Découvrir le greenwasher qui est en nous

Si malgré de violentes poches de résistances climatosceptiques et des signes de « greenbacklash » inquiétants, tout le monde prétend désormais laver plus vert, c’est rarement avec la même lessive. D’un côté, les alarmistes, pour qui le modèle économique mondial doit être entièrement reconfiguré pour éviter la catastrophe et, de l’autre, les rassuristes, pour qui la canicule n’est qu’un problème de climatisation. Entre les deux, une multitude de comportements plus ou moins vertueux qui...

Lire la suite...


Le dossier - Greenwashing à tous les étages

Greenwashing à tous les étages

Le greenwashing revêt les formes les plus inattendues, des plus grossières aux plus subtiles et même parfois au sein des démarches les plus sincères. Nous nous sommes intéressés aux subterfuges qu’il met en oeuvre, de manière délibérée ou non, pour détourner l’attention des menaces les plus graves sur le climat. L’historien Jean-Baptiste Fressoz démontre que le concept de transition écologique est un leurre pour continuer à ne rien faire. Le critique néerlandais Wouter Vanstiphout nous raconte comment, à Rotterdam, l’un des plus ambitieux projets immobiliers « vert » se fourvoie dans ses contradictions. L’ingénieur Julien Pathé démontre ensuite que les tours « forêts verticales » sont une...

Lire la suite : Greenwashing...

AJAP 2023 : Albums des jeunes architectes et paysagistes et Autres voies de l'architecture

Relancé en 2001 par le ministère de la Culture, après une dizaine d’années d’interruption, ce prix est destiné à distinguer et à promouvoir des architectes et, depuis 2005, des paysagistes, de moins de trente-cinq ans particulièrement talentueux. Tous les deux ans, un jury, présidé par deux personnalités de renom du monde de l’architecture et du paysage, et composé d’architectes, de paysagistes, de critiques d’architecture et de maîtres d’ouvrage, sélectionne les équipes les plus prometteuses. Les...

Lire la suite...

Actualités des produits et services


Le magazine

n°336 - juillet 2026

Quel avenir pour la place d’aujourd’hui ? Concours pour le réaménagement de la Grand-Place d’Arras

La Grand-Place d’Arras, un ensemble historique exceptionnel – détruit sous les bombardements de 1917 et méticuleusement reconstruit pendant l’entre-deux-guerres pour se présenter aujourd’hui comme grand parc de stationnement à ciel ouvert – attend une...

Éjo.coopérative : Un choix politique

Après une première vie professionnelle en métropole, Fanny Costecalde, Benjamin Froger, Lucie Garzon et Guillaume Wittmann ont fondé la coopérative ÉJO dans le village deMont-Saint-Vincent en Saône-et-Loire. Un choix politique. Avec patience et...

Les Maisons de l’architecture, l’autre versant de la diffusion de la qualité architecturale

Trente-cinq structures, 200 000 visiteurs, 10 000 élèves sensibilisés chaque année. Les Maisons de l’architecture constituent l’autre versant – discret, fragile, irremplaçable – de la culture architecturale partagée.

Charles Petit, « Nous regardons ce monde »

Sans se connaître et très différents l’un de l’autre, le photographe Charles Petit et l’architecte Richard Buckminster Fuller avaient en commun une défaillance visuelle congénitale qui joua un rôle déterminant dans la naissance de leurs vocations...

Sans cesse regarder : les carnets d’Henri Gaudin

Une partie des 253 carnets de dessins versés à la BNF par les enfants de l’architecte Henri Gaudin, disparu en 2021, fait l’objet d’une exposition jusqu’au 12 juillet 2026. Visite tracée.

Les microarchitectures de la villa

Le Festival des cabanes de la Villa Médicis revient pour sa cinquième édition, et jusqu’au 28 septembre.Au cœur de Rome, cette manifestation s’inscrit dans l’esprit fondateur du lieu, où se conjuguent résidences, programmation culturelle et...

