Vingt architectures entre singularité et exemplarité

Rédigé par Antoine PICON
Publié le 28/06/2022

Logements modulables et espaces partagés - Sophie Delhaye

Article paru dans d'A n°300

Les palmarès sont toujours pris entre deux impératifs contradictoires : couronner l’exception tout en reflétant un ensemble de tendances beaucoup plus générales. La liste des « Vingt architectures qui ont marqué les vingt premières années du XXIe siècle » proposée par le magazine d’architectures témoigne de cette tension. Du côté de l’exception, on notera la relative surreprésentation, avec pas moins de trois réalisations, de nos récents lauréats du prix Pritzker, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal. La présence de quelques-unes des valeurs les plus sûres du star-system international, de SANAA à Herzog & de Meuron, participe de cette même logique de consécration. Mais les tendances générales sont peut-être ce qu’il y a de plus significatif dans la sélection opérée par le jury de ces vingt projets d’architecture. Elles nous occuperont pour l’essentiel dans cet article. 

La large présence des projets de réhabilitation, rénovation et restructuration constitue à coup sûr l’un des traits les plus marquants de cette sélection. Du réaménagement de l’usine LU de Nantes par Patrick Bouchain, Nicole Concordet et Loïc Julienne à la restructuration d’une usine des frères Perret dans l’Oise par Pierre Hebbelinck et Hart-Berteloot, en passant par la transformation de la base sous-marine de Saint-Nazaire par LIN Architects, l’installation au cœur de l’existant caractérise huit projets sur les vingt retenus par le jury de d’architectures. À la façon de l’exemple qui vient confirmer la règle, la surreprésentation de Lacaton et Vassal doit être replacée dans ce contexte. De la transformation du Palais de Tokyo, qui a puissamment contribué à leur renommée, à celle des logements du Grand Parc de Bordeaux, ils apparaissent en effet comme des protagonistes majeurs de cette promotion systématique du déjà-là et du réemploi, en rupture avec les pratiques d’obsolescence accélérée qui ont longtemps caractérisé la production architecturale française. (...)

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