Mais à quel usage ce bâtiment est-il destiné ? - D'A n°219

Mais à quel usage ce bâtiment est-il destiné ?
  1. Un Quésaco inédit pour les vacances : Retrouvez la réponse dans l'onglet Point de vue
  2. La tour hommage à Ploom, la chenille marionnette de l'ORTF disparue en 1970 <http://www.youtube.com/watch?v=nbBgmKjPyR4 >
  3. Le célèbre goupillon multi-fonction de Jean-Michel Poilisse.
  4. Appendices reproducteurs de Kaiju, monstres de Pacific Rim, retrouvés après leurs défaite contre les Jaegers. (Hollywood, Los Angeles, été 2013).

Nous avons reçu ce courrier indigné de la part de Savinien DE Pizzol, suite à la couverture du numéro d'été de d'a:
« je me permets de vous écrire suite à la parution de votre dernier numéro intitulé "Monster Attacks!" Votre magazine, que nous savons sérieux, tant par la qualité des articles que par la recherche de sujets pertinents concernant le domaine architectural, n’a cependant pas effectué toutes les recherches d'informations pour rédiger le dossier principal de ce numéro.
Dans le dossier "Architecture contemporaine et tératologie" ainsi qu'en première page de couverture, vous publiez l'image d'un gratte-ciel conçu par Belatchew Arkitekter. Ce projet, que nous avons découvert en feuilletant votre magazine, ressemble fortement au nôtre intitulé "Soundscraper", tant du point de vue conceptuel que du point de vue formel. L'architecture est certes faite d'inspiration, plus ou moins lointaine, mais vous conviendrez qu'il s'agit là d'une copie en tous points de notre projet, qui date du 12 mars 2013 (publication officielle du concours EVOLO 2013*). Nous sommes vraiment attristés que ce projet puisse être ainsi publié sans au moins faire référence au nôtre. Nous espérons qu'un prochain numéro y fera mention. »

Nous avons tenu à réparer cette injustice sans attendre le numéro de septembre consacré aux logements sociaux. Le plagiat est un problème aussi vieux que l’architecture, l’industrie, et les sacs de luxe. Il peut s'avérer parfois très sensibles sur certaines formes, et l’équipe d’architecte qui nous a contacté n’a pas été la seule à nous adresser des récriminations. D’autres inventeurs se sont émus de voir le fruit de leur génie créatif accaparé sans autre forme de procès par de jeunes architectes bataves sans vergogne. Les réactions vont bien au-delà du secteur du bâtiment, comme en témoigne ce courrier de Jean-Michel Poilisse « impliqué dans les arts ménagers depuis 1953, je suis l’auteur de plusieurs innovations reconnu dans le domaine du bien-être domestique. Je m’émeut que le projet de Belatchew arkiteter reprenne sans même en faire mention mon «goupillon multifonction», véritable couteaux suisse de la propreté qui permettait aussi bien de nettoyer les biberons de bébé que les toilettes et pouvait aussi être utilisé comme brosse à dent. L’invention fut primée au concours Lépine de la Foire de Paris 1963, comme le prouve le certificat ci-joint. Merci de me faire justice dans votre prochain numéro».

Voila qui est fait, et dans la foulée, rendons justice à Henri Ferencz, ingénieur du son : «le gratte ciel que vous publiez est une copie honteuse de ma bonnette coupe-vent qui équipe les micros de tous les ingé-sons depuis 1934. Utilisé dans toutes les radios, cet accessoire était réputé si soyeux que les techniciens partant en retraite l’emmenait pour s’en faire un doudou». Mais le plus floué de tous est certainement Robert Dugoumis, héritier d’une famille d’industriel du nord lancée dans la production de sex-toy depuis 1875 «C’est devenu une habitude : nos produits sont le vivier formel pour les architectes en mal d’imagination. Copié dès 1871 à Chicago, nos articles à vocations familiale s’étalent dans le skyline des villes, alors qu’ils devraient rester à l’abri des chastes regards. Après le plagiat du canard vibreur par les Venturi. Après le honteux plagiat de la tour de Jean Nouvel à Barcelone, voici que des suédois pompent nos modèles «sensations», pourvus de picots maximalisant l’expérience utilisateur. Je joins le catalogue de nos produits à l’appui de ma demande de droit de réponse». Les règles de la décence et des publications sur la jeunesse nous interdisent de reproduire l’objet du délit. Aussi nous demanderons vous de nous croire sur parole : sacré source à tubard que ce catalogue de vente par correspondance. Qu’il soit enfin rendu hommage à cet opuscule caché dans l’enfer de toutes les bibliothèques des écoles et des agences d’architecture!

* evolo.us

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