TVK, Regard acéré, observateurs bienveillants

Rédigé par Maryse QUINTON
Publié le 11/03/2016

Article paru dans le d'A n°242

À Paris, la place de la République qu’ils ont ressuscitée en 2013 fut la triste héroïne de l’actualité récente. Si l’Histoire est venue valider ce qu’ils avaient envisagé pour ce lieu symbolique, elle légitime aussi une façon d’entrevoir l’architecture et l’urbanisme, entièrement dédiée à la ville et guidée par la notion essentielle du temps. Aussi exigeants que soucieux de produire des projets justes, Pierre Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler nous ont accueillis dans leur agence. Rencontre.

Pierre Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler, 42 ans, se connaissent fort bien et depuis longtemps. Alors même qu’ils étaient étudiants, ils ont posé les jalons de leur pratique en soutenant un diplôme commun sous le nom de TOMATO, association de 13 personnes réunies autour de « La ville du périphérique » et précocement animées par l’idée d’une approche collective. L’histoire se passe en 1999 dans les locaux provisoires d’une nouvelle-née, l’École d’architecture de la ville et des territoires de Marne-la-Vallée. S’ensuit un passage pour Antoine Viger-Kohler chez Chaix & Morel, pour Pierre Alain Trévelo chez Dusapin & Leclercq puis aux États-Unis où il obtient un master en Design Studies à Harvard (2004). Ils fondent TVK en 2003. Voici pour les débuts. Aujourd’hui, leur agence nichée dans le 20e arrondissement rassemble une trentaine de personnes. Eux travaillent face à face dans un bureau qu’ils partagent. « Nous discutons de tous les projets ensemble. Nous sommes vraiment interchangeables, ce qui est assez précieux, note Antoine Viger-Kohler. Pour reprendre une expression convenue, on va plus vite tout seul mais plus loin à deux. C’est assez salutaire car notre métier exige de ne pas prendre les décisions trop vite. » « Nous sommes un peu lents, on s’attend, on a besoin de malaxer les choses, renchérit Pierre Alain Trévelo. L’effet est aussi celui de la controverse permanente pour valider/invalider les propositions, ce qui évite à chacun d’être un peu minablement autosatisfait de ses idées ! » Entre eux, la communication est essentiellement orale. Le dessin, quand il s’impose, n’est jamais formel, plutôt de l’ordre du diagramme. « Ce qui ne nous empêche pas d’être des architectes très exigeants sur le dessin. Nous passons un temps fou à regarder comment les choses se construisent. » L’agence est leur « moteur de recherches », jamais envisagée comme un simple outil de développement des projets. Leur production traite aujourd’hui d’échelles diverses et de sujets variés, bien qu’en y regardant de plus près se dégage une grande cohérence agrégée autour des fondamentaux de l’agence. Ils travaillent beaucoup sur le logement, « un domaine extrêmement contraint qui incite à la recherche ». Ce qui n’est pas sans déplaire à TVK, soucieux « de s’emparer de la complexité et du caractère paradoxal de la ville contemporaine pour en continuer la construction ». Parallèlement à leur production française, ils concourent à l’étranger : « Pas trop loin, en Suisse, en Belgique, dans des endroits où on construit bien et qui sont suffisamment proches pour suivre correctement les projets. » En Belgique, ils ont gagné la transformation d’une barre de 12 étages, mais aussi celle de l’autoroute E40 à Bruxelles. À Lausanne, ils sont en phase finale pour la nouvelle gare qui sera jugée en mars. Depuis 2012, ils sont par ailleurs membres du Conseil scientifique de l’Atelier international du Grand Paris. Dans ce contexte, ils s’intéressent tout particulièrement à ce qu’ils nomment « la ville intermédiaire », celle des infrastructures, la ville adolescente des territoires en cours, « là où se jouent les situations les plus intéressantes, à l’écart des points nodaux du Grand Paris, là où la métropole est en train de se faire. L’intermédiaire est ce qui doit faire système ».  


BIOGRAPHIE  


1973 : naissance de Pierre Alain Trévelo à Gap et d’Antoine Viger-Kohler à Strasbourg.  


1997 : création de l’association TOMATO architectes.  


1999 : diplôme commun consacré au périphérique parisien soutenu avec TOMATO à l’École d’architecture 


de la ville & des territoires de Marne-la- Vallée.  


2003 : création de l’agence TVK et publication de l’ouvrage La Ville du périphérique.  


2005 : Palmarès des jeunes urbanistes.  


2006 : Nouveaux Albums des jeunes architectes.  


2010 : lauréats du concours pour le réaménagement de la place de la République.  