Réalisations

Optimisation environnementale - iX Campus, parc du château Saint-Léger, Saint-Germain-en-Laye

L’agence autrichienne Baumschlager Eberle, historiquement reconnue pour son inventivité constructive au service d’une architecture respectueuse de l’environnement, vient de livrer à Saint Germain-en-Laye deux bâtiments universitaires dans le grand parc du château Saint-Léger, désormais transformé en campus universitaire. Conformes à la réglementation environnementale 2020, ces édifices nous renseignent sur ce que ces nouvelles règles font, sinon à l’architecture, du moins à l’art de bâtir.

Le Guide - Eclairage Intérieur - La lumière, matière vivante de l'architecture contemporaine

Éclairage intérieur - La lumière, matière vivante de l’architecture contemporaine

Dans les espaces intérieurs, la lumière s’impose comme un outil de composition spatiale au service de l’architecture et des usages, comme l’illustrent deux projets emblématiques. À travers des collaborations étroites entre architectes et...

Copyright : © Gaston Bergeret

Avec la mort de François Chaslin dans la rade de Brest sur la plage de Lanildut le 7 août dernier, c’est la dernière des quatre figures françaises du monde de la critique et de l’histoire de l’architecture de ce demi-siècle qui vient de disparaître en seulement deux années. Précisément deux ans jour pour jour après la mort accidentelle de son ami d’adolescence l’architecte et historien Jean-Louis Cohen. L’architecte et urbaniste Philippe Panerai était décédé trois mois plus tôt et l’architecte et théoricien Jacques Lucan le sera deux mois plus tard.

 

Fils de l’ingénieur et entrepreneur Paul Chaslin, François Chaslin avait la plume la plus brillante des quatre intellectuels et ne cachait pas son goût pour une écriture moins universitaire mais plus littéraire, un don que ses amitiés dans le milieu germanopratin avaient sans doute encouragé. Se tenant à distance des milieux professionnels depuis une dizaine d’années, c’est d’ailleurs à cette activité qu’il a consacré l’essentiel de son temps, entre Paris et la Bretagne. Il n’en était pas moins un critique et enquêteur rigoureux lorsqu’il s’agissait de porter un regard sur la production architecturale. Avec Frédéric Edelmann (1951-2024), il avait été l’un des premiers critiques d’architecture dans les pages du Monde. Pour avoir eu la chance de l’avoir comme confrère, je peux témoigner du plaisir de débattre avec lui, qui argumentait fermement mais toujours avec une politesse non feinte et souvent beaucoup d’humour. « Je suis quelqu’un qui a, non par cynisme mais par appétit, côtoyé des architectes fort différents. Je suis fondamentalement éclectique et j’ai une vision un peu littéraire, un peu romanesque, sociale aussi de l’architecture. Ce sont les émotions spatiales et atmosphériques et les conjonctures historiques qui me passionnent. Plus peut-être que certaines réflexions de l’ordre de la composition », disait-il à Antoine Loubière dans un long et riche entretien paru en 2019 dans la revue Urbanisme.

Responsable des expositions à l’Institut français d’architecture de 1980 à 1987, il a grandement contribué à l’émergence de la génération d’architectes des années 1980 en organisant notamment les expositions sur Christian de Portzamparc, Henri Gaudin, Henri Ciriani, Jean Nouvel ou Tadao Ando. En 1987, il prend la rédaction en chef de L’Architecture d’Aujourd’hui, qui est alors la revue française de référence. Il la modernise y introduisant une dimension plus journalistique. En 1994, il en laisse les clefs à Jean-Paul Robert (1952-2023) qui la fait encore briller pendant quatre ans avant qu’elle ne soit revendue. Il part alors avec son ami l’écrivain Jean Rolin à Sarajevo, alors assiégé, pour soutenir les architectes bosniaques, une expérience douloureuse qui le marquera durablement. Il préfacera d’ailleurs Sarajevo, l’architecte et les barbares, le journal de guerre de l’architecte Ivan Štraus (Éditions du Linteau, 1994). (...)

Pour lire l’article, commandez votre magazine sur notre boutique en ligne