d'architectures
Le magazine de la création architecturale
On sait que le Maroc a été – dès 1912 durant la période coloniale, mais aussi parfois après son indépendance dès 1956 – une remarquable nation-laboratoire où ont été expérimentées (souvent avec succès) des pratiques novatrices et « culturalistes » (selon Françoise Choay) d’urbanisme et d’architecture. Par contre, cette (re)connaissance ignorait jusqu’ici un champ de créativités complémentaires qui ont pourtant contribué à faire de ce pays un leader mondial : dans le domaine de la mise en œuvre d’une stratégie nationale de paysagisme urbain et d’un très séduisant réseau patrimonial de parcs et jardins publics. C’est le mérite de ce livre de Mounia Bennani, passionnant, élégamment rédigé et somptueusement illustré par une grande professionnelle marocaine que de combler enfin une sérieuse lacune historique, culturelle et écologique. Un intense plaisir de lecture devant servir de prélude à la découverte sensuelle, in situ au Maroc, d’un authentique génie du lieu de la modernité encore injustement méconnu.
Que dire de plus sur les cartes qui n’ait jamais été dit ? Sur ce sujet, les auteurs nous rappellent l’importance de l’exposition marquante « Cartes et figures de la terre » qui s’est tenue dans le tout jeune Centre Pompidou, en 1980. Le riche catalogue d’exposition d’alors, depuis longtemps épuisé, faisait se côtoyer géographes et littéraires, urbanistes et mathématiciens, philosophes et historiens de l’art, le tout s’illustrant dans une infinie diversité des représentations des territoires, qu’ils soient terrestres ou célestes.
L’ouvrage récemment publié chez Actes Sud s’inspire du catalogue, sans manquer d’évoquer le glissement vers les modes de géolocalisation instantanés d’aujourd’hui. La construction de son sommaire s’appuie davantage sur des concepts que sur une tentante approche historique. Ces concepts deviennent alors des thèmes (« Dimensions», « Corps », « Matérialités », « Rencontres », «Imaginaires ») autour desquels une vingtaine d’enseignants et chercheurs, toutes disciplines confondues, livrent denouveaux éclairages.Disposant d’un fond iconographique et cartographique unique par sa richesse, l’éditeur Parigramme parvient à renouveler constamment son catalogue de publications sur son sujet de prédilection : la Ville lumière.
La diversité de ses collections lui permet de s’adresser à tous les publics, des plus jeunes aux plus exigeants, comme en témoigne cet ouvrage de Michaël Darin, architecte, historien et enseignant à l’ENSAS. Sur Paris, il ne propose pas un simple guide touristique, mais un « précis d’anatomie urbaine », permettant aux curieux de décrypter la diversité morphologique des nombreuses voies qui traversent la capitale : sentiers devenus rues, rues devenues boulevards, etc. À travers les proportions d’une avenue ou le dénivelé d’une place, l’auteur invite le lecteur à se faire observateur et à se plonger dans quatre siècles de transformations successives et parfois radicales.
Une invitation à l’érudition comme à la promenade.