2012 : membres du Conseil scientifique de l’Atelier international du Grand Paris.  


2016 : lauréats de « Réinventer Paris » sur le site Triangle ÉoleÉvangile.   



TVK À L’ÉPREUVE DE LA RÉPUBLIQUE  


2010 fut une année décisive pour TVK, pour l’histoire de l’agence, pour l’exposition médiatique. Lauréats du concours destiné à ressusciter une place de la République à l’agonie, ils s’attaquent à un lieu stratégique, empreint d’une forte charge symbolique. Double gageure, d’autant plus qu’il s’agit de leur premier espace public ! En outsiders, ils ont remporté la mise face à leurs célèbres pairs, qui eurent parfois du mal à digérer le résultat. Largement débattu, honni ou encensé, leur projet n’eut cure des états d’âme de l’intelligentsia et trouva quasi immédiatement sa légitimité par le peuple. Celui, quotidien, des passants et des skateurs qui l’arpentent chaque jour. Celui, plus exceptionnel, des grandes manifestations citoyennes. Et tous les autres. L’année 2015 mit tristement ce lieu emblématique à l’honneur. Immédiatement, la place de la République s’est transformée en autel « post-attentats », démontrant sa capacité à embrasser la spontanéité, tous les possibles jusqu’à l’impensable. L’actualité est venue valider l’intuition première de TVK, celle d’un lieu qui ne devait pas être surdessiné pour pouvoir fonctionner. Recharger l’espace sans avoir besoin d’en faire trop, c’est le tour de force auquel ils sont parvenus pour en faire un « espace inaliénable ». Le peu d’imagination dont font généralement preuve les commanditaires a donné lieu à une sursollicitation de l’agence en matière d’espaces publics. « Nous avons beaucoup dit non », explique le tandem, notamment peu intéressé par certains projets de simple embellissement pour lesquels ils ont été contactés. Car tous les enjeux ne sont pas ceux de la place de la République. Au-delà de sa position stratégique au coeur de la métropole parisienne, Pierre Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler se sont pris de passion pour la force incroyable de ce « lieu d’une ambivalence et d’une complexité rares pour un architecte ou un urbaniste ». Plus qu’une place à réinventer, une infrastructure (le toit d’une gare) à reconsidérer, de celle qu’affectionne particulièrement TVK. Ces infrastructures, tel le périphérique parisien qu’ils connaissent plus que par coeur, ou l’autoroute E40 qu’ils transforment à Bruxelles, figurent parmi leurs obsessions. Si elles souffrent d’un manque de popularité auprès du public qui aimerait souvent les voir démolies, les infrastructures offrent pourtant un vrai terrain de réinvention de la ville grâce à leur fort potentiel de réutilisation. Au terme réducteur de « réhabilitation », TVK lui préfère celui de « métamorphose », qui sous-tend l’idée de contenir « des réminiscences de l’état ancien, l’essence du substrat de départ ». Pour atteindre cet objectif, ils se livrent à une analyse et une observation minutieuse de la situation en prenant spontanément le parti du regard bienveillant. Optimistes, mais sans verser dans l’angélisme. Optimistes, au seul service du projet. Perdre son énergie à ne voir que les mauvais points ? Très peu pour TVK, qui opte systématiquement pour la stratégie inverse : ne jamais juger hâtivement. « Pour faire le tour d’un bâtiment et en tirer l’essence, il faut l’avoir bien regardé », rappellent-ils, faisant leur la citation de Gustave Flaubert. Comme à Arcueil, par exemple, où ils ont installé une résidence étudiante dans un bâtiment au départ voué à la démolition. Il suffisait pourtant d’en observer correctement les qualités intrinsèques – une structure en béton plus permissive que contraignante – pour reconsidérer la commande. « Quelles qu’elles soient, nous envisageons les situations construites comme des états en métamorphose potentielle. On aurait pu craindre qu’un lieu comme la place de la République soit peu souple et impossible à déverrouiller. Or c’est rarement le cas. » Lorsqu’une structure spatiale est suffisamment forte, elle comprend en elle les germes de sa métamorphose. Le regard bienveillant qu’ils portent sur les infrastructures ou les bâtiments est le même que celui avec lequel ils regardent l’urbanisme de secteur ou des parcelles jugées ingrates, comme celles qu’ils ont choisies pour « Réinventer Paris » : le lot M5A2 de Paris Rive Gauche et le Triangle ÉoleÉvangile pour lequel ils ont remporté la mise avec leur « îlot fertile ». « Deux situations infrastructurelles a priori très handicapantes, mais qui peuvent fabriquer des projets très intéressants. »   


