Les nouvelles années lumières: 2 - La lumière naturelle

Rédigé par Olivier NAMIAS
Publié le 07/11/2011

Le North Carolina Museum of Art revisité par Louis Khan

Dossier réalisé par Olivier NAMIAS
Dossier publié dans le d'A n°204

Il y a vingt ans, L'Architecture d'Aujourd'hui consacrait un numéro thématique à la lumière naturelle. C'était l'époque où le néo-modernisme triomphait enfin d'un postmodernisme dans son dernier souffle, l'époque où l'on renouait avec l'émotion des formes correctes, magnifiques et surtout blanches – sous le soleil.

La clarté des espaces exaltait les contrastes, transformant les ombres en graphismes dynamiques qui pouvaient « glisser » sur les parois, rebondir sur un plafond ou « passer » d'une chambre à une autre, à la façon d'un promeneur. Qu'on le regrette ou non, ce temps est révolu. Certes, nombre d'architectes revendiquent encore une façon particulière de traiter la lumière, quasiment une signature qu'ils sont souvent bien en peine de décrire de manière explicite. Si Nick Hill, directeur associé de David Chipperfield, pouvait ainsi opposer la lumière indéfinie et uniforme de l'architecture high-tech à celle, plus hiérarchisée, mise en œuvre dans les projets de l'agence, ces prises de position restent rares. Tenir des discours sur un objet aussi immatériel que la lumière n'est pas chose aisée : il faut y associer des valeurs comme le mysticisme, la raison ou, plus prosaïquement, la sécurité. Le développement durable s'empare aujourd'hui du sujet, qu'il mesure, pèse et évalue à l'aune des consommations d'énergie. Ce qui pourrait s'avérer rébarbatif ouvre un formidable champ d'expérimentation. Les manipulations spatiales et techniques effectuées pour canaliser la lumière suscitent des inventions tantôt ludiques, tantôt graves, mais qui restent sous la maîtrise de l'architecte. Plus de lumière naturelle, ou une lumière naturelle mieux répartie, c'est aussi une meilleure prise en compte de la lumière artificielle, et l'invitation à penser l'illumination comme un tout. À ceux qui continueraient de déplorer l'extension de la mainmise des énergies sur le champ du visuel, rappelons cette maxime attribuée au Bernin : « Tout est possible pour l'architecte qui aime la lumière".


Lisez la suite de cet article dans : N° 204 - Novembre 2011

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