Cimetière de Sablonceaux - Le mur, écran révélateur de l’existant comme du lointain

Rédigé par Emmanuel BRETON
Publié le 11/10/2023

Dossier réalisé par Emmanuel BRETON
Dossier publié dans le d'A n°311 Le projet d’extension du petit cimetière de Sablonceaux par l’agence A6A associée à l’Atelier Archipel et livré en 2014 reprend ces codes symboliques. Là encore l’intervention architecturale et la relation paysagère qu’elle crée reposent sur le rôle du mur d’enceinte.

Situé aux pieds de l’abbaye de Sablonceaux, le mur d’enceinte prolonge l’ancien enclos funéraire adossé à celle-ci. Le simple rectangle qu’il dessine en plan joue subtilement de la déclivité du terrain qui descend doucement vers un cours d’eau en contrebas. Alors qu’un imposant mur sert de columbarium accueillant les urnes cinéraires, un second mur plus fin sert de soutènement et délimite l’esplanade en terrasse par laquelle arrive le visiteur.
Si le cimetière de Grammont constitue son propre paysage, celui-ci souligne les éléments du site dans lequel il s’inscrit. En premier lieu, de l’extérieur, le mur principal s’offre comme un socle à l’abbatiale. Ce faisant, il tire parti de l’imposante monumentalité du chevet qui le surplombe.
Dans le même temps, il reprend la double lecture du mur de cimetière : écran, jouant d’effets de masques en plans verticaux et ligne qui délimite et révèle son lieu. Ce mur franc dénote pourtant une certaine ambiguïté. Sa massivité frontale, qui en fait quasiment un bloc vu de loin, n’est d’une part qu’un écran, mais plus encore, alors qu’il est érigé pour être un clos, il dévoile n’être qu’une façade, guère plus qu’un paravent. En effet, la minéralité de l’enceinte ne concerne que la partie sud-ouest et ses rapides retours, le reste de la clôture étant une ganivelle légère, dont la fragilité rappelle le caractère immédiatement rural et champêtre des prés qui ceignent l’abbaye.
C’est dans ce plan frontal, détaché, que s’ouvre une nouvelle entrée, marquée simplement comme une interruption dans l’écran continu du mur auquel le visiteur fait face. Celui-ci dès lors n’est pas percé, mais conservé comme mur, comme pan qui ne veut pas être ouvert. De l’intérieur de l’enclos, la superposition du mur-colombarium au premier plan à ceux de l’abbaye à l’arrière produit un effet de contraste. La présence matérielle des murs existants, du même calcaire mais marqués par le temps, est mise en scène. Cette évocation poétique du vieillissement de l’architecture renvoie subtilement à celui des corps.

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