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  • Architectures post-carbone

    Tandis que les acteurs du buzz médiatique s’écharpent pour savoir si Greta Thunberg est l’Antigone d’une nouvelle désobéissance civile ou la mascotte d’un écologisme bien-pensant, le monde de l’architecture réfléchit lentement à son avenir décarboné. La génération des bâtiments BBC basée sur l’optimisation de l’énergie d’usage ayant montré ses limites, la réflexion porte désormais sur la maîtrise de l’énergie grise, nécessaire pour extraire, fabriquer et mettre en œuvre les matériaux de construction. Nous redécouvrons ainsi la terre crue, la pierre et les matières biosourcées que la modernité avait délaissées. Un pas plus loin, c’est notre modèle de développement occidental né avec la révolution industrielle qui fait l’objet de vives critiques de plus en plus partagées. Le moment ne serait-il pas venu d’imaginer des scénarios post-carbones changeant radicalement notre rapport au vivant et à ses territoires ?

  • Back to basics

    La légende raconte qu’un journaliste demandant à Frank Lloyd Wright s’il n’était pas frustré de faire surtout des maisons se serait vu répondre par le maître nord-américain : « Il n’y a pas de petites architectures, il n’y a que des petits architectes. » Assurément, Gilles Perraudin est un grand architecte. La maison qu’il vient de terminer à Montélimar, dans une zone pavillonnaire ingrate, avec un budget modeste, est une œuvre de maturité qui revisite un certain nombre de questions fondamentales, en leur apportant à chaque fois une réponse limpide. Elle est aussi un manifeste critique à l’égard de la production standardisée contemporaine.
  • Campus Port-Royal, Paris 13e, Topos

    Maîtrise d’ouvrage : Epaurif pour l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

    Maîtrise d’œuvre : ChartierDalix architecture et design

    BET TCE :Egis Bâtiments

    BET HQE :Elioth

    Acousticien :Acoustb

    Paysagiste :D&H Paysages

    Consultants patrimoine : Grahal

    Programme : amphithéâtre de 500 places, 27 salles d’enseignement, 2 000 m2 SU de bibliothèque, 1 500 m2 de bureaux, deux logements de fonction

    Surface : 9 710 m2 SDP

    Coût : 22 millions d’euros HT

    Livraison : juin 2019

  • Céramiques en haute définition - Les innovations du Cersaie de Bologne

    Chaque année en septembre, le Cersaie de Bologne réunit le meilleur de la production de céramique. Au-delà d’un simple salon du carrelage, il s’agit désormais d’expositions de céramiques architecturales, portées par une centaine d’entreprises familiales situées dans le district de Sassuolo en Émilie-Romagne. Cette région qui concentre à elle seule 90 % de la production italienne est le territoire des plus grandes innovations. Tout en continuant de puiser son inspiration dans ses spécificités locales – à l’instar du ceppo di gré, qui habille les façades milanaises ou du seminato vénitien –, elle inonde le marché mondial de collections complexes et élaborées et de plaques grand format devenues très techniques, pour sols, murs et façades. Sans pour autant laisser de côté l’imitation de matériaux naturels, les fabricants se tournent aujourd’hui vers la recherche de nouveaux langages. Produits grâce à des outils numériques de pointe, les marbres sont transfigurés, colorés, exaltés, et conviendront pour des boutiques ou des restaurants. En parallèle, les effets de surface et de texture font naître des granularités inédites et vibrantes, à l’œil comme au toucher, à tel point que la céramique d’aujourd’hui est en passe de s’octroyer une certaine… « authenticité ».
  • Entretien avec Terunobu Fujimori : Comme si les modernes n’existaient pas…

