Sans transition, Une nouvelle histoire de l’énergie, Jean-Baptiste Fressoz, Écoscène Seuil.
14 x 19 cm, 412 p., 24 euros.
Rarement des livres démontrent avec une telle évidence combien nous ne voyons pas ce que nous ne voulons pas voir. L’histoire passionnante que raconte Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l’environnement, est celle d’une illusion : les nouvelles formes d’énergie réduiraient la consommation de celle qu’elles remplacent – le charbon succédant au bois puis le pétrole au charbon, le nucléaire au pétrole et les énergies renouvelables au nucléaire. Au contraire, montre-t-il, l’utilisation du bois dans l’exploitation minière par exemple en a décuplé l’emploi. De même, on n’a jamais autant extrait de charbon qu’en 2023. La démonstration de Fressoz est limpide : il faut certes développer les énergies renouvelables, mais cela ne diminuera pas significativement la production d’énergies fossiles, il faut donc trouver d’autres voies que le technosolutionnisme. On le sait dans le bâtiment : l’emploi de matériaux biosourcés et recyclés, indispensable, ne fait pas baisser celui des autres matériaux.