N° 137 - Mai 2004

Nous interrogeant sur l’indifférence, voire le mépris, que l’on témoigne en France à l’architecture, nous évoquons toujours l’inculture de l’ensemble de la société, édiles et intellectuels compris, envers tous les domaines de l’art de construire. C’est une réalité patente que les architectes éprouvent amèrement tous les jours. Mais les architectes eux-mêmes sont-ils aussi sûrs de leurs compétences pour revendiquer un respect sans lequel il ne peut se concevoir d’architecture de qualité ? Rien n’est moins évident. Ressurgit alors le problème lancinant de l’enseignement de l’architecture. Celui-ci est en crise depuis les années soixante, les réformes se succèdent sans jamais satisfaire personne. Une nouvelle se profile à la rentrée prochaine, qui tente judicieusement de rapprocher structurellement les écoles d’architecture des universités et donc de l’Europe. Mais deux questions essentielles, ne relevant peut-être pas d’une simple réforme, restent posées. L’une est celle de la spécificité d’un enseignement « à la française », qui est une initiation à l’architecture mais pas aux métiers de l’architecture. Le problème n’étant pas de remettre en cause ce système, mais plutôt d’en assumer les conséquences et d’inventer les solutions qui en combleront les lacunes. L’autre question est beaucoup plus taboue, et des voix s’élèveront sans doute pour s’offusquer d’une telle affirmation : le niveau de compétence et de connaissance des étudiants diplômés est souvent très médiocre. Cette déficience tient en partie au fait que le niveau d’exigence des disciplines, autres que celle du projet, est bien inférieur à celui des universités sur lesquelles les écoles prétendent s’aligner. Elle est aussi due à la survivance d’un rite de diplôme à l’issue duquel, par démagogie ou veulerie, le jury n’ose jamais recaler l’impétrant venu en famille. Il ne faut donc pas s’étonner que beaucoup de jeunes diplômés n’ont pas, et n’auront peut-être plus jamais, l’occasion d’acquérir les capacités nécessaires aux missions qui leurs seront confiées.
Emmanuel Caille

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Qu’en est-il des prisons ?
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EN COURS…
L’architecture des logements : les habits de barbie. Par Xavier Gonzalez
Giancarlo de Carlo, architecte de « l’ambiente » au Centre Georges Pompidou
Gilbert Fastenaekens : textures urbaines


DOSSIER : L’enseignement de l’architecture en France
Par Valéry Didelon
Les étudiants en chiffres
Les enseignants et la pédagogie en chiffres, le budget des écoles
Brève histoire de l’enseignement de l’architecture en France
La réforme Limado, entretien avec Ann-José Arlot
Tableau comparatif des chiffres des écoles
La carte d’identité des écoles

LE D'A-GUIDE DE MAI

PARCOURS
Malcotti et Roussey : du bon usage de l’usage

RÉALISATIONS
Herzog & de Meuron, dans le palais du vendangeur à Pomerol
Steven Holl, showroom viticole à Langenlois en Autriche
Reine Sagnes et Jean-Marie Pettes, bureaux de la direction du Centre d’essais aéronautiques de Toulouse (Balma)
Jordi Badia (BAAS) & Josep Val, funérarium municipal
de LeÓn (Espagne)
Vice Versa, maison Delbecq à Bruxelles

CONCOURS
Europan : 10 projets sélectionnés

DESIGN
Lafayette Maison, les moulures utiles de Mathieu Lehanneur et les cloisons-vêtements de Bless

RECHERCHE & DÉVELOPPEMENT
Entre liquide et solide, des architectures de glace


En couverture : Herzog & de Meuron à Pomerol - © E.Caille. Holl - © Margherita Spiluttini

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