23 x 16 cm, 360 p., 28 euros
L’ouvrage de Stéphane Bonzani est au contraire un exemple de ce que la recherche apporte à l’art d’édifier. À partir d’une recherche originale sur l’invention en architecture, cruciale dans un contexte de crise sociale et environnementale poussant à entièrement revoir les habitudes de conception et de construction, il soulève des pans immenses de la théorie et de la philosophie. Architecte, docteur en philosophie, chercheur au laboratoire Gerphau (ENSAPLV) et professeur à l’ENSA de Clermont-Ferrand, Stéphane Bonzani déplie un nombre colossal de sources.
Il examine des concepts aussi galvaudés que l’insertion dans le paysage ou la flexibilité des usages. Il passe au crible des vertus communément admises comme le réemploi, le recyclage, la durabilité… Il observe également les nombreuses contradictions de la discipline (la durée comme persistance ou comme variation, architecture comme technique ou comme outil…) en s’appuyant sur des exemples canoniques et contemporains (Simon Teyssou, Marc Barani, collectif Encore Heureux…). Les résultats de sa recherche rigoureuse détachent l’invention d’un geste fort qui fait table rase, et la rapprochent d’une opération d’ouverture des possibles, bien plus à même de nourrir l’habitabilité de l’existant et du futur.