[ MAÎTRE D’OUVRAGE : VILLE DE PARIS – MAÎTRES D’OEUVRE : TVK ARCHITECTES URBANISTES (MANDATAIRES) – PAYSAGISTES : MARTHA SCHWARTZ ET AREAL – CONCEPTEUR LUMIÈRE : YANN KERSALÉ – BET :ATEC – BET CIRCULATION : CITEC – BET HQE : TRANSSOLAR – CONCERTATION :VILLE OUVERTE – PROGRAMME : RÉAMÉNAGEMENT DE LA PLACE DE LA RÉPUBLIQUE – SURFACES CONCERNÉES : 3,8 HA – COÛT : 10 MILLIONS D’EUROS HT – LIVRAISON : 2013 ]    


PLACE DE LA RÉPUBLIQUE, PARIS  


Par ses dimensions imposantes (120 x 300 m) et sa centralité métropolitaine, la place de la République est un lieu stratégique de la capitale. TVK l’a transformée en « un plateau d’évolution disponible et appropriable », permissif et capable de recevoir de multiples usages urbains. Cette architecture du sol, faite d’une pente douce et d’un revêtement minéral unitaire, redonne aux lieux la lisibilité et l’harmonie perdues. Succès public depuis son inauguration, la place ne désemplit pas. 


LA TERRE EST UNE ARCHITECTURE 


Quand nous les rencontrons, les TVK viennent d’essuyer les plâtres de la Plateforme de la création architecturale à la Cité de l’architecture et du patrimoine, convoquant pour l’occasion un titre poétique : « La Terre est une architecture ». Un travail conséquent, chronophage, qu’ils ont pris à bras-lecorps en proposant une programmation protéiforme (installation, master classes, invitations, lectures et projections) durant trois mois, pour « rendre compte d’un nouvel état du monde et de la transformation des conditions terrestres ». Postulat de départ : inventer un format vivant et dynamique pour parler de ce changement radical. Copieuse, cette programmation s’est nourrie des thématiques qui leur sont chères – infrastructure, scénarisation, type, Avalanche (groupe de recherche créé en 2012 autour des processus de transition urbaine) –, constitutives de la marque de fabrique TVK. Fondé sur une introspection préalable, véritable interface avec l’agence, ce travail fait ainsi directement écho à leur pratique : transversale, collective et mouvante. Des mots à première vue banals mais ancrés dans une réalité bien concrète chez TVK. Comme dans leur travail quotidien, ils ont convié d’autres regards à s’exprimer, comme celui de l’écrivain Aurélien Bellanger ou celui de Joachim Lepastier, critique aux Cahiers du cinéma. « Notre approche architecturale et urbaine se fonde sur l’idée d’un processus intellectuel et inclut d’autres compétences que les nôtres. Les différents regards sont un moyen d’aborder la complexité, de nourrir et d’enrichir le projet. »   


RÉSIDENCE POUR ÉTUDIANTS DE 107 LOGEMENTS, ARCUEIL (94) 


C’est en proposant une alternative à la démolition que TVK a remporté le concours pour la réalisation de cette résidence étudiante à Arcueil. Séduits par la structure en dalles-champignons et convaincus de son potentiel de réutilisation, ils proposent un système de distribution extérieure (coursives en consoles) qui optimise les surfaces des chambres tout en révélant l’identité propre du bâtiment.  


[ MAÎTRE D’OUVRAGE : SADEV 94 – MAÎTRE D’OEUVRE : TVK ARCHITECTES URBANISTES – BET TCE ET ÉCONOMIE : BÉRIM – BET STRUCTURE : EVP – PROGRAMME : TRANSFORMATION D’UN IMMEUBLE DE BUREAUX EN RÉSIDENCE ÉTUDIANTE – SURFACES : 3800 M2 – COÛT : 4,2 MILLIONS D’EUROS HT – LIVRAISON : 2010 ]  


66 LOGEMENTS ET UNE CRÈCHE, SAINT-OUEN (93) 


Dans la ZAC des Docks de Saint-Ouen, TVK vient d’achever, face au parc, un bâtiment qui se développe en gradins façon ziggourat. Terrasses, balcons mais aussi calepinage des briques s’inscrivent dans la logique de ce dispositif qui consiste à passer d’une typologie épaisse en partie basse à une typologie plus fine au sommet. 


