CHAI - Centre d’hébergement et d’accueil international de Cahors - Antonio Virga Architecte

Architecte : Antonio Virga Architecte
Rédigé par les architectes
Publié le 14/11/2017

Le CHAI est un bâtiment « phare », articulé entre le pont Valentré, le «trait d’union» (circuit pédestre de la découverte du Cahors historique), et le Lot. Ce contexte a déterminé une réponse capable d’assurer la cohésion entre l’existant patrimonial et le développement d’un quartier durable.

 

Approche au regard des principaux enjeux urbains et politiques

 

Le projet est élaboré selon un double objectif: promouvoir la cohésion de la communauté en offrant un bâtiment aisément appropriable, à l’échelle des usagers et assurer l’ouverture de cet édifice sur le contexte plus large de la ville de Cahors, son histoire et son paysage. L’approche adoptée permet le débordement de l’aménagement vers les espaces adjacents, qu’il s’agisse de la future zone récréative, des espaces civiques et commerciaux bordant les berges, ou du quartier résidentiel «vert» à venir.

 

Le CHAI a été conçu en lien avec deux axes territoriaux qui marquent le développement et la nouvelle identité de cette partie de la ville. L’axe du «trait d’union», amené à devenir le circuit pédestre de la découverte du Cahors historique, relie le pont Valentré et le futur quartier «vert» de la Plaine du Pal aux autres quartiers. Le second axe est perpendiculaire au «trait d’union», orienté sur le pont Valentré, sur le Lot et ses futures berges aménagées. Le volume simple et minéral du CHAI se détache du sol, laissant sa façade se plier au niveau de la rue pour accompagner ce «trait d’union».

 

Le Jardin Secret

 

La façade au sol se plie et devient une accroche à la balade pédestre du «Trait d’Union» qui relie la Plaine du Pal au centre historique. La transparence du rez-de-chaussée permet de faire pénétrer l’espace public dans le hall, qui devient un véritable espace d’accueil. Ce dernier embrasse l’un des multiples «jardins secrets» qui ponctuent la ville de Cahors. Depuis la rue, ce coeur vert est un prétexte, une invitation à entrer pour offrir à ses usagés un moment de sérénité, à l’image de ces cloîtres répandus dans le Lot.

 

Typologie inversée

 

Le concept d’aménagement du CHAI détourne les fonctions des distributions et des circulations pour leur donner une place de choix dans l’organisation globale du bâtiment. Une fois ces contraintes d’aménagement intégrées, le projet du CHAI se situe au-delà du fait fonctionnel. Ainsi, il inverse la typologie classique d’implantation des chambres, et transforme de cette façon un espace de circulation collectif en un véritable espace de détente, où le jeu de composition des baies cadre les vues et projette les voyageurs dans le paysage.

 

Autour du jardin pour la vue de tous


Les deux types de chambres sont orientés vers le jardin permettant au voyageur seul comme aux familles de passage de profiter d’un moment de calme et d’introspection. Cette implantation offre à chaque niveau, et de façon égalitaire, une vue sur le Pont Valentré et sur le paysage du Lot. La fonction de l’espace de circulation donnant sur l’avenue André Breton est détournée pour devenir un véritable lieu de pause et de contemplation du territoire cadurcien et de son histoire.

 

Un angle qui donne à voir sur l’histoire

 

Au dernier étage, le restaurant naît de l’ouverture symbolique du jardin sur le Pont Valentré, son angle et son pli élargissent le cadrage et la vue. La terrasse et le restaurant, par leur implantation, profitent autant du jardin secret que du territoire du Lot.

 

En somme, cette distribution offre la possibilité à tous de contempler le paysage et le pont (à l’image des grandes toiles de paysage de la période romantique), au lieu de n’offrir la vue qu’à quelques chambres. Les espaces de circulation ne sont plus identifiés comme tel, ils deviennent un vrai lieu de rencontre et d’échange avec comme arrière-plan pour cet agora, le territoire du Lot. Les chambres sont orientées vers l’intérieur, au calme, offrant repos et introspection au voyageur qui le désire. Les spécificités du site ont imposé d’aller au-delà d’une architecture introvertie, ou qui se déploierait indépendamment de son contexte. Il a fallu penser l’architecture comme un élément à part entière du paysage. Il y a ici un défi d’enracinement – au sens figuré par les choix esthétiques de la conception, mais également au sens propre, avec un rattachement fort au terroir.

 

Matérialité et composition au service d’un enracinement

 

Une des interventions de ce rattachement se trouve dans les relations que le CHAI tisse avec le site d’une part, et avec le bâtiment lui-même d’autre part. Le concept d’enveloppe se trouve à l’intersection de ces deux considérations.

Cette enveloppe se matérialise dans une couche, une épaisseur, un espace, qui vient s’intercaler entre l’édifice et son environnement, entre l’artificiel et l’écologie du lieu, ce qui a nécessité de dépasser la notion de simple mur ou de façade. Le défi relevé consistait à changer ce qui sépare pour en faire un élément qui relie, et d’imaginer des lieux de transition entre le dehors et le dedans, entre le public et le privé.