    L’architecture moderne, il la connaît sans doute mieux que quiconque. À la fois historien et architecte, Terunobu Fujimori est une figure absolument incontournable de la scène architecturale japonaise, dont les investigations sur l’architecture commerciale et banale ont inspiré la jeune génération comme l’atelier Bow-Wow. Pourtant, comme s’il avait été immunisé par ses recherches universitaires, il va produire à partir de l’âge de 44 ans une série de constructions étonnantes et naïves qui interrogent – et agacent – par la liberté qu’elles prennent avec à peu près tout ce qui s’est fait au cours du XXe siècle. L’architecte, que nous sommes allés interviewer dans sa ville natale de Chino, se révèle aussi déroutant et stimulant que son architecture. Peu enclin à théoriser sa pratique, qu’il juge difficilement reproductible, il semble assez peu intéressé par l’écologie ou du moins par ceux qui s’en revendiquent, et rappelle avec malice à celui qui chercherait chez lui un engagement politique combien ceux des architectes modernes (Le Corbusier et plus encore Tange, dont il fut le seul biographe autorisé) ont été fluctuants. Auréolé des branchages qui s’échappent du fauteuil dans lequel il nous répond, Fujimori s’enthousiasme en revanche lorsqu’il évoque le premier style international – le seul qui l’intéresse en tant que concepteur –, celui des hommes du Néolithique…
  • Extension de la maison Becleu, Pléneuf-Val-André

    Maîtrise d’ouvrage : privé

    Maîtrise d’œuvre : Alain Guiheux et Dominique Rouillard

    BET : C&E ingénierie (Jean-Marc Weill) et Van Santen associés (Robert-Jan van Santen)

    Terrassements : Rouxel

    Pose des structures métalliques : Martin

    Menuiseries : Guinard

    Coût des travaux (bâtiment) : 187000 euros HT

    Programme : réaménagement d’une maison existante, création d’une terrasse en caillebotis de bois, construction de trois extensions, remodelage du sol et création d’une forêt légère de chênes verts

    Surfaces : réhabilitation : 150 m2, extensions : 225 m2, espaces extérieurs : 1050 m2, parc : 2,5 ha

    Calendrier : acquisition : juillet 1997; dépôt du premier permis de construire (refusé) pour la tour : 1998 ; chantier de la terrasse : 2001 ; chantier du pont : 2003-2005; chantier de la tour : 2005-2007; création de la structure couverte bornant à l’ouest la terrasse en caillebotis : 2012 ; extension de la terrasse vers l’ouest : 2020

  • Gare au loup !

    L’agence parisienne NZI réalise à Nogent-le-Rotrou une opération de 13 maisons construites en ossature bois et isolées en paille issue du territoire agricole du Perche. Ils expérimentent ainsi la possibilité de construire en circuit court, à partir des agroressources de la région.
  • Hauts bois

    Depuis une dizaine d’années, des bâtiments en bois de grande hauteur (BBGH) s’érigent un peu partout dans le monde et notamment en France. Surfant sur la vague écologique, ces constructions démontrent les capacités de la filière bois à concurrencer celles de l’acier et du béton sur le marché de l’immeuble urbain de grande échelle, principalement grâce aux récents développements des panneaux de bois contrecollés (ou CLT, pour cross-laminated timber).
  • L’hôpital aux urgences, Concours pour le nouvel Hôtel-Dieu - espace parvis

    Comment intervenir sur un bâtiment du XIXe siècle qui s’affirme comme un exemple majeur du rationalisme poétique ? Un édifice dont la longue gestation s’ancre au cœur du siècle des Lumières pour mieux annoncer l’architecture de Ludwig Hilberseimer comme celle d’Aldo Rossi…
  • Made In Camargue – Atelier Luma

    Tête chercheuse de la Fondation, l’Atelier Luma regroupe une équipe pluridisciplinaire constituée de designers, architectes, artisans, ingénieurs, botanistes et développeurs internationaux. Ici, les designers travaillent la matière, explorent les lieux de production, réfléchissent avec les biologistes, inventent de nouveaux usages, expérimentent. Ce bureau d’études repense et dynamise son territoire avec pour épicentre la ville d’Arles et la Camargue. L’objectif est d’utiliser de manière innovante et durable les ressources naturelles régionales que sont les algues, le sel, le tournesol, les argiles, les mauvaises herbes ou les coquilles de moules. Les recherches s’articulent autour de six thématiques qui sont : précieux déchets, produire (dans) la ville, mobilité vertueuse, hospitalité de demain, food circle et éducation circulaire.
  • Mémorial Rafiq Hariri, Beyrouth, Un mort dans l’espace public