[ MAÎTRE D’OUVRAGE : NEXITY SEERI, SÉQUANO AMÉNAGEMENT – MAÎTRES D’OEUVRE : TVK ARCHITECTES URBANISTES (MANDATAIRES) – BET TCE : IRATOME – PROGRAMME : RÉALISATION DE 66 LOGEMENTS EN ACCESSION ET D’UNE CRÈCHE DE 60 BERCEAUX DANS LA ZAC DES DOCKS – SURFACES : 5875 M2 SDP – COÛT : 8,3 MILLIONS D’EUROS HT – LIVRAISON : 2015 ] 


LA CONSTRUCTION DANS LE TEMPS 


Cette démarche exige de prendre le temps, une notion indissociable de la façon dont TVK envisage l’architecture. « Pour nous, le passé est aussi important que le futur, nous sommes en situation de balancier permanent. Nous travaillons sur le temps de façon assez obsessionnelle. Aujourd’hui, notre rôle consiste à infrastructurer et à architecturer une réalité tout en considérant que notre action doit permettre une métamorphose dans le futur. » Leur démarche, bien que sous contrôle, fait la part belle à ce qui pourrait advenir. Voilà peut-être un positionnement qui tient naturellement à distance tout égotisme. Guidée par un goût affirmé pour la vérité constructive, leur architecture est pensée de l’intérieur et rejette de facto toute notion d’épiderme. Même, si regrettent-ils, « les maîtres d’ouvrage attendent souvent des architectes de jolies façades, des propositions pelliculaires, oubliant que le rapport entre intérieur et extérieur doit être plus fondamental que le dessin du plan qui l’organise ». On leur reproche parfois une écriture sévère. Exit les bardages en toc perforés ou colorés, ils n’ont que peu de goût pour l’effet carton-pâte et l’architecture périssable. Leurs briques sont pleines, leurs bétons sont bruts, leurs calepinages sont mathématiques. Ils ne savent pas construire autrement. La construction dans le temps prend une dimension singulière face à la temporalité particulière du projet urbain. Parmi les thématiques abordées lors des master classes de la Cité de l’architecture, il en est une qu’ils ont formulée un peu plus récemment. À la planification, « prophétie autobloquante », ils préfèrent la scénarisation, privilégiant la culture du chemin à celle de l’image finie, « une culture qui prend en compte le temps, issue de notre façon de travailler sur les projets urbains et leur mise en oeuvre ». La scénarisation emprunte certes la sémantique des séries télé, mais elle s’inspire surtout de leur fonctionnement. « Pour traiter des problèmes complexes et des échelles larges, la scénarisation définit un certain nombre d’invariants qui permettent aux variables d’évoluer. Dans cette histoire et contrairement au phasage toujours en attente de la phase suivante, la saison 1 pourrait suffire à elle-même. « Il faut même se donner comme exigence que les saisons suivantes ne pourraient pas exister. Nous nous attachons à ce que chaque état ait un sens. » Dont acte. 


30 LOGEMENTS SOCIAUX, RUE DE LOURMEL, PARIS 15E 


Complexe par sa mixité et la fragmentation d’un programme dense, l’opération de la rue Lourmel questionne le pittoresque dans sa capacité à engendrer la complexité. Sur 11000 m2, trois bâtiments comportant chacun deux programmes distincts construisent des correspondances et des associations, articulées autour d’un vide. À l’angle de deux rues, 30 logements sociaux et un commerce s’installent dans un volume compact à R + 8, doté de façades en panneaux autoportants de verre profilé. Les espaces extérieurs ont été remplacés par une toiture-terrasse collective, accessible par tous les habitants. Un soin particulier a été porté aux ouvertures, généreuses, pour optimiser la luminosité mais aussi le rapport établi avec la ville. 


[ MAÎTRE D’OUVRAGE : SEMPARISEINE – MAÎTRE D’OEUVRE : TVK ARCHITECTES URBANISTES – BET TCE : BÉRIM – BET HQE : FRANCK BOUTTÉ – PROGRAMME : RÉALISATION DE 30 LOGEMENTS SOCIAUX – SURFACES : 2520 M2 SDP – COÛT : 4,75 MILLIONS D’EUROS HT – LIVRAISON : 2015 ] 


PARKWAY E40, BRUXELLES 


La transformation de l’autoroute E40 à Bruxelles est issue d’un constat chiffré, celui d’un espace surdimensionné au regard de la réalité du trafic automobile. Pour revaloriser l’image de cette entrée de ville, TVK a exploré le caractère unique de cette infrastructure pour en faire une supersurface à investir et à restituer aux usagers. 


