plus prégnante et divisée en trois étapes – analyse des différentes situations, définition du programme adéquat et avant-projet architectural – en collaboration étroite avec les municipalités concernées, les représentants de l’État et des collectifs d’usagers qui ont participé au jury final.

Il est important de relever que, pour une fois, tous les projets, considérés comme des œuvres architecturales et comme des travaux intellectuels à part entière, ont été parfaitement valorisés lors des journées de restitution des débats ainsi que par la grande exposition destinée à l’itinérance organisée par la Cité de l’architecture, suivie d’un ouvrage illustré édité chez Flammarion et d’un site web très bien conçu et très facile d’accès. Je tiens aussi à souligner que les propositions remises sont toutes très pertinentes et témoignent des questionnements qui traversent une profession de plus en plus confrontée aux problèmes liés à la réhabilitation. Elles rendent compte d’une nouvelle attitude dominante respectueuse de l’existant, notamment théorisée par Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal…

Je ne vais pas me lancer dans une analyse exhaustive de chaque concours et permettez-moi – sans contester le moins du monde le choix des jurys — de vous proposer un parcours à travers cette France à la fois proche et lointaine en prenant pour guide des projets qui n’ont souvent pas été retenus mais qui m’ont paru emblématiques de la diversité des attitudes émergentes.

Rappelons aussi avant de commencer que Matignon a décidé fin décembre de couper drastiquement les crédits du GIP EPAU (voir notre article p. 32). Un choix qui, sans remettre en cause la poursuite de ces opérations, en rend toutefois la mise en œuvre plus difficile, notamment pour les plus fragiles financièrement, et qui risque de compromettre leur dimension expérimentale jusque-là principalement garantie par l’État.

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