    Maîtrise d’ouvrage : Har Études

    Maîtrise d’œuvre : Atelier Marc Barani ; Marc Barani, directeur de projet, Miléna Cestra, architecte Surface : 2 500 m2

    Coût :5,4 millions d’euros HT

    Calendrier : études : 2010-2012 ; chantier : 2012-février 2017

  • Petitdidierprioux De la masse, extraire des singularités

    En 2019, l’architecture a-t-elle encore une place dans la production bâtie ? Oui, semblent indiquer les projets de Cédric Petitdidier et Vincent Prioux, sous réserve de développer des méthodes et des stratégies à la fois rationnelles et sensibles.
  • Sammy Baloji, Congos, fragments d’une histoire

    Artiste né en 1978, Sammy Baloji est originaire du Katanga, ancienne province de la République démocratique du Congo, pays dont il explore les complexités et les violences. Le Point du Jour présente deux versants de son travail. L’une retrace à l’aide de documents et d’œuvres les relations inégales entre son pays et l’Europe, au XVIe siècle ou de nos jours. L’autre rend compte par la photographie et la vidéo de territoires urbains, ruraux et miniers de la RDC. Réfléchies, aiguisées, ses images révèlent des réalités locales et ce qui les sous-tend. C’est en cela qu’elles instruisent bien au-delà de leurs particularités.
  • Scénarios pour un monde post-carbone, Entretien avec Jean-François Blassel, architecte, ingénieur et maïtre de conférences

    Jean-François Blassel est professeur à l’ENSA de la ville et des territoires Paris-Est et dirige, avec Raphaël Ménard, la formation post-master « PoCa, Post-Carbone » qui interroge les mutations architecturales et urbaines liées à la crise environnementale contemporaine.
  • Tout changer pour que rien ne change

    Le secteur de la construction représente environ 25 % des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. L’accord de Paris, signé lors de la COP21, a confirmé l’engagement pris de diviser ce chiffre par quatre avec l’espoir que cette mesure permette de contenir l’élévation des températures du globe sous le seuil de 2 °C, ce qui est déjà une manière d’accepter une dégradation sensible des conditions de vie sur terre.
  • Un colibri au pays d’Airbus

    Le pôle culturel de Cornebarrieu conçu par Philippe Madec est situé tout près de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Tant à l’échelle du paysage que de ses matériaux, c’est un remarquable exemple d’architecture écologique. À la manière du colibri de Pierre Rabhi, l’architecte « fait sa part », dans le contexte ultra-carboné d’une aire suburbaine dédiée à l’industrie aéronautique. 
  • Une architecture relationnelle Musée de Folklore vie Frontalière (MUSEF), Mouscron, Belgique

    Maître d’ouvrage : Ville de Mouscron (Belgique)

    Maîtres d’œuvre : V+ et Projectiles, en « association momentanée » (architecture et scénographie), Taktyk (paysage)

    Entreprises : Dherte, Interconstruct

    Programme : rénovation et extension du musée de Folklore vie Frontalière

    Surface : 1 560 m2

    Coût : 4,2 millions d’euros HT

    Livraison : septembre 2019

  • « Retour d’expérimentation E+C- » Entretien avec Vincent Priori, ingénieur chez BE Inddigo

    Vincent Priori est ingénieur spécialisé dans la qualité environnementale des bâtiments (QEB), l’optimisation thermique et énergétique et les ENR. Il travaille au sein du BE Inddigo, un bureau d’études indépendant détenu par ses salariés et spécialisé dans la transition écologique. Depuis quelques années, ce bureau d’études participe à la conception de projets dans le cadre de l’expérimentation E+C-, préfiguration de la future réglementation environnementale RE2020.