[ MAÎTRE D’OUVRAGE : ADT-ATO (AGENCE DE DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL POUR LA RÉGION DE BRUXELLES CAPITALE) – MAÎTRE D’OEUVRE : TVK ARCHITECTES URBANISTES (MANDATAIRES), KARBON’ (ARCHITECTES URBANISTES ASSOCIÉS) – PAYSAGE : OLM – BET MOBILITÉ : EGIS – DÉVELOPPEMENT IMMOBILIER : IDEA – DÉVELOPPEMENT DURABLE : ELIOTH – PROGRAMME : MISSION D’ÉLABORATION D’UN MASTERPLAN POUR LE PROJET URBAIN PARKWAY DE BRUXELLES – SURFACES : 75 HA – STATUT : PROJET LAURÉAT ] 


TRIANGLE ÉOLE-ÉVANGILE, PARIS 19E 


Lancé en 2014, l’appel à projets urbains innovants « Réinventer Paris » a recueilli 815 candidatures sur 23 lieux à transformer. TVK vient d’être désigné lauréat sur l’un des sites phares du concours : le Triangle Éole-Évangile. Ils ont remporté la mise avec leur « Îlot fertile », qui ambitionne de devenir le premier quartier zéro carbone de la capitale. Autrefois pollué, enclavé et bruyant, le site posté aux abords de l’ancienne ceinture de Paris accueillera une programmation mixte sur plus de 34000 m2 articulés autour d’un vaste jardin ouvert occupant toute la parcelle. Réinventant la typologie de l’îlot ouvert, cet espace public d’un nouveau genre répond à la dimension fortement métropolitaine du site. Les bâtiments sont pensés selon un principe de réversibilité tandis que la pierre, matériau unitaire du projet, est une référence assumée à l’identité architecturale de Paris. 


[ MAÎTRISE D’OEUVRE : TVK ARCHITECTES URBANISTES, OLM (PAYSAGE) – PROMOTEUR : LINKCITY (ANCIENNEMENT SODÉARIF) – BAILLEUR SOCIAL : ICF HABITAT LA SABLIÈRE – ÉQUIPE DE PROGRAMMATION : ASSOCIATION PARME, ARPEJ, UCPA, ZOKU, GÉODIS, JARDINS DE GALLY,AGENCE DÉDALE, IMPULSE PARTNERS,ANTICAFÉ – ENTREPRISE GÉNÉ- RALE : BOUYGUES BÂTIMENT ÎLE-DE-FRANCE ] 


PIERRE ALAIN TRÉVELO ET ANTOINE VIGER-KOHLER… SOUMIS À LA QUESTION


> VOTRE PREMIER SOUVENIR D’ARCHITECTURE ? Un chalet au bord d’un lac dans les Alpes et la dalle de la ville nouvelle du Vaudreuil. 

> À QUOI SERT L’ARCHITECTURE ? À rendre la terre habitable. 

> QUELLE EST LA QUALITÉ ESSENTIELLE POUR UN ARCHITECTE ? L’exigence. 

> QUEL EST LE PIRE DÉFAUT CHEZ UN ARCHITECTE ? La négligence. 

> QUEL EST LE PIRE CAUCHEMAR POUR UN ARCHITECTE ? Que l’espace public disparaisse. 

> QUELLE EST LA COMMANDE À LAQUELLE VOUS RÊVEZ LE PLUS ? Un observatoire. 

> QUELS ARCHITECTES ADMIREZ-VOUS LE PLUS ? Certains Anglais. 

> QUELLE EST L’OEUVRE CONSTRUITE QUE VOUS PRÉFÉREZ ? La Terre. 

> CITEZ UN OU PLUSIEURS ARCHITECTES QUE VOUS TROUVEZ SURFAITS. Certains Anglais. 

> UNE OEUVRE ARTISTIQUE A-T-ELLE PLUS PARTICULIÈREMENT INFLUENCÉ VOTRE TRAVAIL ? Celle de Gustave Flaubert. 

> QUELS SONT LES DERNIERS LIVRES QUI VOUS ONT MARQUÉS ? L’Aménagement du territoire, d’Aurélien Bellanger. Précisions sur un état présent de l’architecture, de Jacques Lucan. Éloge des frontières, de Régis Debray. 

> QU’EMMÈNERIEZ-VOUS SUR UNE ÎLE DÉSERTE ? De quoi y créer un monde. 

> VOTRE VILLE PRÉFÉRÉE ? Balbec, Babylone. 

> LE MÉTIER D’ARCHITECTE EST-IL ENVIABLE EN 2016 ? Oui, très enviable. 

> SI VOUS N’ÉTIEZ PAS ARCHITECTE, QU’AURIEZ-VOUS AIMÉ FAIRE ? Du ski. 

> QUE DÉFENDEZ-VOUS ? La veuve et l’orphelin. 

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