Scandale à la Samaritaine

Rédigé par . D'ARCHITECTURES
Publié le 13/05/2014

La Samaritaine - Sanaa

On ne croyait plus cela possible en 2014 à Paris mais il faut bien se résoudre à admettre que les esprits les plus étroits et les plus réactionnaires parviennent encore à imposer leurs visions sclérosées de la ville. En effet, le tribunal administratif de Paris a rendu publique aujourd'hui sa décision d'annuler un des permis de construire de la rénovation de l'ancien grand magasin de la Samaritaine, amorcée en 2012.

Fermé en 2005, il est depuis au cœur de nombreuses querelles, impliquant notamment des associations de défense du Patrimoine, ce sont d'ailleurs deux d'entre elles, la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France (SPPEF) et SOS Paris, qui avaient déposé ce recours. La décision de ce mardi 13 mai concerne la partie Rue de Rivoli, alors que le recours sur le PC de la partie côté Seine a été rejeté il y a quelques semaines. Rappelons que le projet est conçu par l'agence japonaise Sanaa, unanimement reconnue dans le monde entier pour la délicatesse et l'intelligence de son architecture.

Les requérants, qui dénonçaient un projet « dénaturant le centre de Paris », entendent sauver cette dernière façade, les trois autres ayant déjà été détruites. Le tribunal leur a aujourd’hui donné raison, expliquant que « Eu égard notamment à la nature et à la destination de cet immeuble, et en dépit de ses qualités architecturales intrinsèques, les requérants sont fondés à soutenir que le projet, sur l'artère où il est implanté », ne satisfait pas aux exigences de la loi. Cette décision fait injure aux façades sauvegardées de Frantz Jourdain et Henri Sauvage qui n'auraient jamais pu être construites si elles avaient dû affronter l'ire de ces associations. Il est d'autre part étonnant qu'un juge, visiblement totalement ignorant de l'architecture, ait pu émettre un jugement esthétique.

LVMH, propriétaire du bâtiment et financeur unique des travaux (450 M€) a décidé immédiatement de faire appel de ce jugement, mais celui n’étant pas suspensif, les travaux sont de toutes les façons stoppés, entrainant des surcoûts importants. La Ville de Paris a également fait appel, en « réaffirmant son soutien au projet »


Suite à la publication de notre article, retrouvez  la réponse de la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France), celle de l'Ordre des architectes en Île-de-France et celle de Jean-Paul Robert, critique et enseignant à l'école de Paris-Belleville. 

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