 

Les ouvertures créées dans cette masse minérale dépassent la fonction d’hébergement, elles font l’articulation entre le programme et le paysage en créant un dialogue entre ce dernier et la rivière. Ces ouvertures modifient le caractère du paysage, assurant son insertion urbaine, et deviennent ainsi un repère signifiant la présence de l’institution «Auberge». Le projet a privilégié une approche architecturale permettant la mise en valeur des éléments existants par un dialogue franc et intègre avec les nouvelles composantes programmatiques à intégrer. Cette approche a permis d’élaborer des stratégies d’interventions minimales et épurées et de composer de façon réaliste avec les budgets et les contraintes du marché.

 

 



Fiche technique:

 

Nom du projet:

Centre d’hébergement et d’accueil international (CHAI)

 

Programme:

Auberge de jeunesse (comprenant 38 chambres et 94 lits)

Restaurants et office de tourisme

 

Maîtrise d’ouvrage:

Grand Cahors

 

Maîtrise d’oeuvre:

Antonio Virga Architecte

Chefs de projet: Antonio Di Bacco, Miguel Allen

 

Bureaux d’études:

BET Fluides : BET Cap Ingelec

Conseil Environnement : BET Cap Ingelec

Acoustique : BET General Acoustics

BET Structure : BET Cap Ingelec

Bureau de contrôle : Veritas

 

Surface:

2 764 m2 SU (y compris parking) + Terrasse: 182 m2

 

Calendrier:

Concours 2013

Chantier Septembre 2015

Livraison Mai 2017

Le projet est élaboré pour promouvoir la cohésion de la communauté<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc Le CHAI est articulé entre le pont Valentré, le "trait d'union" et le Lot.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc L'édifice s'ouvre sur le contexte de la ville de Cahors, son histoire et son paysage.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc Le CHAI a été conçu en lien avec deux axes territoriaux qui marquent le développement et la nouvelle identité de cette partie de la ville.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc Le rez-de-chaussée embrasse l’un des multiples «jardins secrets» qui ponctuent la ville de Cahors.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc Depuis la rue, ce coeur vert est un prétexte, une invitation à entrer pour offrir à ses usagés un moment de sérénité.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc La transparence du rez-de-chaussée permet de faire pénétrer l’espace public dans le hall, qui devient un véritable espace d’accueil.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc le jardin secret est à l'image des cloîtres répandus dans le Lot.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc Les fonctions des distributions et des circulations sont détournées et occupent une place de choix dans l’organisation globale du bâtiment.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc Au dernier étage, le restaurant naît de l’ouverture symbolique du jardin sur le Pont Valentré, son angle et son pli élargissent le cadrage et la vue. <br/> Crédit photo : BOEGLY Luc La terrasse et le restaurant, par leur implantation, profitent autant du jardin secret que du territoire du Lot.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc Les ouvertures créées dans cette masse minérale dépassent la fonction d’hébergement.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc Le projet a privilégié une approche architecturale permettant la mise en valeur des éléments existants.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc Les deux types de chambres sont orientés vers le jardin permettant au voyageur seul comme aux familles de passage de profiter d’un moment de calme et d’introspection.<br/> Crédit photo : BOEGLY Luc - Plan RDC Plan R+1 Plan R+2 Plan R+3 - Plans façades ouest et nord

VOIR ÉGALEMENT

>> Publiés par d'a
>> Projets des abonnés

Les articles récents dans Choix de d'a

20 logements participatifs en volume capable sur un parking silo, Bordeaux Publié le 26/04/2022

Maîtres d'ouvrages : Le COL (Comité Ouvrier du Logement)Maîtres d'oeuvres :  Lemé… [...]

Réhabilitation et extension d'une ancienne ferme en haras d'élevage, Samer Publié le 25/04/2022

Maîtres d'ouvrages :  C.C. Desvres SamerMaîtres d'oeuvres :  Charlotte Siwiore… [...]

74 logements sociaux Jaurès Petit, Paris 19 Publié le 25/04/2022

Maîtres d'ouvrages :  Paris Habitat OPHMaîtres d'oeuvres :  archi5 (logements … [...]

Groupe scolaire Simone Veil, Villejuif Publié le 25/04/2022

Maîtres d'ouvrages :  Ville de VillejuifMaîtres d'oeuvres :  Dominique Coulon … [...]

Groupe scolaire du Moulon, Gif sur Yvette - plateau Saclay Publié le 25/04/2022

Maîtres d'ouvrages :  Établissement Public Paris Saclay (EPAPS)Maîtres d'oeuvres : … [...]

Sciences Po, Hôtel de l'Artillerie, Paris Publié le 24/04/2022

Maîtres d'ouvrages : La Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP)Maîtres d'oeuvres :… [...]

.

Réagissez à l’article en remplissant le champ ci-dessous :

Vous n'êtes pas identifié.
SE CONNECTER S'INSCRIRE
.

> L'Agenda

Novembre 2022
 LunMarMerJeuVenSamDim
44 01 02 03 04 05 06
4507 08 09 10 11 12 13
4614 15 16 17 18 19 20
4721 22 23 24 25 26 27
4828 29 30     

> Questions pro

Et si on arrêtait de bosser ?

Apparu aux États-Unis après le covid, le phénomène de « la grande démission » marque une évolution du rapport au travail et la Fra…

Les ABF aussi en première ligne pour défendre le patrimoine contemporain

Rôle délétère de l’ANRU pour financer la destruction des logements, inquiétude devant la généralisation de l’isolation thermique des…

Détruire ou non ?

Faïence dans les halls, aplats colorés en façade, l’indigence des signes a trop souvent résumé la réhabilitation des barres des grands e…